Le Blog-Notes

Une pensée libre

Archive for janvier 2011

Éric Chevillard, ce visionnaire…

Posted by Grégoire Abitan sur 31 janvier 2011

J’étais parti pour une note de lecture double car je me retrouvai avec deux romans sur ma table de nuit, deux nouveautés sorties il y a peu, et je m’imaginais les mettre en vis à vis dans le même billet. Funeste erreur et projet improbable. Il y aura donc un temps pour chacune.

Le titre vous a d’ores et déjà révélé l’auteur du premier livre que je vais vous recommander activement : « Dino Egger » d’Éric Chevillard, paru aux Éditions de Minuit (activement, soyons explicites, ça veut dire achetez-le).

Alors pourquoi visionnaire ? Lisez Dino Egger ! C’est la quête sérieuse mais aux confins de l’absurde d’un personnage réel n’ayant pas (encore) existé. Défini par son absence et le manque qu’elle crée, Dino Egger serait sans nul doute l’homme providentiel des prochaines cantonales, comblant à la fois Jean-Charles et Lionel (d’où le titre que je me permets de leur dédier). Peut-être serait-il seulement celui qui nous écrirait ici, dans ce modeste blog, le commentaire après lequel commenter n’aurait plus de sens (Éric c’est vraiment toi ?).

Vous voyez, j’étais parti pour vous parler sérieusement de ce livre et je ne fais que le pasticher maladroitement. Éric Chevillard, je vous le dis pour que vous ne soyez pas surpris, est fou. Fou de langage et, si le côté instantané de « l’autofictif « , cet exercice quotidien que vous pouvez suivre grâce au lien situé là sur le bandeau de gauche, vous paraît surfait, vous serez emportés par ce texte de 160 pages.

Rien de compliqué mais sans quitter son propos (où est Dino Egger ?), Éric Chevillard nous ballade d’un possible à un autre, nous (dés)oriente du Nord au Sud, de haut en bas ou d’hier à demain et nous laisse enfin, éblouis et titubants, comme des gamins après un tour de manège. Encore ! Encore !

Allez-y ! Voici un lien vers « Dino Egger » sur le site de son éditeur : c’est là. Vous pourrez accéder aux premières pages du livre.

J’aime commencer un livre avant de l’emporter et si les premières lignes m’emballent, je ne le lâche plus. Je vous souhaite pareille attitude.

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Coup de tête

Posted by Lionel Sugier sur 26 janvier 2011

Jean-Charles Bénézet est candidat sur Alès-ouest aux cantonales de mars 2011 pour le Nouveau Centre, parti de centre droit de Borloo, Morin, Santini, Christian « Je-suis-un-fumeur-de-havanes » Blanc (entre autres).

Henri Francès est candidat sur Alès-ouest aux cantonales de mars 2011 pour le Modem, parti de centre des-fois-droit des-fois-gauche de Bayrou (tout seul).

Jamel Debbouze, humoriste, dit dans Télérama de cette semaine : « Les centristes ? Ça n’existe pas, c’est comme si dans un match PSG/Marseille, tu étais pour l’arbitre. »

D’accord, Jamel Debbouze n’est (peut-être) pas un fin analyste politique. Mais de temps en temps, des fulgurances comme ça, je sais pas vous, mais moi ça me fait plaisir.

Quant aux cantonales, on en reparlera, bien sûr !

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Arpèges 5 : d’ici et d’ailleurs

Posted by Lionel Sugier sur 22 janvier 2011

1981. Exil volontaire. Direction Bolivie.

On rencontre des Français. On tombe malade. Vous savez, sous ces latitudes, la salmonellose, l’hépatite, pas de vaccin, donc… À l’hôpital, des amis vous apportent des cassettes : Bruce Springsteen (on connaissait le premier disque de Jean-Patrick Capdevielle, on l’aimait bien, on s’aperçoit qu’il a tout pompé sans vergogne sur cet amerlo qu’on appelle déjà « The Boss ») ; Talking Heads (rarement un groupe aura porté si bien son nom). On découvre, on s’enthousiasme, on aime, on guérit !

On rencontre des Boliviens. On découvre ainsi le pays, la mentalité, l’histoire, indissociable de la musique locale. Enfin… locale… Toute l’histoire, toute la beauté, toute la souffrance, la tristesse sublimée des Incas, devenus esclaves au XVIème siècle, restés larbins, quantité négligeable, variable d’ajustement dans les mines d’étain de Potosí où on crève à 30 ans, à la fin du XXème… Evo Morales encore gamin à l’époque… Et on écoute Savia Andina, Savia Nueva, les flûtes des Andes, les bombos, et les voix célestes. En 1982, Los Kjarkas inventeront une mélodie poignante (« Llorando se fue ») qui sera récupérée sans vergogne par des requins du show-biz qui, en la « brésilifiant », en feront la lamentable « Lambada », sans verser aucun droit d’auteur.

On s’enthousiasme aussi pour des musiques terriennes, viscérales, avec des instruments ancestraux, le son de la Pachamama (la « Terre Mère » en quechua), pour des chants simplissimes, évidents, chantés d’une voix incroyablement aigüe par les paysannes de la province de Potosí et leur porte-parole, leur porte-chant, la sublime Luzmila Carpio, vue au théâtre de La Paz.

Et puis on a des amis qui viennent de France avec des cassettes. Ils ont apporté le dernier disque de Bashung, « Pizza », et on l’écoute en boucle en faisant la route vers Santa Cruz, via Cochabamba, 2 jours de voyage. Un prof de français du collège franco-bolivien nous dit « Bashung, au début c’est bien, ça commence comme du Dire Straits. Dommage que ça continue comme du Bashung ». Gageons qu’aujourd’hui il a eu le temps de réviser son jugement…

Les amis ont apporté aussi deux cassettes d’un phénomène qui se fait appeler Hubert-Félix Thiéfaine. Un déjanté qui fait dans le loufoque, avec quelques petites chansons dérangeantes au milieu (« Alligators 427 « , « Je t’autorise à me jeter ») qui annoncent le torturé qu’il sera plus tard, qu’il est sans doute déjà.

Puis l’exil se termine. Il aurait pu se prolonger. Mais quand on est deux, il faut qu’il y en ait un qui cède. Retour en France, donc, retrouvailles avec les copains, qui veulent monter une troupe de café-théâtre. On bosse sur le nom, on délire. On part sur le prénom « René ». On crée la « Renaissance Évolutive de la Nouvelle Expression ». Du second degré, bien sûr. Juste pour que ça fasse « RENE ». Dédé écrit une pièce, on chante, on joue, certains jettent l’éponge, d’autres vont jusqu’au bout, et aujourd’hui, en 2011, les Renés existent toujours et se produisent sur les scènes de la région, ils sont trois, dont deux membres fondateurs, Dédé et Robie. Robie mon complice de lycée (voir Arpèges 2), qui à mon retour de Bolivie me dit : « Ah oui, quand même, pendant ton absence, il y a eu la naissance d’un phénomène ici : Charlélie Couture « . Son premier disque était effectivement un ovni. Charlélie va m’accompagner pendant des années. Plus aujourd’hui.

Alors que Bashung, Thiéfaine, oui.

Il y a comme ça, en musique comme ailleurs, des gens qui s’usent un peu, et puis des gens qui durent. C’est le temps qui décide. Et le talent aussi, le renouvellement, ou la fidélité, ou peut-être bien un peu des deux (serait-ce le secret ?).

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C’est double Pen pour nous !

Posted by Grégoire Abitan sur 18 janvier 2011

Ben voilà, c’est fait. On a évité le père, on va devoir redoubler d’efforts pour échapper à la fille.

Le Front National réussit à la fois à changer sa direction tout en conservant la famille Le Pen à sa tête et à lancer sa campagne pour les présidentielles.

Doit-on craindre cette femme ? Assurément !

Par sa présence, son utilisation intelligente des médias, ses argumentaires bien construits (elle n’est pas avocate pour rien) elle permet à tous les sympathisants du FN de sortir du bois, libère leur parole en les sortant du cliché du « facho » de base.

Ses chevaux de bataille restent dans les thématiques de papa, mais avec plus de nuances. Et même si les vieux de la vieille râlent , il n’y a en réalité aucun changement de cap, nous savons bien de quoi reste fait ce parti. Il continuera à s’appuyer sur les questions de sécurité et d’immigration quelles que soient les formulations qui sont utilisées. Il continuera à être d’extrême droite et à ce titre extrêmement nocif et dangereux.

Pour suivre de près l’évolution du Front National (entre autres mouvements), je vous recommande le blog (déjà cité dans un billet plus ancien) publié par deux journalistes du journal Le Monde : Droite(s) Extrêmes(s). Lionel me signalait également les billets proposés par Sébastien Fontenelle dans son blog publié par le site du journal Politis, vous avez un lien permanent là, sur le bandeau de gauche…(âmes mièvres s’abstenir).

Et chez nous aussi, dans notre petit coin de Saint Christol lez Alès, ils ne vont pas tarder à se montrer fièrement. Récemment sur France Inter étaient interrogés des sympathisants frontistes et il semble bien que pour eux, l’arrivée de MLP à leur tête soit le signal qui leur manquait pour se déclarer publiquement. Vous les verrez donc à coup sûr lors des prochains rendez-vous électoraux.

Cerise sur le gâteau : encouragée par des sondages favorables, MLP semble tenir pour acquise sa présence au second tour de la prochaine élection présidentielle. Alors, je sais bien que les sondages on leur fait dire ce que l’on veut, quand même, faut peut-être qu’on se réveille !

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Bonne année Tunis !

Posted by Lionel Sugier sur 16 janvier 2011

Oui, c’est ça, au revoir, hein…

 

 » Le premier des droits de l’homme, c’est de manger, d’être soigné, de recevoir une éducation et d’avoir un habitat. De ce point de vue, il faut bien reconnaître que la Tunisie est en avance sur certains autres pays. » (Jacques Chirac, en visite officielle chez Ben Ali, en 2003)


La première grande nouvelle de 2011 : la fuite précipitée de Ben Ali, roi Ubu de Tunisie, grand ami de Philippe Séguin (paix à ses cendres) et d’un certain nombre de politiciens français de droite.

Le dictateur se carapate honteux, péteux, la queue entre les jambes, exactement comme ces tyrans de Bolivie ou d’Argentine il y a 30 ans. Tout n’est pas réglé en Tunisie, mais un espoir se lève.

Comme quoi, descendre dans la rue, parfois, ça paie !

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Arpèges 4 : Dire Straits

Posted by Lionel Sugier sur 15 janvier 2011

Vers les 20-22 ans, il arrivait parfois que l’on tombe amoureux. Si on aimait la musique, si on était accro à un style, on aimait que la personne aimée aime la même chose.

Vint donc le temps de Dire Straits.

On a souvent dit que ce groupe avait été à la naissance du CD (au moment de « Brothers In Arms ») ce que Pink Floyd fut aux débuts de la hi-fi. Sans doute. Mais on a d’abord écouté Dire Straits en vinyle, seul support à l’aube de ces années 80.

La première rencontre eut lieu grâce à l’émission de Bernard Lenoir, qui sévit depuis des lustres sur France Inter, et persiste encore aujourd’hui, malgré son grand âge (plus ou moins 60 balais) à nous présenter chaque soir des groupes de jeunots et de jeunettes énervés et/ou inspirés. En 1979 ou 80, par là, on y entendait « Once Upon A Time In The West », tiré du deuxième album de Dire Straits, un groupe basique (guitare solo et voix, guitare rythmique, basse, batterie) mené par Mark Knopfler, chanteur rauque sussurant et guitariste flamboyant. Héritier direct de Clapton et de ce génie modeste et méconnu qu’est J.J. Cale (ce dernier sort encore de nos jours, à plus de 70 ans, régulièrement des CD impeccables de décontraction précise et subtile, beaucoup plus intéressants que les récents disques solo de Knopfler).

Dire Straits donc, un bol d’air, une envolée folk-rock (avec une base blues) aux temps où vous n’aviez le choix qu’entre le punk crade et le disco mielleux. (Attention : si je n’ai jamais aimé la disco, j’aime beaucoup UN groupe punk, j’en ai déjà parlé, un jour j’y reviendrai… ou pas.)

On se précipitait chez le disquaire (Fredo, Greff ou Falduzzi) pour en savoir plus. On apprenait donc l’existence d’un premier opus, de 1978, qu’on s’empressait d’acquérir. Ainsi naissait une fidélité, et une addiction au son pur et clair de la guitare de Knopfler et à sa voix vaguement dylanienne.

Les années suivantes, on suivait. Et on s’ébaubissait des possibilités infinies de ce groupe, sortant à chaque fois un disque plus riche que le précédent. Il y eut  l’évolution « Making Movies », en 1980, avec des morceaux plus longs, plus ambitieux, un claviériste venu de chez Springsteen. Il y eut « Love Over Gold », en 1982 , plus emphatique, renversant, grandes fresques musicales aux arrangements plus fournis, plus léchés. Il y eut le sommet, « Brothers In Arms », en 1985, une galerie de pièces résumant l’histoire du folk-rock, un style différent et une évidence par morceau. Le triomphe du CD.

Puis vint le déclin, ou la lassitude, ou les deux. Un silence de six ans, et le disque de trop, plein de redites, boursouflé, sans imagination : « On Every Street », dont on ne peut guère sauver que deux ou trois morceaux, dont « Iron Hand », poignante ballade à l’irlandaise.

Depuis, définitivement en solo, Mark Knopfler ne fait que se répéter, caricature de lui-même, ombre de son ombre.

Cela n’empêche pas de refuser de brûler ce qu’on a un jour adoré, même si depuis, on est passé à autre chose… Et la personne aimée n’est plus non plus la même aujourd’hui. On ne lui demande d’ailleurs pas d’aimer forcément la même musique !

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Loppsi 2 n’est pas un film pour enfants

Posted by Grégoire Abitan sur 9 janvier 2011

Vous les avez remarqués, inévitablement, ces camions aménagés sur le rond-point à l’entrée d’Alès en arrivant de Nîmes (soit en pleine rocade). Barbus, chevelus, différemment vêtus, bref des marginaux (comme on disait) ou des beatniks (comme disait Coluche).

Que nous voulaient-ils ? Surtout qu’à ce moment, c’était la course pour faire les achats de Noël, alors fallait pas qu’en plus ils nous bloquent la circulation! Leurs pancartes dénonçaient le vote imminent de la loi Loppsi 2 et dans celle-ci, l’article 32 ter A en particulier (cette loi contient beaucoup d’autres articles que nous pourrons détailler par la suite).  Regardons de plus près.

Article 32 ter A (Version Sénat 1ère lecture, 10 septembre)

I. – Lorsqu’une installation illicite en réunion sur un terrain appartenant à une personne publique ou privée en vue d’y établir des habitations comporte de graves risques pour la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques, le représentant de l’État dans le département, ou, à Paris, le préfet de police, peut mettre les occupants en demeure de quitter les lieux.

La mise en demeure est assortie d’un délai d’exécution qui ne peut être inférieur à quarante-huit heures. Elle est notifiée aux occupants et publiée sous forme d’affichage en mairie et sur les lieux. Le cas échéant, elle est notifiée au propriétaire ou titulaire du droit d’usage du terrain.

Lorsque la mise en demeure de quitter les lieux n’a pas été suivie d’effet dans le délai fixé et n’a pas fait l’objet d’un recours dans les conditions prévues au II, le préfet peut procéder à l’évacuation forcée des lieux, sauf opposition du propriétaire ou du titulaire du droit d’usage du terrain dans le délai fixé pour l’exécution de la mise en demeure. Le cas échéant, le préfet saisit le président du tribunal de grande instance d’une demande d’autorisation de procéder à la destruction des constructions illicites édifiées pour permettre l’installation en réunion sur le terrain faisant l’objet de la mesure d’évacuation. Le président du tribunal ou son délégué statue, en la forme des référés, dans un délai de 48 heures.

Lorsque le propriétaire ou le titulaire du droit d’usage du terrain fait obstacle à l’exécution de la mise en demeure, le préfet peut lui demander de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser l’atteinte à la salubrité, à la sécurité et à la tranquillité publiques, dans un délai qu’il fixe.

Le fait de ne pas se conformer à l’arrêté pris en application de l’alinéa précédent est puni de 3 750 euros d’amende.

II. – Les personnes destinataires de la décision de mise en demeure prévue au I, ainsi que le propriétaire ou le titulaire du droit d’usage du terrain peuvent, dans le délai fixé par celle-ci, demander son annulation au tribunal administratif. Le recours suspend l’exécution de la décision du préfet à leur égard. Le président du tribunal ou son délégué statue dans un délai de soixante- douze heures à compter de sa saisine.

En le lisant rapidement, on se dit, ben quoi, c’est normal, on va pas laisser des gens occuper illégalement nos terrains ! Puis, on relit chaque paragraphe, on se documente un peu et on constate que :

– ce texte va à l’encontre des objectifs des textes existants : (lesquels ne sont pas suffisamment appliqués)

Tout d’abord la loi DALO, dont la mise en oeuvre peine à se faire (seul un faible pourcentage des familles ayant reçu un avis favorable de la commission de recours obtiennent un logement), cela entraîne de nombreuses familles à avoir recours à l’habitat de fortune.

Il y a aussi la loi Besson dont l’esprit était d’obliger les communes de plus de 5 000 habitants à construire des aires d’accueil pour les gens du voyage, et de ne permettre l’interdiction des résidences mobiles que si cette obligation était remplie. Cette loi peine également à s’appliquer (en 2008 seulement 42% des 42 000 places nécessaires avaient été créées). Le Préfet pouvait se substituer aux communes défaillantes, cela n’a encore jamais été le cas à ma connaissance.

(Petit focus sur notre commune de Saint Christol lez Alès : il faut reconnaître à son actif que la précédente adjointe à l’urbanisme a tenté vainement de mettre le dossier en haut des priorités. Depuis nous aussi, nous tentons de trouver un terrain sur notre commune -et c’est quasiment mission impossible- et ouvrons le débat pour une aire communautaire dans l’attente de la publication d’un nouveau schéma départemental.)

Enfin il existe également des mesures organisant l’évacuation de locaux ou de terrains en cas d’insalubrité d’urgence, et ces mesures comportent toujours un volet social prévoyant le relogement.

– ce texte donne une énorme latitude aux préfets : rien ne semble empêcher la mise en oeuvre d’une décision de destruction sans passer par les procédures classiques d’expulsion. De plus, ces habitats mobiles ou précaires ne sont pas considérés comme l’habitation principale de leurs occupants, ce qui fragilise encore plus leurs situations.

– ce texte vise aussi les habitats antérieurs à la loi : hé oui, rien de précise que ces dispositions ne s’appliquent pas aux installations antérieures à la loi (le délai d’intervention du Préfet n’est pas précisé lui non plus…)

On voit bien que ce texte va bien au delà du symbole du « camp de rom », et touche d’une part toute une population contrainte à s’installer dans des habitats de fortune mais aussi tous les occupants d’habitats alternatifs. Ce qui est étrangement paradoxal pour ces derniers, car ce sont souvent des motifs écologiques qui les poussent  à faire le choix de vivre dans des tipis, cabanes, yourtes ou même camions aménagés…

(ce billet est affectueusement dédicacé à Manu, Claire, Aurélien et les autres…)

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Comprendre l’opposition : anthropologie politique

Posted by Lionel Sugier sur 1 janvier 2011

Pour nous aider à y voir plus clair dans les stratégies parfois floues de groupes humains appelés « oppositions municipales », mieux connaître leurs moeurs, leur culture, leurs us et coutumes, leurs rituels, nous avons fait appel à deux socio-anthropologues de renommée internationale, tous deux professeurs à Berkeley, qui se sont penchés sur l’un de ces groupes vivant dans une bourgade moyenne du sud de la France, Saint C. lez A. (Retenez bien ce nom légèrement dissimulé, que vous retrouverez plus loin dans ce dossier) . Voici des extraits de leur rapport.

« Nous désignerons le groupe humain étudié, par souci de vulgarisation et faute de mieux, au risque de ne pas toujours être compris du grand public, par les termes génériques « Les Unis », même si cette désignation n’est pas toujours des plus appropriées, comme nous allons le voir.

Examinons leur évolution, depuis leur naissance jusqu’à ce jour.

Signalons au préalable que ce groupe utilise avec plus ou moins de bonheur tous les moyens modernes de communication pour bien se faire connaître de ses semblables. « Les Unis » ont cependant une prédilection pour la technique du « copier/coller » qui peut parfois les faire apparaître comme légèrement redondants.

Leur naissance est un premier mystère. Ils sont (relativement) connus aujourd’hui, dans leur sphère d’influence, sous l’appellation « Union et Dynamisme », et possèdent un blog à ce nom, tout en publiant des feuilles de chou assez régulières portant ce même titre. Ils définissent leurs supports comme « blog citoyen d’opposition municipale » ou « Le journal de l’opposition municipale », ce qui ne laisse pas d’interroger quelque peu le chercheur. S’agit-il ici d’une opposition municipale parmi d’autres, ou de l’opposition municipale, la seule, la vraie ? Nous nous perdons encore en conjectures.

Comme nous le suggérions plus haut, la date de naissance elle-même est floue. Les premiers articles du blog, antédiluviens, sont datés du début de l’année 2008 (à partir de février), et s’apparentent fort à des balbutiements, des vagissements d’entité en gestation. Des personnes de tous horizons se penchent à cette époque sur leur berceau : il semble qu’ils soient adoubés conjointement par des membres de grandes tribus d’ordinaire ennemies, le PS et l‘UMP (Retenez bien ces sigles). Leurs principaux chefs sont d’ailleurs issus soit de l’un soit de l’autre groupe, à parité et à nombre égal. Aux temps anciens de leur genèse, ils ne s’appellent d’ailleurs pas encore Union et Dynamisme, mais « Unis pour l’Avenir de Saint C. lez A. ».

Le concept de dynamisme, accolé à celui d’union par la conjonction de coordination « et », apparaît sur leur blog dans un billet du 24 juillet 2008 : ils publient leur premier journal, avec la photo de leurs 4 élus. Aucun article, sur les 4 pages, n’est signé. Nous en déduisons donc que ce 1er journal est l’émanation de la pensée des 4 élus. C’est la phase UMP + PS.

En juillet toujours, le journal municipal leur donne la parole, et ils s’expriment de concert, à 4 voix. L’harmonie est totale. C’est la période UMP ♥ PS.

Retour au blog : le 13 août 2008, annonce de la création de l’association « Union et Dynamisme », un peu après la parution de leur premier journal, donc. L’association est représentée par un bureau (un président, une secrétaire, une trésorière) puisé parmi les non élus, mais plutôt d’un seul bord. C’est la phase PS >UMP.

Le 13 septembre 2008, un nouveau billet sur le blog annonce les jour et heures de permanence des 4 élus, toujours inséparables. Une telle entente force l’admiration. C’est la phase « malgré tout ».

Le mois suivant (octobre 2008) apparaît hélas la première faille qui va être le signe avant-coureur du déclin inexorable de cette belle union : dans le journal municipal, deux élus disparaissent et les deux autres font, si l’on ose dire, cavalier seul, en signant un article de leurs noms suivis de la précision « conseillers municipaux UMP ». C’est la rupture.

En novembre 2008 paraît le journal n°2 d’Union et Dynamisme, avec une jolie photo non plus des 4 élus, mais des 3 membres du bureau. La première demi-page est signée du président de l’association, une autre page presque entière de la secrétaire et d’une élue (l’une des disparus du paragraphe précédent…), ce qui laisse 4 brèves et 2 pages entières non signées. Cette tribu a longtemps cultivé le secret. Respectons ses coutumes, qui, nous le verrons, vont lentement évoluer.

En janvier 2009, sur le journal municipal, nous voyons réapparaître nos deux conseillers UMP du mois d’octobre, et une autre tribune, signée de leurs deux ex-acolytes sous la bannière « Unis pour l’Avenir de Saint C. lez A. » (nom initial, voire initiatique, d’Union et Dynamisme, rappelons-le). Le divorce est donc consommé et étalé au grand jour.

Est-ce que vous suivez toujours ? Nous, on s’y perd un peu… Abrégeons donc.

Depuis ce funeste divorce, quatre journaux d’Union et Dynamisme sont parus, avec d’abord des articles souvent non signés ou bien simplement par des initiales, puis progressivement par des noms complets (ce qui dénote une réelle disposition à l’évolution positive d’un groupe humain ayant pourtant traversé tant d’épreuves). Mais plus jamais les UMP du début n’y ont pris part. Huit journaux municipaux sont parus également, avec toujours deux expressions distinctes pour ces 4 élus ex-unis, les uns s’annonçant toujours UMP, les autres tout d’abord « conseillers municipaux d’opposition » puis, plus récemment (exactement depuis juillet 2010), « conseillers municipaux PS ».

Même si des manoeuvres d’approche, des accords secrets, des négociations ont dû exister en amont, nous constatons à l’issue de cette étude que « les Unis » ne le sont restés officiellement que huit mois, et que depuis plus de 2 ans, certains d’entre eux utilisent abusivement le terme d’ « Union » sans que nous ayons pu savoir avec qui (malgré nos recherches fouillées), les autres ayant clairement affiché leur désunion et annoncé leur droitière couleur. On peut toujours contempler sur le blog d’ « Union et Dynamisme » les photos (au demeurant très esthétiques) de ceux et celles qui sont partis depuis longtemps.

Nous sommes absolument exténués par cette étude d’un groupe d’opposition, ou de deux, ou de deux en un, ou d’un scindé en deux, et nous nous demandons finalement au terme de nos travaux, où est l’union, où est le dynamisme dans tout ça ? Et que penser du « et » ?

Dire que nous avons encore deux groupes d’opposition à étudier… Comment allons-nous pouvoir humainement supporter ça ?

Allez, BONNE ANNÉE quand même… »

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