Le Blog-Notes

Une pensée libre

Archive for mai 2014

Colère et dégoût

Posted by Lionel Sugier sur 29 mai 2014

Ainsi donc, à Saint Christol, 773 personnes ont voté pour le Front National, arrivé largement en tête de l’élection européenne, devant l’UMP, qui compte la moitié moins de voix. Mélenchon arrive troisième, piètre consolation pour la vraie gauche.

Saint Christol n’a jamais été majoritairement à gauche. Lorsque la liste « Clarté et Démocratie – La Gauche pour Saint Christol » a été élue en 2008 lors d’une quadrangulaire, elle n’obtenait pas 50% des voix, même si son score était remarquable dans cette configuration (plus de 46%).

Après l’élection de Bénézet en mars dernier, la presse locale a cru bien faire en affirmant que Saint Christol passait à droite après plus de 30 ans de gestion de gauche. Il suffit de regarder les alliés de Sirvin depuis 1989 pour se rendre compte que la commune était dirigée par des coalitions où la droite avait largement sa place. Si ce maire qui a régné pendant 25 ans avait l’étiquette (et l’investiture) socialiste, il a toujours géré avec la droite, témoins ses premiers adjoints qui s’appelaient Marcel Jullien ou Christian Bonnefoi.

Depuis 1989, Saint Christol a connu une municipalité de gauche pendant seulement 6 ans : la mandature de Philippe Roux.

Saint Christol est sociologiquement de droite.

Et aujourd’hui, même si les électeurs du FN aux européennes ne représentent que 14% des inscrits, ceux des autres candidats (UMP, Front de gauche, socialistes, EELV etc.) ont été encore moins nombreux à se déplacer. Sans parler de l’Union du Centre (UDI et MoDem, autant dire les représentants nationaux de notre maire et de son premier adjoint) qui totalise 173 voix…

Concernant ce résultat, et le résultat national, que dire de plus que ce qui a été ressassé depuis cinq jours dans tous les medias ?

Rien.

Sauf que ce soir j’ai une pensée pour mes amis d’enfance, Achmi, Amar, Aïssa, Karim, Leïla, Djamila, Nadia… Pour mes amis d’origine espagnole, dont les parents étaient des réfugiés qui avaient fui Franco. Pour tous les étrangers de la génération de mes parents, venus trouver du travail ici, dans les mines, les Italiens, les Polonais, les Maghrébins. Je me souviens de la solidarité, de l’amitié de ces papas mineurs, des parties de pétanque, des hommes qui se chambraient à propos de mouton et de cochon, sans que personne ne se fâche.

J’ai une pensée pour les parents de mon ami Angelo qui a fait ses études avec moi à Nîmes, le papa était un immigré italien venu travailler dans la sidérurgie lorraine, puis s’installer dans le Gard à la retraite, à Saint Gilles (quand on voit Saint Gilles aujourd’hui…).

Ce soir j’ai une pensée pour tous les gens que j’ai rencontrés ici ou ailleurs, et à tout ce qu’ils m’ont apporté par leurs différences et leurs ressemblances.

Savez-vous ce qu’est vraiment le Front National ? Connaissez-vous son histoire ? Avez-vous entendu parler de François Duprat, l’un de ses fondateurs ? Connaissez-vous les actes de Jean-Marie Le Pen pendant la guerre d’Algérie ? Renseignez-vous.

Le fondement, la base de l’idéologie du Front National, c’est le racisme et la xénophobie. Aujourd’hui, même après le lissage opéré par la fille du chef, même après son opération consistant à rendre ce parti présentable, c’est toujours l’idéologie de départ qui domine. L’exclusion. Le rejet de l’autre. C’est juste un peu plus pervers, un peu plus hypocrite. On ne parle presque plus d’immigration ni d’insécurité, on parle juste de revenir à la Nation, de fermer les frontières, de donner la préférence aux Français de souche.

C’est qui les Français de souche ? C’est quoi la France, sinon un pays qui s’est bâti avec la richesse de tous ceux qui sont venus d’ailleurs ? Mes amis d’enfance de diverses origines sont tous nés ici, à Alès, au Centre Hospitalier ou à la clinique Bonnefon !

Ne vous trompez pas, ne vous laissez pas tromper. N’écoutez pas Marine Le Pen. Elle vous joue le social pour mieux vous avoir. Elle développe une démarche de type national-socialiste (on met en avant la préférence nationale et on fustige la mondialisation uniquement parce qu’on est ultra-nationaliste, on gueule contre le traité Europe-États-Unis pour les mêmes raisons, alors qu’il y a de quoi gueuler pour des raisons de protection sociale, on fait semblant d’être près du peuple alors qu’on est d’une famille de millionnaires et qu’on n’a jamais remis en cause le capitalisme).

Aujourd’hui le FN a revêtu des habits respectables, mais ce qui se cache dessous n’a pas changé. Parmi ses électeurs, je peux comprendre que certains éprouvent de la colère contre les partis de gouvernement, qu’ils soient de droite ou prétendûment de gauche. Moi, c’est en feuilletant sur le journal de lundi les résultats du Gard, commune par commune, et en lisant si souvent les mots « L. Aliot (FN) » en tête, que j’ai éprouvé de la colère. De la colère et du dégoût.

Et quand j’entends dire « Les autres ont déjà gouverné, ils nous ont déçus, essayons ceux qui n’ont jamais été au pouvoir, on verra bien… » je n’en reviens pas ! Mais évidemment que les gens d’extrême droite ont déjà été au pouvoir ! Leurs chefs s’appelaient Pétain et Laval. Pensons-y.

Et pensons aussi qu’au FN, même si on fait semblant de s’en débarrasser, on garde les vrais fachos. Les gros bras, ça pourra toujours servir le jour du Grand Soir.

Pour revenir au local, au vu des résultats des européennes, on peut se poser la question : à quand le coming-out des Bleus Marine de Saint Christol ?

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Mise au point

Posted by Lionel Sugier sur 14 mai 2014

Sur le blog de Midi Libre, un certain JMJ30380 (il s’agit vraisemblablement de Jean-Marc Jullien, fils de Marcel) me prend le chou. Voici ce qu’il écrit, fautes d’orthographe comprises :

« Ce n’est pas en faisant de la rétention d’informations qu’on travaille pour les Saint Christolens, peut être que l’ancien maitre d’école a oublié que dans l’éducation on devait aussi apprendre à ne pas pratiquer le mensonge, fut il par omission et j’ose espérer qu’il fournira toutes les infos pour que les « Nuits Douces » se poursuivent sauf contraintes budgétaires à moins qu’ils ne souhaite réserver une « dure journée » à celles et ceux à qui la majorité des Saint Christolens ( y compris certains ayant une culture de Gauche » ) ont choisi pour remplacer l’équipe municipale dont il faisait partie. »

Bon. J’ai envoyé une réponse, je ne sais pas si elle sera publiée. Je vais donc commenter ici son commentaire.

D’abord, je ne suis pas un « ancien maître d’école ». Je suis toujours en activité. Je veux bien qu’on me considère comme un ancien élu, bien que cela ne soit jamais définitif, mais pas comme un retraité avant l’heure.

Il paraît également que je pratique le mensonge. Par omission. Qu’ai-je omis, grands dieux ? Quelle est ma faute ? Suis-je promis au purgatoire au vu de mes péchés, ou carrément à l’enfer ?

Avant les élections, j’étais déjà assez avancé pour l’organisation de Métiss’art, prévu en mai. Le partenaire de la municipalité, le directeur du Cirque en Kit, avait une programmation pratiquement bouclée en ce qui concerne les intervenants professionnels (cirque, fanfare, arts de la rue). Il suffisait de réunir autour de lui et du nouveau délégué à la culture les associations habituellement partenaires (Ka Danse, le Théâtre de la Réplique, l’école de danse Nathalie de Marans, Destination Rock’n’Danses, M’Art’in Cévennes, Pyramid’Biou, Graine de Lire, le Salto) pour finaliser le programme. Une première rencontre informelle entre le nouveau maire et le directeur du Cirque en Kit a eu lieu le 9 avril, lors de Pages Ouvertes aux Enfants. Quelques jours plus tard, le directeur du Cirque en Kit s’entretenait avec le délégué à la culture. À ma connaissance, aucune suite n’a été donnée. La nouvelle municipalité fait ses choix, c’est légitime, mais il n’y a jamais eu « rétention d’informations ».

Il faudrait aussi que je fournisse des informations pour les Nuits Douces. Permettez-moi d’abord, cher JMJ30380, de m’étonner de l’intérêt soudain que vous portez à cette manifestation, vous qui n’y avez jamais mis les pieds depuis qu’elle existe (et je vous défie de me prouver le contraire et de me taxer à nouveau de menteur). Je n’ai rien prévu pour cet événement. J’attendais d’être éventuellement réélu pour m’y mettre. Ce n’est pas quelque chose de difficile à organiser, un service culturel reçoit dix propositions de spectacle par jour.

À ce propos, je précise que je joue la transparence. Les artistes, les producteurs qui envoient des messages à mon adresse mail personnelle, je les informe que je ne suis plus élu et je les invite à se rapprocher de la nouvelle municipalité. Toutes les cartes sont dans les mains des nouveaux élus. Si vous ne me croyez pas (puisque je suis à vos yeux un menteur), demandez à Henri Francès, à qui j’ai transmis récemment à son adresse mail personnelle tout ce qu’on m’a envoyé pour organiser les Journées du Patrimoine.

Quelque chose qui a tendance à me hérisser un peu le poil, c’est ce que j’ai lu dans d’autres commentaires ou articles et que je retrouve dans celui de Jean-Marc : « sauf contraintes budgétaires« . Cela excuse tout. Je ne sais plus si vous étiez présent au dernier conseil municipal, cher JMJ, mais le budget culture prévu par l’ancienne municipalité a été reconduit par la nouvelle. Donc si elle veut organiser la Nuit Douce et la Nuit du Jazz, elle en a les moyens, il n’y a aucune « contrainte budgétaire ». Après, elle peut faire d’autres choix, bien sûr, mais cela n’a rien à voir avec le fait que l’argent ne serait pas disponible. Le budget a été voté.

Plus généralement, la rumeur consistant à faire croire que nous n’avons rien laissé à nos successeurs commence à me fatiguer. Il y a un Directeur Général des Services, une responsable des Ressources Humaines, un Directeur des Services Techniques, plusieurs responsables de pôles. Ils ont toutes les infos. Dans leurs têtes, ou dans leurs ordinateurs. Je n’ai aucun doute sur leur professionnalisme et leur volonté à assurer la continuité du service public, pour le bien de tous les Saint Christolens.

Alors, cher JMJ30380, vous qui n’avez jamais été élu, vous qu’on ne voit nulle part sauf lors de certaines commémorations, vous qui ne savez pas de quoi vous parlez, renseignez-vous avant d’écrire. Ça peut pas faire de mal.

 

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Nouvelles fraîches

Posted by Lionel Sugier sur 9 mai 2014

télé

 

J’ai attendu un mois. Un mois pendant lequel je suis allé voir, tous les jours, le blog de l’équipe du nouveau maire de Saint Christol lez Alès.

Un mois pendant lequel sur ce blog il ne s’est rien passé, rien dit, rien écrit. Le dernier article date effectivement du 9 avril 2014, où, sous les MERCI multicolores datant du 30 mars, la nouvelle équipe en place annonce sa présence à « Pages ouvertes aux enfants », événement préparé par l’association Graine de Lire avec l’ancienne municipalité.

Depuis, plus rien.

Je me suis dit alors que leur blog avait surtout été pour eux un outil de campagne et qu’une fois élus ils communiqueraient autrement. J’ai pensé au site internet de la mairie.

Or voici ce qu’on peut y lire, aujourd’hui 9 mai 2014 :

– une info sur l’open national de savate forme (organisé par le club de Saint Christol) le 26 avril,

– une info sur le spectacle de la chorale Spirale (programmé par l’ancienne municipalité) le 27 avril,

– des informations générales sur la carte d’abonnement au site du Pont du Gard et l’inscription aux écoles maternelles, infos déjà présentes avant les élections municipales.

Que l’on garde ces deux dernières, c’est normal. Mais ne pas supprimer les deux premières, invitant à des événements passés de près de deux semaines, cela augure bien de la maîtrise de l’information et de la communication de la nouvelle municipalité.

Ou bien cela veut dire qu’il ne s’est rien passé depuis.

Ou bien les deux, mon capitaine.

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Cinéman (rediffusion)

Posted by Lionel Sugier sur 4 mai 2014

L’article qui suit a été publié pour la première fois en 2010. Il a été très peu vu. Comme je l’aime bien, j’ai décidé de le « rediffuser » aujourd’hui.

 

Tout a commencé dans le ventre d’une baleine.

Le petit garçon n’avait jamais entendu parler de Jonas. Ni de Collodi, dont les images qu’il voyait à ce moment précis s’inspiraient. Tremblant de peur, serrant très fort la main de sa grand-tante qui l’avait emmené pour la première fois de sa vie au cinéma, il frissonnait (mais n’était-ce pas aussi de plaisir ?) devant les images du Pinocchio de Walt Disney. Le ventre de la baleine se refermait sur lui et sur le pantin de bois, comme les murs de la salle plongée dans le noir du cinéma Le Trianon, avec son vaste parterre, son balcon vertigineux, ses fauteuils de velours rouge, antre inquiétant et rassurant à la fois…

La deuxième fois, c’était avec sa mère, qui l’avait emmené au Rex du bourg voisin se changer les idées avec Le Livre de la Jungle. Toujours du Disney. Le petit garçon n’avait jamais entendu parler de Rudyard Kipling. Ce fut un foisonnement de couleurs, de joie, de peur, d’exotisme et de musique. Et un petit pincement indéfinissable quand Mowgli quitte le monde des animaux pour suivre une bien jolie petite fille…

Plus tard, le petit garçon devenu grand détestera Walt Disney d’avoir trempé dans l’eau de rose et repeint de mièvrerie des oeuvres qui méritaient mieux, et seule l’inventivité et la poésie des tout premiers Mickey et de Blanche-Neige trouveront grâce à ses yeux.

Puis vint l’adolescence, le cinéma populaire au ciné Vox du village (et de temps en temps au Trianon, mais les séances étaient moins régulières, et puis un jour il a fermé) avec Gabin, Belmondo, De Funès, Fernandel, Bourvil… C’était l’époque où on allait voir un film « de » Gabin, et pas « avec » Gabin, où les metteurs en scène étaient des inconnus, où seul l’acteur vedette comptait. C’était aussi l’époque, pour le petit garçon devenu un peu plus grand, des cigarettes allumées dans le noir et des strapontins claqués pour faire tourner en bourrique le gérant du Vox, l’époque des grands chahuts, des 400 coups, l’époque des filles qu’on essayait d’embrasser en douce, baisers volés… Le petit garçon un peu plus grand n’avait jamais entendu parler de Truffaut… C’est l’époque aussi où il sut que le cinéma pouvait être grandiose, avec Il était une fois dans l’Ouest.

Au fil du temps, en grandissant, en partant vers de plus grandes villes, les goûts se sont affinés. Ce fut alors le temps du cinéma italien, avec Scola, Risi, Comencini… et Gassman, Sordi, Tognazzi, Virna Lisi, Mastroianni, Cardinale déjà vue chez Sergio Leone… C’est aussi l’époque où on se construit un panthéon : quelques grands films qui aujourd’hui font partie de la vie et ont peut-être contribué à la changer : Aguirre, de Werner Herzog. Paris Texas, de Wim Wenders. Citizen Kane, d’Orson Welles. Elephant Man, de David Lynch. Plus récemment, Dead Man, de Jim Jarmusch. Lost in Translation, de Sofia Coppola.

En parallèle se développa l’addiction à des cinéastes, parfois découverts tardivement, dont il aima presque tous les films : Hitchcock, Fellini, Woody Allen, Ken Loach, Jarmusch (déjà cité), Guédiguian, Manoel de Oliveira, Truffaut…

Aujourd’hui l’ancien petit garçon peut dire pourquoi il aime le cinéma. Il peut défendre ses chouchous et émettre de sérieuses réserves concernant Kusturica, Francis Ford Coppola, Tony Gatlif, Quentin Tarantino, Bertolucci…Il peut argumenter, s’enflammer, s’enthousiasmer, s’engueuler…

Il est devenu Cinéman.

Comme des dizaines d’autres, et des dizaines de Cinéwomen, qu’on peut rencontrer au Sémaphore de Nîmes, ou chaque année à Alès, au festival Itinérances

Entrez dans le ventre de la baleine.

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