Le Blog-Notes

Une pensée libre

Arpèges 6 : Rick Wright

Posted by Lionel Sugier sur 21 novembre 2017

La première fois que j’ai écouté l’avant-dernier album de Pink Floyd, « The Division Bell », ça devait être en 1994 ou 1995, j’ai été happé par l’unique chanson composée par Richard (Rick) Wright seul, avec des paroles d’Anthony Moore, « Wearing The Inside Out ». Le reste du disque est dominé par David Gilmour, célèbre guitariste virtuose du Floyd, compositeur, auteur et chanteur principal.

Historiquement, à l’époque du premier disque, « The Piper At The Gates Of Dawn » (1967), Pink Floyd était composé de Syd Barrett (guitare, chant, parolier et compositeur principal), Rick Wright (claviers, chant), Roger Waters (basse, chant, quelques compositions), Nick Mason (batterie). Puis Barrett est devenu « fou », détruit par la drogue, et le groupe l’a remplacé par David Gilmour (guitare, chant). Ont suivi une dizaine d’albums où chacun a pu composer, écrire, chanter, avec une domination de plus en plus importante de Roger Waters. Le point d’orgue de la célébrité du groupe date de 1973, avec l’album « Dark Side Of The Moon » et le méga-tube « Money ». À l’époque, si Waters était l’auteur de toutes les paroles, Wright, Mason et Gilmour participaient grandement aux compositions.

En 1979, avec « The Wall », Pink Floyd connaît un nouveau succès mondial. Tout le monde se souvient des choeurs (glaçants) d’enfants chantant « We don’t need education/ We don’t need no thought control/No dark sarcasm in the classroom/Teacher leave us kids alone » suivis par un solo ravageur de David Gilmour. Pendant la tournée monumentale de The Wall, Roger Waters se débarrasse de Richard Wright, qui mettra du temps à réintégrer le groupe. Son licenciement fait l’objet d’un contrat. Ambiance… On est loin des quatre copains qui montent un groupe pour s’amuser ensemble…

Depuis 1975 et le disque « Wish You Were Here », Wright n’avait plus rien composé. Les deux disques suivants de Pink Floyd, « Animals »(1977) et « The Wall » sont l’oeuvre quasi exclusive de Roger Waters, avec quelques crédits, pour la musique, au guitariste chanteur David Gilmour (1 titre sur 5 pour « Animals », 3 titres sur 26 pour « The Wall »). En virant Wright, Waters s’affirme comme le  patron de Pink Floyd. Le batteur, Nick Mason, bonne pâte, se contente de (bien) taper sur ses fûts, et Gilmour ne dit rien. Le dernier disque du Floyd avec Roger Waters, « The Final Cut », en 1983, ne mentionnera le groupe que comme interprétant un album conçu par Roger Waters, et Rick Wright a disparu. Cinq autres musiciens viennent « épauler » les 3 Floyd restants. Tout a été écrit et composé par Roger Waters, et seuls surnagent par endroits quelques solos de guitare de Gilmour pour rappeler l’ancien Pink Floyd (Ceci dit j’aime beaucoup ce disque, que les fans du Floyd adorent détester… Je crois que j’aime tout Pink Floyd… Une véritable addiction…)

Après ce disque, Waters dissout Pink Floyd. Il sort un disque sous son seul nom, un projet qu’il avait présenté aux autres avec « The Wall », et qui avait été refusé, « The Pros And Cons Of Hich Hiking » avec sur la pochette une fille nue qui fait du stop (pochette diversement appréciée par les unes et les autres…). Gilmour sort lui aussi un disque solo, « About Face ». On est en 1984. La compétition est lancée. Il faut souligner qu’en 1978, après « Animals » où Waters avait commencé à asseoir son pouvoir sur le groupe, Wright (avec « Wet Dreams ») et Gilmour avaient sorti chacun leur premier disque solo. Histoire de dire Hé Roger, t’as vu, on existe…

Et puis voilà, un jour, Gilmour se dit Et pourquoi pas relancer Pink Floyd, après tout ce n’est pas que le groupe de Roger, c’est aussi le mien et celui de Nick (Rick est parti).

Waters se rebiffe. Procès. Entente : OK, vous refaites Pink Floyd, les mecs, mais sans moi ça va être nul, je vais rigoler, et en attendant vous me versez un pourcentage sur tout ce que vous vendez sous le nom de Pink Floyd. Banco.

La même année (1987), le Pink Floyd deuxième mouture (Gilmour et Mason) sort « A Momentary Lapse Of Reason ». Richard Wright joue dedans, mais « à l’essai » : il n’est pas encore réintégré dans le groupe (sa volonté ? Celle de Gilmour et Mason ? Mystère…). Et Roger Waters, teigneux, sort un disque solo dans la lignée de « The Wall », « The Final Cut » et « The Pros And Cons… », c’est « Radio K.A.O.S. ». Et, des deux albums, c’est le nouveau Pink Floyd qui rafle la mise, même si, comparé à ses prédécesseurs, il fait un peu léger.

En 1988, Gilmour aide à faire surgir de l’ombre une compilation (et quelques inédits) de Syd Barrett, « Opel », enregistrée au début des années 70. Une tournée du Floyd nouveau accouche d’un disque en public, « Delicate Sound Of Thunder », où Richard Wright est enfin réintroduit comme membre à part entière du groupe aux côtés de Gilmour et Mason. Ils jouent des titres de presque toutes les époques du Floyd.

En 1990, Waters chope tous les potes musiciens qu’il connaît (sauf ses anciens compagnons du Floyd…) pour balancer son « The Wall Live In Berlin ».

Deux ans plus tard, il sort son 3ème album solo, « Amused To Death ».

Encore deux ans, et Pink Floyd troisième mouture (Gilmour, Mason, Wright) envoie ce qui aurait dû rester son ultime disque, selon les voeux de Gilmour, « The Division Bell ». Suivi d’une tournée qui donne l’album live « P.U.L.S.E. » en 1995. Le guitariste souhaite maintenant se consacrer à une carrière solo, ne s’interdisant nullement de reprendre dans ses concerts tous les titres de Pink Floyd auxquels il a participé comme compositeur, et ils sont nombreux.

Et c’est dans ce disque, « The Division Bell », que Rick Wright reprend totalement sa place, auteur, compositeur et chanteur discret, notamment avec cette chanson que je trouve magnifique, « Wearing The Inside Out », et que je vous invite à aller chercher sur You Tube ou ailleurs. Sur les 10 autres titres, Wright est crédité comme co-compositeur de 4 d’entre eux. En 2008, David Gilmour et son groupe faisaient une tournée après son disque solo « On An Island », et Rick Wright était parmi les musiciens. On peut retrouver la vidéo de « Wearing The Inside Out » sur le DVD « David Gilmour Live In Gdansk » ou sur You Tube. C’est magnifique, et très émouvant.

Richard Wright est mort le 15 septembre 2008, à 65 ans. Cancer. En 2014, Gilmour et Mason ont enregistré ce qui sera vraiment le dernier disque de Pink Floyd, un long hommage à Rick presque entièrement instrumental à partir des chutes de « The Division Bell », et puis Gilmour évoque Wright dans son dernier disque solo « Rattle That Lock » (2015) et sur la scène d’un légendaire amphithéâtre dans son « Live At Pompeii » (2017).

Richard Wright est mort, mais Mason, Gilmour et Waters sont là, les deux derniers sortent des disques en 2017, ce ne sont pas des dinosaures disparus avant notre ère, le dernier CD de Waters (« Is This The Life We Really Want ») est magnifique, un jour peut-être je vous en parlerai.

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Un peu de douceur…

Posted by Lionel Sugier sur 11 novembre 2017

« Aujourd’hui, mon petit chaton a sauté sur la chaise et s’est roulé en boule avant de s’endormir. »

Ce petit texte est une auto-dictée proposée à des élèves de CE1. Il ne présente rien d’extraordinaire, il n’a pas de réelle valeur littéraire, il raconte une scène familière à la plupart des enfants. On pourrait demander un peu plus d’imagination à la personne qui l’a écrit et le propose dans un manuel scolaire. On pourrait se dire que le gars (ou la fille) qui a inventé cette phrase ne s’est pas foulé. On pourrait lui reprocher de faire dans le banal, de ne pas stimuler l’inventivité des enfants, leur imaginaire. On pourrait lui faire remarquer qu’il y a des choses plus importantes, plus signifiantes, plus graves, plus sérieuses, plus originales à proposer à des gosses de 7 ans. On pourrait trouver que sa phrase est un peu trop bisounours. Bisouchat, en l’occurrence.

Eh bien moi, cette phrase, je n’arrête pas d’y penser depuis que je l’ai lue. Et plus j’y pense, plus je pense à sa simplicité basique, plus je trouve qu’elle est parfaitement adaptée à des enfants de CE1. Mieux : qu’elle leur est absolument nécessaire.

Aujourd’hui, dans leur vie quotidienne, les enfants sont confrontés à toutes sortes de choses qui reflètent la réalité du monde, mais qui les sortent trop tôt de la période de leur vie qui devrait être la plus protégée, leur enfance. Ils entendent parler de terrorisme, de meurtres, de disparitions. Ils en voient des images à la télé, souvent regardée pendant les repas du soir. Mon petit-fils connaissait à cinq ans les noms des assassins des attentats de Charlie et de l’Hyper Cacher, il les entendait partout, les répétait sans cesse. Les enfants sont confrontés au stress de leurs parents, sont aux premières loges en cas de conflit conjugal,  sont bousculés parce que les parents sont toujours pressés, bref ils ont une vie souvent déstabilisante, et on s’étonne qu’ils soient parfois des enfants « difficiles », et qu’à écouter les enseignants, il y en ait de plus en plus.

Alors oui, une phrase comme celle du petit chaton est apaisante, rassurante. Elle peut aussi émouvoir. Elle met l’accent sur quelque chose de fragile et beau. Sur laquelle l’enfant n’avait peut-être pas pensé à s’arrêter auparavant. Peut-être que maintenant il prendra un peu de temps pour regarder son chat. Ou son chien, ou celui des voisins.

Bien sûr, à l’école, on va aussi parler de choses graves. L’enfant doit savoir qu’il peut parler à l’adulte pour évoquer un harcèlement, un deuil, un divorce, une inondation, un accident, un incendie… Il doit savoir qu’il peut, auprès d’adultes bienveillants, libérer sa parole, comme on dit aujourd’hui. Mais je pense que l’école doit également être le lieu où l’on parle des joies simples, où on les met en évidence.

Un lieu de l’émerveillement.

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Macronyme

Posted by Lionel Sugier sur 30 octobre 2017

Encore un président

des riches et des puissants

                                                                                                                                               

                                                                                                                                                Méprisant

                                                                                                                                                Arrogant

                                                                                                                                                Condescendant

                                                                                                                                                Ricanant

                                                                                                                                                Offensant

                                                                                                                                                Navrant

 

Et nous les gueux nous les manants

Nous les fainéants qu’est-ce qu’on attend ?

Cinq ans ? Vraiment ?

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Alors, les fainéants, on se bouge ?

Posted by Lionel Sugier sur 11 septembre 2017

 

Emmanuel Macron, notre Président de la République (je sais bien que certains disent « Ce n’est pas mon président », mais si mon pote, que tu le veuilles ou non…) a déclaré récemment avec courage, en français devant un auditoire grec : « Je ne cèderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes » (à lire en observant un long silence chargé de sens, comme dit l’autre, à chacune des virgules). Immédiatement on a assisté de la part de ses opposants, mais aussi des medias, à diverses remarques sur la deuxième partie de la phrase, en s’attardant surtout sur les mots « fainéants » et « cyniques ». Et en oubliant le reste, c’est à dire les quatre premiers mots, qui me paraissent les plus importants. La suite n’est qu’une provocation de plus, après les « illettrés », les « gens qui ne sont rien », j’en passe… Macron est coutumier du fait, et quand on parle de ses mots irrespectueux, on oublie le reste.

En l’occurrence, le reste, c’est « Je ne cèderai rien ». Si je ne me trompe, depuis près de quinze ans (peut-être plus), les mobilisations de rue en réponse aux attaques des divers gouvernements contre le système de protection sociale n’ont plus fait céder aucun pouvoir, que ce soit sous Sarkozy ou sous Hollande. Macron, pas plus que ses prédécesseurs, ne cèdera rien. Pourquoi le ferait-il ? Il sait bien que les manifestations programmées par les syndicats, ne dépassant jamais un jour, finissent par s’étioler. Pour qu’il cède, il faudrait plus qu’une journée de lutte par-ci par-là, d’abord une par semaine, puis une par mois, puis plus rien…

Je ne vois rien d’autre qu’un blocage du système par la grève générale, reconductible, illimitée, appelez ça comme vous voudrez. Et peut-être que là…

Je sais. C’est facile à dire, moins à faire, ça ne se décrète pas, etc. Mais ça s’est fait par le passé, il y a longtemps, ou plus récemment. 1936, 1968, 1995, ça nous parle encore, non ? Moi je l’ai faite, la grève illimitée. En compagnie de beaucoup d’autres. C’est sûr, c’est difficile, il faut parfois que ceux qui ont un peu plus aident financièrement ceux qui ont moins. Il faut s’organiser. Mais si moi, fainéant, cynique et extrême comme je suis, je l’ai faite, d’autres aujourd’hui peuvent la faire, non ?

Ceci dit, et en attendant mieux, rendez-vous dans la rue le 12 (c’est demain), le 21 et à Paris le 23. Faisons-le céder !

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Question

Posted by Lionel Sugier sur 16 août 2017

 

Le 5 juin 2013, à Paris, France, à l’issue d’une rixe entre jeunes fascistes et jeunes anti-fascistes, Clément Méric, 19 ans, meurt. Il faisait partie du groupe des anti-fascistes.

Le 12 août 2017, à Charlottesville, États-Unis, à l’issue de heurts entre manifestants racistes et contre-manifestants anti-racistes, une voiture fonce sur les contre-manifestants et tue Heather Heyer, jeune femme de 32 ans.

Question : pourquoi c’est toujours les bons qui meurent à la fin ?

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La fabrique des icônes

Posted by Lionel Sugier sur 3 juillet 2017

La triste nouvelle de la mort de Mme Simone Veil vous aura difficilement échappé. Tous les medias ont célébré cette femme courageuse, mettant en avant son passé de déportée et sa lutte acharnée pour le droit à l’avortement. Loin de moi l’intention de revenir sur les qualités de cette grande dame, mais je n’y peux rien, je suis comme ça, l’unanimité des hommages à une personne célèbre me paraît toujours un peu suspecte. On parle déjà de faire entrer la dépouille de Mme Veil au Panthéon. Aucune voix critique ne semble autorisée à s’exprimer. Aucun doute, aucun bémol n’apparaissent dans le concert général qui s’élève de tous les journaux, toutes les radios, toutes les télés, et même sur les réseaux sociaux, à quelques très rares exceptions près. C’est ainsi que l’on fabrique des icônes, sans aller jusqu’à falsifier l’Histoire, du moins en mettant en valeur les bons côtés de la personne disparue, et en oubliant les moins bons. On peut ne pas être d’accord avec l’eurolâtrie de Mme Veil, ou sa sympathie pour la manif pour tous, de toutes façons personne n’en parle. Une nouvelle icône est née.

Je ne m’attarderai pas plus sur les actes de Mme Veil, dont certains furent remarquables, d’autres plus discutables.

Ce qui m’intéresse ici, c’est la fabrication des icônes par les medias dominants.

Prenons l’abbé Pierre. Il fut et reste l’une des personnalités préférées des Français. Certes, il a poussé un grand coup de gueule en 1948, et a sensibilisé chacune et chacun au sort des plus démunis. Dans la foulée, il a créé les Compagnons d’Emmaüs, qui font encore à notre époque un travail magnifique. Comme on ne nous parle que de cela quand on évoque l’abbé Pierre (on en a même fait un film), c’est forcément un grand homme, un homme hors du commun, une icône. Mais qui se souvient que l’abbé a toujours soutenu son ami Roger Garaudy, écrivain qui niait violemment la Shoah et l’existence des chambres à gaz ? Personne, ou presque. C’est normal : on ne doit pas salir une icône.

Toutefois, quand il y a consensus pour dire toutes les vérités, on évite l’icônisation. Dans le domaine littéraire, si on s’était contenté de lire et d’encenser (avec raison) le « Voyage au bout de la nuit » et « Mort à crédit », les deux premiers livres de Louis-Ferdinand Céline, celui-ci, par la nouveauté et la richesse de son style, révolutionnant toute littérature française antérieure, aurait pu devenir une icône. Mais on a également su souligner la férocité de son antisémitisme, et tout de suite ça gâche le tableau. C’était une époque où la communication n’avait pas atteint le niveau vertigineux d’aujourd’hui, mais où la presse était sans doute largement pluraliste, ce qui est moins le cas maintenant (euphémisme…). Ainsi on a pu connaître le côté sombre du personnage.

Autre exemple, très actuel : une certaine partie de la gauche voudrait faire de Jean-Luc Mélenchon une icône. Là, pas de risque : le reste de la gauche, et tous les autres partis ou mouvements, sans parler des medias, se chargent de ne mettre en valeur que ce qui le dessert. J’ai beaucoup de respect pour la culture et la force de travail de Mélenchon, j’adhère au programme de la France Insoumise, mais je n’adule pas son leader, je lui trouve quelques défauts, que j’évoquerai peut-être un jour.

Lui-même est d’ailleurs victime de l’icônisation d’un homme qu’il admire : François Mitterrand. Comme pour De Gaulle, avec le temps qui passe, tout le monde s’accorde à le considérer comme un grand homme. Certes, il a été le Président sous lequel la peine de mort a été abolie. Ce n’est pas rien. Pendant les deux premières années de son premier septennat, les avancées sociales ont été nombreuses. Ce qui s’est passé ensuite est moins glorieux. Pire, on oublie son rôle lors des grèves des mineurs de 1948, et lors de la guerre d’Algérie. Réprimer les ouvriers, les envoyer au casse-pipe n’est pas ce qu’on a retenu le plus de François Mitterrand. Là aussi, on a fabriqué une icône…

Méfions-nous de l’unanimisme. Même ceux qui trouvent plutôt grâce à mes yeux, Che Guevara, Martin Luther King, Nelson Mandela ne sont pas exempts de défauts. Personne n’est parfait. Il n’y a pas d’homme providentiel. Ni de femme. Tous les progrès de la société, même si à un moment donné de l’Histoire ils sont incarnés par une femme ou un homme, sont le produit de longues années de lutte menée par de nombreux anonymes. Ne cédons pas à l’icônisation. Ne soyons pas admirateurs béats.

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Législatives premier tour : réaction à chaud

Posted by Lionel Sugier sur 12 juin 2017

On voulait voir. On a vu.

Si l’on regarde les résultats des législatives dans le Gard, je constate, pour les candidats qui m’intéressent, que

  • dans la première circonscription, bien loin des qualifiés pour le second tour, la France Insoumise (FI) fait 10 % des voix, presque 2 fois plus que le Parti Communiste Français (PCF), à 5,6 %.
  • dans la deuxième circonscription, où Collard affrontera Marie Sara, Martine Gayraud (PCF) a préféré se retirer au profit de la FI qui fait 13 %. Quel aurait été le score du PCF s’il s’était maintenu, je n’y pense même pas. Mais bien sûr je salue le geste de Martine.
  • dans la troisième circonscription, très loin également des qualifiés, la FI fait 11,6 %, le PCF 1,91 % (un triste record !).
  • dans la quatrième, le député sortant PS fait 17%, les macronistes 24 et le FN 21. Il aurait pu y avoir une triangulaire. Mais là, regardez bien : si le PCF arrive à presque 7%, la FI aligne 12,4%. En tout ça fait 19, et qui des deux est en tête ? Et qui pourrait être au second tour, au-dessus du PS, si le PCF avait compris quelque chose ? Je salue Lucie et Thomas, peu connus, qui ont pourtant distancé de plus de 5 points le maire de Saint Martin, Claude, que je ne remercie pas.
  • Passons rapidement sur la 6ème, avec plus de 13% pour la FI et à peine 3,5% pour le PCF, le total ne nous permettant pas, s’il n’y avait eu qu’une seule candidature, de nous maintenir au second tour. Tout de même, près de 10 points d’écart entre  les deux formations, ça devrait faire réfléchir…
  • Venons-en à la cinquième. La mienne. La Macronie est en tête avec 32%. Son candidat aurait pu être élu dès le premier tour, si le FN avec 19% des exprimés n’avait pas atteint pas le quota de 12,5% des inscrits pour être au second tour. Or, si l’on regarde les scores des autres candidats, on voit que la FI a obtenu un peu plus de 13% des voix, et le PCF presque 10%, ce qui fait, si on les ajoute, 22,5%, c’est-à-dire plus que le FN, score qui aurait permis, dans le cadre d’une candidature unique, la qualification au second tour.
  • On m’a bassiné des semaines durant en me disant que la FI ne jouait pas l’alliance, qu’il fallait que je vote PCF, que le vote PCF c’était le vote utile à gauche, et aujourd’hui on constate que dans toutes les circonscriptions du Gard, la FI est devant le PCF. Et souvent largement devant !
  • Quand comprendrez-vous enfin, amis communistes, qu’il faut aujourd’hui vous dépasser et vous retrouver dans un mouvement plus large, sans perdre votre identité ? Dans la cinquième circonscription du Gard, Jean-Michel Suau (candidat PCF) a cru qu’il pourrait marginaliser la FI. Il a confondu le canton et la circonscription. Un presque inconnu a fait plus de trois points de plus que lui, sur une logique d’électeurs qui ont suivi la FI et son programme. L’avenir se fera avec les militants ouverts, qui sauront dépasser leur appartenance à tel ou tel parti, à telle ou telle organisation. On m’a culpabilisé de ne pas vouloir voter Jean-Michel Suau, je n’ai jamais culpabilisé ceux et celles qui souhaitaient voter pour lui. J’ai voté Roiron, malgré tous les portraits peu flatteurs qu’on m’a envoyés de lui sur les réseaux sociaux, parce que je restais fidèle à une démarche. Ce soir, 11 juin, il n’y a peut-être plus un seul espoir d’avoir un député communiste à l’Assemblée. Il faut donc passer à autre chose.

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La plus belle chanson du monde du mois

Posted by Lionel Sugier sur 10 juin 2017

 

Il y a longtemps que je ne tiens plus la semaine, on va passer au mois, c’est plus sûr.

Pour juin, je vous propose Venus, de Shocking Blue, un groupe (qui l’eût cru) néerlandais, paroles et musique de Robbie Van Leeuwen. La chanteuse s’appelle Mariska Veres. Single sorti en 1969, année mélodique, extraite de l’album At Home. Des chansons comme ça, directes, efficaces, inventives, reconnaissables dès la deuxième écoute et totalement addictives, on n’en fait plus de nos jours.

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Chanson populaire

Posted by Lionel Sugier sur 28 mai 2017

Léger détournement d’une scie énervante de la Compagnie Créole. Finalement ce groupe était visionnaire…

 

Au bal au bal masqué ohé ohé

Je danse je danse je danse au bal masqué

Je ne peux pas m’arrêter

De danser à droite à gauche et au milieu

 

Pendant toute l’année

J’ai préparé mon costume

Dracula

Casanova

C’est un vrai plaisir

De respecter les coutumes

Cendrillon

À la maison

Napoléon

À l’Élysée

 

Aujourd’hui je fais ce qui me plaît me plaît

Ordonnances ordonnances c’est parti

Derrière mon loup je fais ce qui me plaît me plaît

Aujourd’hui tout est permis

Aujourd’hui tout m’est permis !

 

C’est l’occasion rêvée

De changer de partenaire

Ex PS

Ex LR

On peut s’envoler

En gardant les pieds sur terre

Le Drian

Ou Le Maire

 

Aujourd’hui j’embrasse qui je veux je veux

Devinez devinez qui je suis

Derrière mon loup j’embrasse qui je veux je veux

Aujourd’hui tout est permis

Aujourd’hui tout m’est permis

 

Le Drian

Édouard Philippe

M’sieu Bayrou

Et Collomb

M’sieu Hulot

M’sieu Le Maire

Pénicaud

(de Danone)

Castaner

M’ame Cluzel

De Sarnez

(du Modem)

M’ame Chiappa

Et cetera

 

Devinez devinez qui ils sont

Devinez devinez c’qu’ils nous f’ront

 

Au bal au bal masqué ohé ohé

Ils dansent ils dansent ils dansent au bal masqué

Ils ne peuvent pas s’arrêter ohé ohé

Sauf si on leur dit bye bye le 18 juin

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Le Président oxymore

Posted by Lionel Sugier sur 7 mai 2017

Pardon si tu le sais déjà, mais un oxymore c’est, dans la même phrase, deux termes contradictoires qui se côtoient, par exemple « un silence assourdissant », ou l' »obscure clarté » de Corneille.

Tu viens d’élire (sans moi, mais je ne t’en blâme pas) un Président oxymore.

Dans sa profession de foi, que tu as (normalement) reçue dans ta boîte aux lettres quelques jours avant le second tour de la récente élection présidentielle, M. Emmanuel Macron écrit, en page 4, parmi ses propositions pour la France, sur la colonne de droite :

  • Pas plus de 12 élèves par classe dans les CP et CE1 des zones prioritaires
  • Investissement massif et réorganisation de l’hôpital

En page 3, sous une belle photo de soldats en treillis vus de dos, il écrit : « investissement conséquent dans nos forces de l’ordre, leur réorganisation ».

Tu me diras, tout cela est plutôt bel et bon, mais on ne voit pas l’oxymore.

Retour en page 4, colonne de gauche cette fois :

Baisse de 60 milliards des dépenses publiques.

Alors, on fait comment ? Tu le vois maintenant, l’oxymore ? Je te fais pas un dessin, hein ?

Pour t’en convaincre si tu ne l’es pas encore, réécoute son discours. Tu sais, celui qu’il a fait devant personne, son premier comme Président, on se croirait le soir des voeux, manque juste la Marseillaise à la fin… À environ 4’15, il dit pratiquement dans la même phrase « Je ne me laisserai arrêter par aucun obstacle » puis « j’agirai avec détermination et dans le respect de chacun« . Ah bon. Même le respect de ceux qui oseraient faire obstacle à sa détermination ? Il oxymorise pas un peu là, ton nouveau Président ?

Et bon. En plus d’être un Président oxymore, notre nouveau grand leader est un Président marionnette à fil. Regarde comment se ruent sur lui depuis son élection (et même avant…) des types comme Valls, Juncker, Cazeneuve, Le Maire et j’en passe. Chacun sa ficelle.

Ceci dit je ne te reproche pas d’avoir voté pour lui, je comprends la peur que tu as eue de voir l’autre gagner l’élection, peur trrrrès largement alimentée par les medias. Et je comprends que tu puisses me reprocher d’avoir voté nul au second tour, tu sais au début (lire l’article précédent) j’étais parti pour m’abstenir. Au moins je suis allé voter. Donc abstiens-toi de me tirer dessus, ou alors mets des balles à blanc.

Après tout, si les Français avaient voulu MLP, ils l’auraient eue, et on serait entrés en résistance. Ils ont voulu Macron (je t’accorde que c’est un moindre mal, accorde-moi que c’est un mal quand même) et bon, on va, eh ben… entrer en résistance !

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