Le Blog-Notes

Une pensée libre

Objectif… 2020 !

Posted by Lionel Sugier sur 17 septembre 2019

C’est parti ! Le 6 septembre 2019 se retrouvaient, dans une ambiance studieuse, près de 40 personnes, membres ou sympathisants des trois associations saint christolennes se réclamant de la gauche. Le mardi 10, un petit groupe se réunissait pour rédiger le communiqué ci-dessous qui fut envoyé à la presse le 11. Le 12, il en était question sur le blog de Midi Libre, avec une photo de… Bénézet ! Le 13, même texte sur l’édition papier, cette fois avec une photo d’André que le journal s’était procurée dans l’urgence. Le 17, André Montigny avait un entretien dans les locaux de Midi Libre. La suite de l’histoire n’apparaîtra que partiellement sur ce blog. Il ne m’appartient plus de faire des comptes rendus personnels des événements. Les Saint Christolens et les Saint Christolennes connaîtront la suite dans les rencontres qui leur seront proposées très bientôt, ainsi que dans la presse locale et dans les documents que publiera l’équipe qui travaille pour que la gauche réussisse en mars 2020.

Communiqué de presse

La gauche rassemblée à Saint Christol lez Alès

Les 3 composantes de la gauche à Saint Christol lez Alès, représentées aux précédentes élections par Philippe Roux (Clarté et Démocratie), Jean Sirvin (Union et Dynamisme) et Suzanne Coulet (Agir Ensemble) ont décidé de présenter une liste unique aux élections municipales.

Une première pour l’histoire locale.

D’un commun accord, ces 3 associations ont demandé à André Montigny, homme d’expérience et de convictions depuis longtemps investi dans la commune, de conduire cette liste.

Ce principe établi, rien n’est figé ou déjà ficelé, qu’il s’agisse du programme ou des candidats et candidates.

Le programme de cette union nouvelle, qui, bien entendu, sera fidèle aux valeurs de la gauche, sera élaboré avec les habitants de la commune à travers des rencontres et des débats.

Ceux-ci permettront à tout.e citoyen.ne qui le souhaite d’apporter sa pierre au renouveau de la commune et au rayonnement qui doit être le sien au niveau de l’Agglomération du Grand Alès.

Toute personne désirant s’impliquer dans cette démarche trouvera sa place dans une équipe ouverte dont le but est l’épanouissement de chacun.e à travers un projet collectif pour le bien-être de chaque Saint Christolen et Saint Christolenne.

À Saint Christol lez Alès, le 11 septembre 2019

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Daniel Johnston (2)

Posted by Lionel Sugier sur 14 septembre 2019

https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwj9m86b6s7kAhVp8OAKHfl1As8QwqsBMAB6BAgKEAQ&url=https%3A%2F%2Fwww.dailymotion.com%2Fvideo%2Fx2hv6zm&usg=AOvVaw2BXoJsrgCJfF9qtsxckcMa

Si ça intéresse quelqu’un…

Parce que, bon, à part Grégoire Abitan, Pauline Filleron, Vikash Dhorasoo et moi, qui connaissait Daniel Johnston ? J’en ai déjà parlé sur ce blog, au tout début, voir les archives de février 2010.

Un des plus grands mélodistes de la musique rock est mort à 58 ans le 11 septembre 2019. Voici un documentaire qui parle un peu de lui (cliquez sur le lien ci-dessus), attention vous en prenez pour près de 2 heures…

Il était artiste sans matériel, il a commencé avec des cassettes qu’il enregistrait chez lui sur un piano pourri, il a eu la chance de rencontrer des fans musiciens qui lui ont permis de faire quelques disques.

Il était atteint d’un syndrome maniaco-dépressif. Il n’a aimé qu’une seule femme dans sa vie, il a écrit presque toutes ses chansons pour elle, qui n’a jamais répondu à son amour et s’est mariée avec un entrepreneur de pompes funèbres… Il était obsédé par la mort, il pensait que tout le monde autour de lui était possédé par le diable. Il dessinait aussi, des super-héros qu’il recopiait de chez Marvel ou qu’il inventait.

C’était un être extrêmement sensible.

On a parlé de plein d’artistes de rock indépendant qu’il a influencés, comme Beck ou Kurt Cobain de Nirvana. Moi je connais mal ces groupes dont parle la presse à son sujet, mais je sais que j’ai découvert autour de lui Grandaddy, Mercury Rev, Flaming Lips, Pavement, Sparklehorse, Eels… Vic Chesnutt et Tom Waits l’adoraient. Des artistes proches de lui étaient suicidaires et ont fini par se tuer (Vic Chesnutt, Mark Linkous de Sparklehorse), lui malgré ses problèmes psy n’a jamais songé (à ma connaissance) à mettre fin à ses jours. Par son talent, mais aussi par ses problèmes, j’aurais tendance à le rapprocher de Syd Barrett, le créateur de Pink Floyd. Lui ses héros c’était plutôt les Beatles, et particulièrement John Lennon.

Daniel Johnston est mort trop jeune, bien sûr il chantait faux, il jouait mal de la guitare, mais peu d’artistes ont mis autant d’émotion et de vérité dans leurs chansons. Et puis je le redis, c’était un très grand mélodiste.

Le doc est en anglais, avec des sous-titres espagnols, je n’ai rien trouvé en français, mais dans ces deux langues ça multiplie les personnes qui pourront comprendre…

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Objectif municipales 2020 (épisode 4)

Posted by Lionel Sugier sur 6 septembre 2019

IV. ÇA SE PRÉCISE…

Le 23 mars 2019, 10 des 15 membres des délégations (voir 21 janvier) se sont rencontrés une deuxième fois. Les 5 absents s’étaient excusés. Nous avons comparé nos programmes et mis en évidence le fait qu’il faut établir des programmes plus clairs, plus lisibles, et surtout rencontrer la population en amont pour mieux connaître les priorités des habitants. Nous avons aussi pointé la nécessité d’établir un échéancier (rencontres dans différents lieux, réunions publiques…) et de commencer à construire notre liste commune avec des noms de volontaires.

Le 15 juin, lors de la troisième rencontre entre Agir Ensemble, Clarté et Démocratie, Union et Dynamisme, nous étions 13 présents (2 excusés). Nous avons parlé de la liste : obligation de parité, mais aussi nécessité d’équilibre le plus harmonieux possible par quartiers, âges, minorités, personnes extérieures à nos associations prêtes à nous rejoindre.

Clarté et Démocratie a énuméré 17 noms (9 femmes et 8 hommes) sachant que certains et certaines hésitent encore. À noter que Philippe Roux ne figure pas sur la liste. À l’instar de Jean Sirvin, il ne souhaite pas se présenter aux élections mais nous apportera son aide pendant la campagne.

Agir Ensemble n’a que deux candidats : un homme en position éligible et une femme (Suzanne Coulet) en toute fin de liste.

Union et Dynamisme précise que les membres de sa délégation sont candidats et fournira d’autres noms plus tard.

À la question posée par Union et Dynamisme de savoir si Clarté et Démocratie souhaite la tête de liste, la réponse a été positive. Clarté et Démocratie aurait souhaité au départ qu’une femme mène la liste, mais les candidates potentielles ont décliné l’offre, donc la tête de liste serait André Montigny. Pour l’agglo, il y a 5 postes fléchés, mais Saint Christol ne disposera que de 4 sièges, dont 1 à l’opposition. Union et Dynamisme demande un siège à l’agglo, accord des autres.

En conclusion, nous actons la présence pour les municipales de 2020 d’une seule liste de gauche comprenant des membres de nos trois associations, avec André Montigny pour la conduire.

La quatrième rencontre entre Agir Ensemble, Clarté et Démocratie, Union et Dynamisme s’est tenue le 5 juillet 2019. Trois membres d’Agir Ensemble, trois de Clarté et Démocratie (une absente excusée), trois d’Union et Dynamisme (une absente excusée) y participaient. En outre, deux personnes contactées et invitées par Union et Dynamisme étaient présentes, intéressées par notre démarche et éventuellement volontaires pour figurer sur la liste commune.

Union et Dynamisme avance aujourd’hui 4 candidats, mais pas de candidate sûre (certaines demandent à réfléchir) ; d’autres contacts (avec deux hommes et une femme) ont été pris, ces personnes se prononceront plus tard.

Agir Ensemble reste sur deux candidats, comme annoncé précédemment (voir rencontre du 15 juin).

Clarté et Démocratie précise que, sur la liste présentée le 15 juin, il y a 4 candidates vraiment partantes (une autre quitte Saint Christol et les 4 restantes sont à confirmer) et 6 candidats sûrs (un autre ne se présentera vraisemblablement pas et un dernier hésite encore).

Bien sûr tout cela va évoluer, à nous de contacter des personnes intéressées en insistant sur le plaisir que l’on peut avoir à travailler pour sa commune ; faire de la politique localement c’est concret, on en voit immédiatement les résultats, les conséquences, cela ne peut pas être comparé à la politique nationale. Nous terminons en programmant pour septembre une réunion plus large avec toutes les personnes candidates sûres ou potentielles, mais aussi avec celles qui sans être sur la liste souhaitent s’impliquer dans la campagne.

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Objectif municipales 2020 (épisode 3)

Posted by Lionel Sugier sur 3 septembre 2019

III. AUTOMNE LABORIEUX, HIVER PROMETTEUR

L’invitation a été lancée par mail le 1er octobre 2018. Le 15 octobre, n’ayant pas reçu de réponse, Clarté et Démocratie réitérait la proposition. Le 17, Suzanne Coulet répondait qu’elle évoquerait cette demande lors de l’assemblée générale d’Agir Ensemble, mi-novembre. De son côté, le 20 octobre, Grégory Thomas, pour Union et Dynamisme, signifiait l’accord de son association pour une rencontre et proposait plusieurs dates en novembre. L’assemblée générale d’Agir Ensemble du 12 novembre demandait d’abord une rencontre bipartite pour faire un bilan de notre action ensemble au conseil municipal puisque depuis 2014 nous sommes sur la même liste.

Décembre est passé, mois où nous étions tous très pris.

Début janvier, lors des vœux du maire, Jean Sirvin m’a confié qu’il ne participerait pas à la délégation d’Union et Dynamisme qui allait nous rencontrer. Il m’a dit être d’accord avec la démarche, qu’il la soutiendrait et qu’il offrirait son aide pour une campagne électorale si les trois associations parvenaient à se mettre d’accord sur une seule liste de gauche. Il m’a également appris que lui-même ne souhaitait pas se présenter à nouveau en 2020.

Une délégation de Clarté et Démocratie (5 personnes) a rencontré une délégation d’Agir Ensemble (4 personnes) le 12 janvier. Nous avons constaté nos convergences et pointé nos divergences avec Jean Sirvin, seul élu d’Union et Dynamisme au conseil municipal. Nous avons été d’accord pour rencontrer une délégation d’Union et Dynamisme.

Les paragraphes suivants sont seulement des résumés des rencontres qui ont suivi. Je ne rentre pas dans les détails, je n’évoque pas tous les débats que nous avons eus sur les transports, l’agglo, la sécurité routière, les possibilités budgétaires, la mobilité, le social, la jeunesse, l’éducation, les aînés, le coeur de ville… Tout cela mérite d’être débattu avec davantage de personnes et l’ensemble de la population au cours de l’élaboration d’un programme.

La première rencontre entre Agir Ensemble, Clarté et Démocratie, Union et Dynamisme a eu lieu le 21 janvier 2019. Les délégations étaient composées de :

– Pierre-Gilles Coulet, Suzanne Coulet, Lucie Guillot, José-Marie Lopez-Cuesta, Jean-Luc Morata pour Agir Ensemble ;

– Marion Assénat, William Malavelle, André Montigny, Véronique Pautard, Philippe Roux, Lionel Sugier pour Clarté et Démocratie ;

– Sébastien Gil, Pierre Loria, Chantal Roberts, Grégory Thomas pour Union et Dynamisme.

Concrètement, après avoir échangé sur nos objectifs communs, nous nous sommes mis d’accord pour travailler ensemble à partir de nos programmes de 2014, les actualiser, voir nos convergences, nos divergences, sans tabou, y compris concernant la présence de telle ou telle personne sur une éventuelle liste commune. Nous avons décidé de nous revoir en mars.

Les fragiles promesses aboutiront-elles à des décisions concrètes ? La gauche divisée est-elle réconciliable ? Vite, vite, pour en savoir plus, le prochain épisode !

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Objectif : municipales 2020 (épisode 2)

Posted by Lionel Sugier sur 29 août 2019

II. LA GAUCHE, COMBIEN DE DIVISIONS ?

Il faut revenir légèrement en arrière pour expliquer pourquoi il y a deux oppositions de gauche au conseil municipal. Sans rentrer dans les détails, rappelons qu’en 1983, le communiste Fernand Balez, maire sortant, a perdu la mairie face à un des ses anciens conseillers municipaux, le socialiste Jean Sirvin. Depuis, les rancoeurs ont perduré et toujours pris le pas sur une réconciliation entre les deux gauches. Durant ses 4 mandats successifs, M. Sirvin a élargi ses différents conseils municipaux, laissant des places de conseillers et d’adjoints à des Saint Christolens bien connus, parfois de droite. L’autre gauche, petit à petit, a grignoté le pouvoir de ce maire, en présentant des listes contre lui en 1989, 1995, 2001, réduisant à chaque fois l’écart et finissant par l’emporter en 2008.

Cette année-là, la liste « Clarté et Démocratie : La Gauche pour Saint Christol » menée par Philippe Roux a devancé la liste de Jean Sirvin, suivie de la liste dissidente (« Agir Ensemble ») de Suzanne Coulet, auparavant alliée à Jean Sirvin, puis d’une quatrième liste (« L’avenir autrement ») menée par Jean-Charles Bénézet (droite).

Au cours du mandat 2008-2014, les positions de Clarté et Démocratie et d’Agir Ensemble se sont souvent rapprochées, amenant les deux groupes à se présenter ensemble devant les électeurs en 2014, sous l’appellation « Pour Saint Christol, la Gauche rassemblée ». M. Sirvin et ses amis avaient choisi de présenter une liste autonome.

Depuis 2014, Jean Sirvin, Philippe Roux et Suzanne Coulet, battus par Bénézet, siègent donc (avec Véronique Pautard, William Malavelle et Marion Assénat, tous trois membres de Clarté et Démocratie), au conseil municipal dirigé par la droite.

Un certain nombre de décisions de cette municipalité ont permis un rapprochement des oppositions, particulièrement sur le problème de la suppression de postes d’ATSEM dans les écoles maternelles publiques, la baisse des subventions aux associations, la quasi-fermeture au public du Foyer-Centre sportif, le projet d’installation d’une antenne de téléphonie en plein quartier des Pensions, et bien d’autres thèmes encore.

Constatant cette communauté d’idées et d’opinions voisines, l’association Clarté et Démocratie a pris l’initiative de proposer des rencontres avec les associations Agir Ensemble et Union et Dynamisme en vue de constituer éventuellement une seule liste à gauche en 2020 contre la droite de M. Bénézet.

Que va-t-il se passer ? Les rencontres auront-elles lieu ? Si oui, seront-elles constructives ? Le suspense est à son comble… Des réponses à ces questions dans le prochain épisode…

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OBJECTIF MUNICIPALES 2020

Posted by Lionel Sugier sur 19 août 2019

I. LA SITUATION ACTUELLE

En préambule, je tiens à signaler que ce qui va suivre s’adresse particulièrement aux habitants de Saint Christol lez Alès, mais que d’autres personnes, férues de politique locale, pourront y trouver des éléments intéressants.

La publication de cette série se fera sur deux supports, ma page facebook et ce blog.

Commençons d’abord par indiquer qu’il existe à Saint Christol, depuis plusieurs années, quatre associations dont les activités principales sont liées à la politique. Chacune de ces associations (loi 1901) ont contribué à composer et à soutenir des listes pour les élections municipales. Il s’agit de :

Agir Ensemble, autour de Suzanne Coulet et de ses amis.

Clarté et Démocratie, autour de Philippe Roux et de ses amis.

Union et Dynamisme, autour de Jean Sirvin et de ses amis.

L’Avenir Autrement, autour de Jean-Charles Bénézet et de ses amis.

Je ne cite volontairement qu’un seul nom par association, pour éviter autant que possible de perdre mes lecteurs ; ces noms reviendront souvent par la suite.

Je précise que je suis membre (et actuellement président) de l’association Clarté et Démocratie. Même si mon intention est de rester (relativement !) objectif, cet exposé sera le reflet de mon vécu et de mes opinions. Je parlerai surtout des trois premières associations citées, celles qui se réclament de la gauche. La quatrième représente pour nous la droite saint christolenne aujourd’hui aux commandes de la commune, autrement dit notre adversaire principal.

En 2014, les élections municipales à Saint Christol lez Alès voyaient la victoire de la liste « Union Pour le Renouveau à Saint Christol », menée par Jean-Charles Bénézet, avec 1949 voix, soit 53,54 % des suffrages exprimés. Venaient ensuite la liste conduite par le maire sortant, Philippe Roux (allié à Suzanne Coulet), « Pour Saint Christol, la gauche rassemblée » avec 1260 voix, soit 34,61 %, puis « Union et Dynamisme pour Saint Christol lez Alès » dont la tête de liste était Jean Sirvin, maire de 1983 à 2008, avec 431 voix (11,84%).

On a pu dire à l’époque que s’il y avait eu union entre ces deux dernières listes, se réclamant toutes deux de la gauche, la première, clairement à droite (sans vouloir l’avouer), aurait été battue. D’autres facteurs ont sans doute joué. On ne refait pas l’histoire.

Depuis 2014, face aux 23 élus de la majorité Bénézet, siègent donc deux oppositions au conseil municipal : le groupe « Pour Saint Christol » avec Philippe Roux, Véronique Pautard, William Malavelle, Suzanne Coulet et Marion Assénat, et le groupe « Union et Dynamisme » représenté par un seul élu, Jean Sirvin. Le nombre d’élus de chaque groupe répond à une règle de proportionnalité tenant compte du pourcentage obtenu lors de l’élection, avec un bonus pour l’équipe gagnante.

Pour savoir pourquoi il y a deux oppositions de gauche au conseil municipal et comment (peut-être) y remédier, rendez-vous au prochain épisode…

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Empathie

Posted by Lionel Sugier sur 10 avril 2018

Le mercredi 4 avril, sur France Inter, l’émission « Grand bien vous fasse » se déroulait autour d’un livre sur l’amour véritable, celui que l’on porte aux autres, et à soi-même, avec une histoire de méditation laïque quoique bouddhiste à laquelle je suis assez peu sensible. J’écoutais donc d’une oreille distraite lorsqu’un échange intéressant a attiré mon attention. Tous les invités prônaient la bienveillance, l’empathie, et l’un d’entre eux a déclaré que pour être bien dans sa vie, il fallait apprendre à « aimer » tout le monde, et surtout la personne qui vous agaçait derrière un guichet, ou bien au lieu de s’énerver dans les embouteillages, essayer de comprendre et de faire preuve d’indulgence. Une autre invitée a alors fait remarquer que pour ce dernier exemple, c’était dur, et elle ajouta : « surtout en ce moment. »

Je doute qu’elle ait vraiment envie de faire preuve d’empathie envers les grévistes ou d’amour pour les cheminots. Aimons-nous donc les uns les autres, sauf certains !

Et tiens, puisqu’on est sur l’empathie… Voilà, rapporté par Politis, ce qu’a déclaré récemment Mme Perrine Goulet, députée LREM de la Nièvre, à propos de la sécurité des installations nucléaires : rappelant que « c’est un délit de rentrer sur une centrale nucléaire », elle a défendu « la possibilité » de « ne pas se poser de questions, et, quand il y a intrusion, de tirer. » Amour, quand tu nous tiens…

Greenpeace a porté plainte pour incitation au meurtre. Greenpeace n’a pas compris qu’il fallait aimer Mme Goulet.

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Merdiacratie

Posted by Lionel Sugier sur 4 avril 2018

Dans Politis n° 1496, du 29 mars au 4 avril 2018, on peut lire en page 5 un article de Michel Soudais, intitulé « Une presse hostile », qui dresse le bilan du traitement par les médias dominants de la mobilisation dans la fonction publique et la SNCF. Tous les éditorialistes se réjouissent de la « faible » participation aux manifestations du 22 mars, point de départ d’une lutte qui ne fait que commencer. Et de citer en vrac dans l’article les noms des journalistes qui par leurs propos et leur traitement de l’information soutiennent activement le gouvernement dans sa volonté de « réforme » et de « modernisation » de notre société. On y retrouve pêle-mêle Thierry Arnaud et Ruth Elkrief de BFMTV, Christophe Jakubyszyn du 20h de TF1, « Le Parisien » de Bernard Arnault, Yves Thréard du Figaro, Yves Calvi de RTL, « Le Monde » dès février, Nicolas Demorand de France Inter, Patrick Cohen d’Europe 1, Apolline de Malherbe de RMC. Bien sûr, les grévistes sont hostiles au changement, ne défendent que leurs privilèges (pas mal vu de la part de journalistes qui gagnent dix fois plus qu’un cheminot…), et exercent un chantage menaçant de bloquer le pays. Michel Soudais est gentil, il oublie d’évoquer tous ceux qui parlent de prise d’otages.

Ensuite, on s’étonne de la réaction de Jean-Luc Mélenchon aux questions de cette même presse, majoritaire et unanime, qui titre « Mélenchon accuse les médias de faire un travail de merde ». C’est dit en langage certes plus fleuri que celui de Michel Soudais, langage qui peut choquer et qui dessert celui qui l’a utilisé si on n’en retient que l’expression lapidaire « travail de merde ». Voici donc, pour équilibrer, ce que j’ai pu recueillir des propos de Jean-Luc Mélenchon entourant cette formule choc :

« Les médias font une campagne de harcèlement contre les grévistes, à chaque fois c’est ça l’enjeu, mais au fond ça se résume à dire : est-ce que le pays est prêt à défendre ses services publics ou pas. Alors c’est l’enjeu de la lutte, hein… Eh bien, allez leur expliquer au lieu de faire votre sale boulot de pilonnage contre les grévistes. C’est vous, les médias, qui faites un travail de merde. Vous salissez les grévistes. Vous les insultez. Vous ne me demandez pas si le train va mieux marcher une fois qu’il sera privé ou si le statut va être modifié. Vous me parlez des gens désemparés sur les quais. Bien sûr que les gens sont désemparés sur les quais. Si vous allez sur le quai, c’est pour prendre le train, y a pas de train, vous êtes pas content. Mais il faut aller au fond, et réfléchir avec sa tête : sous les cheveux, il y a des os, et dessous il y a un truc gris, ça s’appelle un cerveau et c’est fait pour réfléchir à ce qui se passe. C’est une bataille de convictions, vous ne pouvez pas le comprendre. »

Un peu plus loin dans la manif, Mélenchon a été hué par des « anarchistes », selon le journaliste, qui l’ont traité de socialiste (1)… Et bien entendu c’est sur cela que la presse insiste. Pas sur l’enjeu, pas sur le service public, pas sur la privatisation…

(1) Moi j’en connais d’autres, pas si anarchistes que ça, qui persistent à clamer que « Mélenchon est un social traître parce qu’il vient du PS, donc méfiance… » Mais chhhhut… Faut pas le dire…

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Lettre ouverte au médiateur de Radio France

Posted by Lionel Sugier sur 14 janvier 2018

Pour la première fois de ma vie, j’ai écrit à une radio, celle que j’écoute depuis toujours : France Inter. Je me suis adressé au médiateur de Radio France.

Monsieur le Médiateur,

Je souhaiterais attirer votre attention sur les pratiques des producteurs de l’émission « Questions politiques », le dimanche de 12h à 13h sur France Inter, qui me paraissent discutables. Je commence par une citation :

« Jusqu’ici, en vertu de règles fixées en 2009, hors périodes électorales, les temps d’intervention de l’opposition parlementaire à la télévision et à la radio ne pouvaient être inférieurs à la moitié des temps de parole cumulés du chef de l’État (lorsque ses propos relèvent du « débat politique national ») et de la majorité présidentielle.

Mais, dans une décision publiée jeudi, le CSA annonce qu’il va mettre en place un nouveau système à compter du 1er janvier 2018, en vue de « moderniser la prise en compte des interventions des personnalités politiques, notamment en s’affranchissant des notions de majorité et d’opposition et en assurant une meilleure équité entre les formations politiques ». »

Source : Public Sénat

Donc, avant « l’équité » décidée pour janvier 2018, voici ce qui s’est passé dans « Questions politiques », sachant qu’on ne peut comparer que ce qui est comparable. Cette émission donne à peu près 45 minutes de parole à un élu, ce qui fait d’elle l’émission de France Inter où l’expression des élus est la plus longue. Depuis la rentrée de septembre 2017 et jusqu’en décembre, cette émission a reçu :

7 membres de LREM : É. Philippe (03/09), C. Castaner (24/09), A. de Montchalin (22/10), F. de Rugy (29/10), M. Pénicaud (12/11), G. Collomb (19/11) et L. Avia (24/12).

4 membres de LR : É. Woerth (01/10), V. Calmels (05/11), P. Stéfanini (26/11) et T. Solère (03/12).

3 membres du PS : S. Le Foll (17/09), S. Royal (08/10) et P. Moscovici (10/12).

2 membres du FN (du moins qui étaient membres du FN lors des élections présidentielle et législatives de 2017) : F. Philippot (15/10) et N. Bay (17/12)

1 seul membre de la FI : A. Corbière (10/09)

Aucun membre du PCF.

Donc, le contrat par rapport au CSA est largement respecté : 7 membres de la majorité parlementaire, 10 de l’opposition, ou plutôt des oppositions. Encore qu’il faudrait voir si le PS et LR sont ou non des opposants, en examinant leurs votes à l’Assemblée et au Sénat… Passons… Contrat respecté, donc…

Sauf que, pour entendre dans cette émission une parole de gauche alternative, quand on a un groupe de 17 insoumis et un groupe de 16 communistes et apparentés à l’Assemblée nationale (groupe Gauche démocrate et républicaine), il faut attendre longtemps… La dernière fois qu’un insoumis y a participé, c’était il y a plus de quatre mois ! Quant au PCF, pour avoir entendu leur intervenant le plus récent, Pierre Laurent, il faut remonter au 2 avril, soit plus de 9 mois en arrière ! Alors que le dernier FN entendu est passé il y a un mois seulement. Vous remarquerez que tous les groupes politiques (sauf, curieusement, la FI et le PCF) ont eu récemment un intervenant (en décembre).

Je souhaiterais que l’on évite de me répondre que je suis partisan, que je ne suis pas objectif, qu’il y a d’autres émissions qui permettent l’équilibre. Or, sur France Inter, comme je l’ai déjà dit, cette émission laisse la parole beaucoup plus longtemps et ne peut être comparée à des « moments Salamé » ou des interventions dans les journaux, plus courtes. Même l’invité principal de la matinale ne dispose pas d’autant de temps.

L’on pourrait également me rétorquer que M. Mélenchon refuse les invitations. Or, au sein de la FI, il y a 17 députés. Corbière, Coquerel, Autain, Ruffin, Quattenens et les autres existent aussi, et peut-être ne refuseraient-ils pas de venir s’exprimer chez vous. Encore faudrait-il qu’ils y fussent invités… Quant aux députés du PCF, je suis persuadé qu’ils ne demanderaient qu’à venir !

Je ne sais pas sur quelle élection va se fonder la nouvelle « équité » demandée par le CSA, sur les pourcentages du premier tour de la présidentielle ou ceux des législatives (ce qui n’aboutirait pas au même calcul) mais dans tous les cas cela ne pourra qu’augmenter le temps de parole de LREM et diminuer celui des autres. Voilà comment les oppositions, déjà bien desservies, auront de moins en moins accès aux grands médias. Avez-vous quelques informations à ce sujet ?

En attendant, je vous saurais gré de communiquer aux producteurs de « Questions politiques » mon souhait d’entendre des personnes que l’on n’a plus entendues depuis plusieurs mois.

Je vous remercie de votre attention, et vous présente mes salutations cordiales, ainsi que mes meilleurs vœux pour 2018.

Lionel Sugier, auditeur de France Inter depuis quarante ans.

Bien sûr, si j’ai une réponse, je la publierai sur ce blog. Je vous souhaite une bien belle année 2018.

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Les Françaises lambda de Léa

Posted by Lionel Sugier sur 6 décembre 2017

Le 30 novembre, dans « L’Émission Politique » sur France 2 (service public…), Léa Salamé recevait Jean-Luc Mélenchon. Je ne reviendrai pas ici sur tous les pièges qui ont été tendus à l’invité, depuis l’échange avec le « spécialiste de l’économie » (ultra-libérale) Lenglet, le soi-disant laïc mais surtout islamophobe Philippe Val, l’imbuvable macronolâtre Castaner, la rencontre avec un groupe d’agriculteurs très FNSEA très glyphosatophiles, jusqu’à l’obligation de répondre à une journaliste menteuse, Nathalie Saint-Cricq. Il y aurait un bouquin entier à écrire.

Je me contenterai d’évoquer cette séquence de l’émission où l’invité est confronté à des « Français lambda » à la sauce Salamé, une véritable escroquerie. Deux « Françaises lambda » sont là. La première, une jeune femme souriante, s’appelle Pauline Laigneau. Elle défend la récente loi travail que Macron a fait passer par ordonnances. Elle pleure parce qu’elle a une petite entreprise, qu’un de ses salariés l’a attaquée aux prud’hommes, bon, elle a gagné, mais passons. Qui est cette pauvre jeune entrepreneuse qui a peur des prud’hommes qui pourraient l’obliger à mettre la clé sous la porte si elle ne peut pas savoir combien lui coûte un licenciement ? Et qui, bien sûr, si elle ne licencie pas, ne peut pas embaucher (il faudra un jour qu’on m’explique cette « logique »). Oui, qui est cette pauvre petite fragile jeune femme ?

Pauline Laigneau a commencé par l’ENA. Elle a échoué au grand oral, alors elle a vu qu’elle s’était trompée de voie. Elle s’aperçoit que son credo, c’est l’entreprenariat (« une aventure personnelle, un désir ») et intègre HEC.

Après un petit tour comme stagiaire au Conseil d’État (le lot de toutes les Françaises lambda), elle commence sa carrière comme bras droit du cofondateur de la pâtisserie de luxe (en ligne) Hugo & Victor (déjà le nom, pardon mais j’ai du mal…).

Puis elle rencontre quelqu’un à qui elle souhaite se fiancer. En cherchant place Vendôme une bague avec rubis, elle ne trouve pas son bonheur, donc elle a l’idée géniale de créer avec son futur mari l’entreprise Gemmyo (logo : un chat rose, devise : « Jeune et joaillier ») qui se propose de vendre des bijoux en ligne. Elle lève des fonds à hauteur de 1 million d’euros auprès de « business angels », c’est-à-dire d’entrepreneurs qui ont pignon sur rue, puis elle fait une seconde levée de plus de 3 millions d’euros auprès d’Alven Capital. Comme toutes les Françaises lambda, elle connaît du monde.

Chez Gemmyo, le président est Charif Debs (le fiancé devenu époux), les deux directeurs généraux sont Pauline Laigneau et Malek Debs (frère de Charif). Une petite entreprise familiale qui emploie bon an mal an entre 18 et 33 salariés (on a du mal à connaître le nombre exact). Pauline est également gérante de l’entreprise Lapile, SARL unipersonnelle (ça veut dire qu’elle est seule dans la boîte) spécialisée dans le conseil pour les affaires et autres conseils de gestion. La SARL Lapile siège dans le directoire de Gemmyo. (Source : réseau LinkedIn)

Dans une interview de 2011 au Journal du Net, Pauline Laigneau dit proposer des bijoux dont le prix s’échelonne de 95€ à plus de 100 000€, avec un coeur de cible situé entre 400 et 2 000€. « Notre cible est occidentale, précise-t-elle, haut de gamme mais pas non plus milliardaire » et elle rit.

Pour le magazine Forbes, en 2017, elle évoque « une gamme dont les prix oscillent entre 100 et 400€ pour des « petits » cadeaux. Dans le même temps nous avons une gamme de joaillerie fine. »

En janvier 2016, comme à toutes les Françaises lambda, l’hebdomadaire Le Point lui demandait ses impressions sur les voeux du Président Hollande pour la nouvelle année. Extraits de ses réponses : « La France est au pied du mur et doit être secouée un bon coup. » « L’heure n’est plus à la demi-mesure, il faut jeter aux orties le code du travail, les 35 heures, un bon nombre d’impôts… » Quand François Hollande veut plus d’État, « le XXIème siècle nous crie d’en avoir moins ! » s’exclame Pauline.

Vous en connaissez beaucoup, vous, des Françaises lambda comme ça ?

Et la seconde, elle aussi jeune femme souriante, est la fille d’un écrivain célèbre, compagnon de Che Guevara, révolutionnaire dans les années 60, un certain Régis Debray. Elle, Laurence Debray, a pris le contrepied de ses parents gauchistes, est devenue admiratrice des États-Unis, a épousé un fils de Jean-Jacques Servan-Schreiber, a été trader pour le Crédit Lyonnais puis pour la banque HSBC (de sinistre mémoire…), s’est prise d’une admiration sans bornes pour le roi d’Espagne Juan Carlos dont elle a écrit une hagiographie, et travaille pour Paris Match et Point de Vue Images du Monde, souvent sur le thème des têtes couronnées. Elle a mené une enquête pour savoir si son père n’aurait pas par hasard dénoncé le Che à la police bolivienne. Elle a écrit un livre là-dessus (entre autres). Doit y avoir une sacrée ambiance pendant les repas de famille. Le soir de l’émission, elle défendait bec et ongles l’opposition actuelle au Venezuela. Inutile de dire qu’elle déteste Hugo Chavez et Jean-Luc Mélenchon.

Voilà donc les deux « Françaises lambda » que Léa Salamé avait choisi pour débattre avec Mélenchon. Des Françaises de base, totalement anonymes et prises au hasard, bien sûr…

Quoi que l’on puisse penser de la prestation de l’invité principal ce soir-là, ou même de ses opinions, on ne peut que constater que cette émission est un piège permanent, d’une malhonnêteté totale. Au lieu de discuter sereinement des propositions politiques de l’invité, en restant dans la contradiction argumentée et honnête, on cherche sans arrêt, à chaque séquence, à le faire trébucher, et une fois qu’il est à terre, à l’enfoncer dans le sol.

Et ça se passe sur le service public.

 

 

 

 

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