Le Blog-Notes

Une pensée libre

Archive for février 2010

Contrepoint

Posted by Grégoire Abitan sur 28 février 2010

Pour faire tourner la platine, quelques lignes sur un pianiste dont le nom m’est aussitôt venu à l’esprit en lisant les éléments de vie de Daniel Johnston : il s’agit de Glenn Gould.

Quoi ? Vous ne connaissez pas Glenn Gould ? …Pianiste, compositeur, et surtout homme de médias, son style est immédiatement reconnaissable à l’écoute.

Ce sont les thèmes évoqués dans le billet de Lionel qui m’amènent à vous en parler un peu. Travail sur le son, de sa fabrication à  l’objet final qu’est un disque, travail sur le rythme et enfin travail sur soi et surtout malgré soi. Je vous rassure tout de suite, même si le répertoire de prédilection de Glenn Gould a été la musique de Bach, cela ne rend pas ses interprétations comme relevant de la « musique classique ». Je vous assure qu’on y trouve, en plus de sa voix qui fredonne des parties de la mélodie, une rythmique qui relève plus du jazz que du classique au sens où on l’entend. Il y a ceux qui aiment (et ils en deviennent fanatiques) et ceux qui ne supportent pas son style tantôt haché, tantôt insupportablement lent mais en fait toujours original et habité par une passion qui dépasse la raison. Et là, on frôle la maladie mentale (pour beaucoup, Glenn Gould était atteint d’une forme d’autisme…) et cela confirme que souvent, ces génies sont en fait des artistes qui ne peuvent échapper à leur démons, leurs peurs, leurs manies…

Je ne connais pas encore Daniel Johnston, mais je ne doute pas un instant qu’on puisse faire un parallèle entre ces deux hommes.

Par quoi commencer pour découvrir Glenn Gould ? D’abord tout simplement en écoutant au hasard, n’importe quel passage d’un de ses disques (de JS Bach : les incontournables « Variations Goldberg », la partita numéro 2 que vous pouvez découvrir sur l’extrait ci-dessous justement…), ensuite je vous recommande les émissions réalisées par Bruno Monsaingeon qui l’a « interviewé » à de nombreuses reprises. On s’aperçoit alors à quel point ce pianiste était « à part ». Enfin, pour ceux qui ont souffert dessus dans leurs débuts au piano, écoutez  les Inventions de Bach par Glenn Gould. On en reparlera…si vous le voulez.

Et comme dans la vie bien des choses sont liées entre elles, rajoutez à votre table de chevet le livre de Michel Schneider, « Glenn Gould piano solo », une étude qui se lit d’une traite tellement elle est passionnante, et de là, sautez jusqu’à Nancy Huston et son premier livre paru en France : « Les variations Goldberg ». Rien à voir avec Glenn Gould sauf la présence de cette oeuvre de Bach, réputée « indigeste » et là, simple prétexte au sein d’un roman, elle nous donne envie de l’entendre vraiment (et vous devinez par qui..)

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Daniel Johnston

Posted by Lionel Sugier sur 27 février 2010

Clément (mon beau-fils, je vais pas vous raconter ma vie) m’a prêté récemment un CD vendu avec le numéro de janvier de Rock & Folk. 22 titres d’artistes divers, pour la plupart inaudibles. Mais j’y ai découvert une pépite : un morceau de Daniel Johnston de 6 minutes 33 secondes (de bonheur).

Quoi ? Vous ne connaissez pas Daniel Johnston ? Né en 1961, ce musicien et peintre américain à la voix plaintive a commencé à la fin des années 80 à enregistrer des chansons qu’il écrivait et composait seul chez lui avec une guitare, un piano ou un orgue d’enfant (son neveu). Il en faisait des cassettes qu’il vendait dans la rue, illustrées d’un de ses dessins. Admirateur des Beatles, il soignait textes et mélodies, mais le résultat, toujours très artisanal, plein de souffles, de bruits de fond et de sons parasites, a donné naissance (bien malgré lui, qui aurait aimé produire du son léché avec un groupe de pros) au mouvement lo-fi qui prit, avec Pavement, Sparklehorse, Grandaddy, The Flaming Lips entre autres, le parti de faire délibérément une musique « imparfaite », pour se rapprocher de l’authenticité d’un son brut sans sur-production.

Daniel Johnston, rejeté par sa famille car artiste dans l’âme et incapable d’avoir un « vrai travail sérieux », a une vie partagée en trois : 1/3 création, 1/3 picole et came, 1/3 séjour en HP.

On peut voir quelques vidéos de lui sur le net, où ce bonhomme de moins de 50 ans apparaît comme extrêmement malade et fatigué, tremblant des mains et de la voix. Mais ses mélodies et ses textes sont très émouvants et ont fait de lui le « héros », la référence de tout un tas de groupes anglo-saxons parmi les plus intéressants de ces dernières années dans le domaine de ce qu’on pourrait appeler, pour faire vite, le rock mélodique.

La meilleure façon de découvrir Daniel Johnston est d’écouter le double album « Discovered/Covered » qui contient un CD de ses interprétations à lui, sortis initialement sur ces fameuses cassettes bricolées maison, et un CD de reprises des mêmes morceaux par une partie de la scène rock indé des années 1990/2000.

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Jurassic Park (du Rouret)

Posted by Grégoire Abitan sur 23 février 2010

On les croyait disparus, victimes de l’évolution du temps, mais il semble bien que certains parmi eux aient survécu (même les récentes chutes de neige n’y ont rien fait).  Je veux parler de ces dinosaures de la politique, qui, après avoir eu tant de mal (il a même souvent fallu les y forcer) à quitter leurs sièges (de président d’association ou de collectivités de toutes natures, de chef de clan et même de maire), réapparaissent peu à peu dans le paysage local.

On pensait qu’ils avaient quitté la scène, en particulier ceux dont la dernière sortie avait été si pathétique, cruelle même, dans le contraste entre les promesses d’un avenir radieux dans lequel tous seraient unis et la réalité d’un présent peu glorieux dans lequel ils se retrouvent totalement désunis.

C’est sûr que passer d’acteur principal à l’affiche depuis tant d’années à souffleur de texte pour acteurs débutants, cela a de quoi vous donner le blues et le souhait de faire un ultime come-back, de tirer à nouveau les fils des marionnettes qu’ils contrôlaient jadis.

Bientôt, vous verrez, ils arpenteront de nouveau nos rues, nous promettant un avenir radieux…

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Marchez dans la beauté

Posted by Lionel Sugier sur 18 février 2010

Tony Hillerman, récemment disparu, est un auteur de polars un peu spécial…

Cet écrivain étasunien blanc était passionné par la culture des Navajos. Il a écrit une vingtaine de romans qui ont pour cadre la Grande Réserve des Navajos, qui s’étend autour des Four Corners, ce point précis des États-Unis où 4 états se coupent à angle droit : l’Utah, le Colorado, l’Arizona et le Nouveau-Mexique, ces deux derniers englobant la plus grande partie de la réserve. Oui messieurs dames, il y a des réserves indiennes aux États-Unis. Je parle d’aujourd’hui. Récemment à Saint Christol des Sioux nous en ont touché un mot…

Les romans de Tony Hillerman sont des enquêtes policières mettant en scène des Navajos ou des Indiens Zunis et Hopis, ainsi que des Belacanis (les Blancs) qui se côtoient sur la Grande Réserve (la plus étendue des États-Unis). Il y a toujours une affaire criminelle complexe, toujours dans un contexte de coutumes et de traditions très bien décrites des cultures indiennes qui donnent à ces polars un rythme lent, réflexif, et respectueux de la nature, avec toujours une inadéquation, une incompréhension entre le monde des Navajos et celui des Blancs.

À un moment du récit, l’histoire s’emballe et les flics (tous des Navajos) sont obligés de réagir très vivement pour sauver leur peau. Ils doivent réviser leur perception du temps. Leur culture est bousculée.

Les deux « héros », flics navajos, sont, successivement puis ensemble, Joe Leaphorn, de la vieille école, sensible à la beauté mais très pragmatique, et Jim Chee, plus jeune, partagé entre modernité (intégrer le FBI) et tradition ((être un « chanteur » navajo). Les trois premiers romans forment la « Trilogie Joe Leaphorn », les trois suivants la « Trilogie Jim Chee » où Leaphorn est parfois évoqué mais n’intervient pas, puis Hillerman les fait se rencontrer et se confronter dans les 12 romans qui suivent.

Je considère Tony Hillerman comme un très grand écrivain, et je le relie à ceux qui peuvent représenter et faire partager une culture. Dans le domaine du polar, il y a Camilleri en Sicile, Montalban à Barcelone, Izzo à Marseille, Paco Ignacio Taibo II à Mexico, et j’en oublie sans doute,  polars en Scandinavie, en Russie, en Chine… En France…  et bien sûr je ne les connais pas tous…

Vous savez, ça me rappelle les chanteurs. Il y a des équivalents de nos Brassens, Ferré, Brel un peu partout. Vinicius de Moraes au Brésil, Paco Ibañez en Espagne, Leonard Cohen en Amérique du Nord, Dylan, Neil Young  bien sûr… Paolo Conte en Italie, Atahualpa Yupanqui au Chili, Christy Moore en Irlande, Vladimir Vissotsky en Russie, Félix Leclerc et Richard Desjardins au Québec, et tant d’autres que je ne connais pas…

Ces types, ces femmes aussi bien sûr, Janis Joplin, Joan Baez,Patti Smith, Kate Bush, Toni Morrison, Jane Campion, qui touchent à l’universel en restant chez eux, chez elles…

Pardon. Moins on a de culture, plus on l’étale, OK d’accord peut-être, et je suis seulement le pauvre petit adjoint à la Culture,  mais si ce que j’ai écrit peut permettre à quelqu’un de venir à quelqu’un…

Heu… Merci de votre attention. Et bon, comme disent les Navajos : « Marchez dans la beauté. »

Lionel Sugier

Tous les romans de Tony Hillerman sont dans la collection RIVAGES/NOIR, traduits magistralement par Danièle et Pierre Bondil. On en trouve bien sûr à la Médiathèque de Saint Christol. Seul « People of darkness » a été traduit deux fois, préférez « Le Peuple des Ténèbres », collection Rivages/ Noir au « Peuple de l’Ombre », Folio policier, version tronquée, reniée par l’auteur.

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Les Éoliens

Posted by Lionel Sugier sur 18 février 2010

La Tribu des Secoueurs de Vent, le Peuple de Ceux-Qui-Brassent-De-l’Air se manifestent à nouveau en criant au loup avant d’en avoir vu la queue.

La communauté d’agglomération du Grand Alès (l’Agglo pour les intimes, la Glu selon les esprits facétieux, la Glo si on mélange les deux) étudie la possibilité d’implanter des éoliennes sur son territoire. Elle demande à toutes les communes de sa Grande Réserve de lancer, si elles le souhaitent, une concertation auprès de la population.

De 2 choses l’une : ou bien on refuse le projet, on refuse même d’en parler, et la concertation est terminée, pas d’éolienne à Saint Christol, circulez y a rien à voir, point barre.

Et on nous reprochera notre silence.

Ou bien on informe, on réfléchit, on contacte les élus de tous bords, on les réunit au sein d’une commission municipale, où on pourrait décider entre autres de lancer une consultation des citoyens, d’en débattre avec eux.

C’est cette dernière solution que les élus majoritaires de Saint Christol ont adoptée. Qui peut aboutir au refus du projet sur notre commune, mais après en avoir discuté. Et pris contact avec des communes limitrophes (Bagard, Saint Jean du Pin) qui sont très très proches de la ligne de crête du Bois de Valz, l’un des endroits « idéaux » selon la Glo pour implanter les éoliennes.

Aussitôt la communauté des Brasseurs de Vent (dont la grande prêtresse a participé à la commission évoquée ci-dessus et discuté sereinement de tout ceci)  lancent d’angoissants signaux de fumée appelant au sauvetage du Serre d’Avène, comme si nous avions décidé sans prendre l’avis de personne d’y implanter les Grands Oiseaux Immobiles.

Par le Grand Manitou, mais ça s’appelle de l’intox, ça, de l’alarmisme ! C’est bien cela, dans la tradition de leur peuple ancestral, les Brasseurs de Vent appellent leurs farouches guerriers à déterrer le tomahawk alors qu’il n’y a pas de guerre. Ce sont eux les seules éoliennes de Saint Christol. Ils secouent bien fort leurs petits bras. Pas sûr qu’ils produisent beaucoup d’énergie.

Lionel Sugier

Vous avez sûrement remarqué les connotations amérindiennes de mon message. Cela est directement lié à mes lectures actuelles, je vous en parle bientôt dans « Notes de lectures ».

Marchez dans la beauté.

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Pour commencer en partant de zéro

Posted by Grégoire Abitan sur 13 février 2010

Dès qu’un journal se crée, il y a un numéro zéro : c’est donc notre premier billet, premier post, premier pas dans la blogosphère.

Que dire de plus : ne vous fiez pas aux apparences, cherchez du sens derrière l’image (et, non, inutile de soulever votre écran), ouvrez les yeux, tendez l’oreille (gauche de préférence) et voilà ça va commencer…

Tout d’abord, en guise de préalable, il nous arrivera souvent de renvoyer le lecteur vers d’autres sites, que ce soit pour illustrer un propos, éclairer un sujet ou tout simplement attirer l’attention sur un article remarquable. Le monde internet est riche mais parfois plein de pièges et chausses-trappes chausse-trapes, aussi n’hésitez pas à nous signaler les liens « morts » ou les liens « pourris » (je veux dire par là, cachant leurs buts véritables) ainsi que les sources erronées.

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