Le Blog-Notes

Une pensée libre

Archive for décembre 2010

L’opposition municipale pour les nuls

Posted by Lionel Sugier sur 23 décembre 2010

Un conseil municipal, quelque part en France. Inscription sur le tableau bleu, derrière le maire : « et surtout n’oubliez pas de vous aimer ».

Dans un conseil municipal, siéger au sein de l’opposition peut être très frustrant. Vous vous êtes présenté à l’élection, vous avez perdu, mais votre place, en haut de la liste que vous conduisiez, vous permet de siéger. Fatalitas ! Pendant 6 longues années, vous en êtes réduit à contester tout ce que fait la majorité, que vous avez combattue lors de la campagne et que, logiquement, vous continuez à combattre. C’est parfois épuisant car vos choix sont rarement pris en compte, n’étant pas ceux de la majorité aux commandes.

Mais parfois cela peut se révéler confortable, et permettre de se faire mousser à peu de frais.

Voici certaines méthodes, en forme de mode d’emploi, qui peuvent procurer une certaine jouissance à des opposants soucieux d’exister. Si vous êtes vous-même en minorité dans une municipalité, je vous invite à prendre connaissance de ces quelques ficelles, largement inspirées de nos oppositions à Saint Christol lez Alès, et qui vous garantiront de franchir cette épreuve pesante dans la joie et la bonne humeur (et youpi !) :

1. La méthode « T’es pas cap »

– Prenez un projet que vous n’avez pas réalisé quand vous étiez aux manettes, parce qu’il aurait trop endetté la commune.

– Mettez la majorité au défi de le réaliser, en communiquant sur le fait que c’est vous qui le proposez. Argumentez, chiffrez au petit poil pour bien montrer que vous avez bossé (normal, vous l’aviez préparé bien avant, quand vous étiez majoritaires, et vite abandonné vu le coût).

– Quand la majorité aura refusé (« trop cher »), re-communiquez pour dire « Vous voyez bien, ils ne font rien, c’était pourtant une bonne idée, non ? »

– À cette occasion, évitez de repréciser le coût.

2. La méthode « Ils s’y prennent comme des manches »

– Félicitez d’abord la majorité pour une de ses bonnes idées, celle que vous partagez.

– Embrayez directement sur la manière d’appliquer l’idée, qui vous déplaît profondément (vous, vous auriez fait pareil, mais autrement).

– Écoutez patiemment les réponses qui vous sont faites par le maire et ses amis, qui sont bien sûr très ressemblantes, à quelques nuances près.

– Communiquez sur le fait que l’équipe municipale en place a répondu à plusieurs voix, mais dissonantes. Pour cela, n’hésitez pas à tronquer les réponses et à n’en publier que ce qui vous arrange.

3. La méthode Coué

– Prenez deux ou trois (pas plus) lieux communs que vous râbacherez sans arrêt dans toutes vos publications, toutes vos interventions, durant tout le mandat.

– Choisissez des mots simples, basiques, usez et abusez du cliché, utilisez comme repoussoir les mots « communistes », « sarkozystes », « incompétents », « archaïques », « gestion de père de famille », « manque d’ambition pour la commune », « immobilisme », « frileux », etc.

– N’oubliez pas : râbachez-les pendant tout le mandat, comme prévu.

– Pour montrer que vous êtes ouverts, soyez indulgents dans un seul domaine, en saluant le travail accompli par tel adjoint, cela ne pourra que rabaisser le travail des autres. Et éventuellement créer des divisions dans la majorité.

4. La méthode « On est sympa, on vous prévient »

– Évoquez en Conseil Municipal un point sur lequel circule une rumeur.

– Au besoin et au préalable, vous aurez pris soin de fabriquer vous-même cette rumeur et de la faire circuler.

– Prenez un ton grave, un air préoccupé, et avertissez généreusement la majorité du fait que cette rumeur enfle et que ce n’est pas bon, ni pour les concitoyens ni pour le service public (insistez sur ce dernier point surtout si vous vous souciez du service public – et/ou des concitoyens) comme de votre première paire de chaussettes.

– Ignorez superbement les élus majoritaires qui vous rappelleraient que des rumeurs similaires couraient déjà quand vous étiez aux commandes. S’ils insistent, dites que c’est archaïque de regarder dans le rétroviseur, et que de toutes façons la rumeur actuelle n’a aucune commune mesure avec les précédentes.

– Communiquez sur votre intervention, et n’oubliez pas de continuer à répandre la rumeur, sans hésiter à l’amplifier au besoin.

5. La méthode « De toutes façons c’est toujours nul »

– Si la majorité n’a pas réalisé dans la commune quelque chose de voyant, type Zénith, Palais des Congrès ou Pyramide du Louvre, dites qu’ils ne font rien.

– Quand quelque chose que vous ne pourrez pas nier a été fait, dites qu’ils ont eu tort de le faire parce que ça coûte trop cher.

– Ainsi, quel que soit le cas de figure, l’équipe en place est systématiquement dénigrée.

– Dans le même temps, n’oubliez jamais de faire savoir que vous êtes une opposition constructive, et pas systématique. C’est toujours bien vu et ça ne mange pas de pain.

Voilà donc quelques-unes des façons agréables de passer 6 ans dans l’opposition, à ignorer superbement le travail quotidien d’une mairie, les difficultés, les arbitrages, le compromis entre le vouloir faire et les possibilités concrètes. Et à agacer les élus de la majorité qui eux s’y confrontent. Finalement, l’opposition et ses solutions toutes faites, c’est si confortable ! Le summum d’une vraie politique d’opposition est de mixer deux (ou plus) des méthodes ci-dessus, ou de les alterner. C’est un exercice intellectuel très stimulant qui vous évitera de vous ennuyer pendant 6 ans.

Un petit bémol pour terminer, car toute théorie a hélas sa faille : si ces méthodes ont de fortes probabilités d’énerver la majorité, leur succès, lui, ne peut être garanti à long terme. Désolé.

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Mort de John Lennon : le cas singulier

Posted by Lionel Sugier sur 20 décembre 2010

Hé oui, c’est bien lui !

 

(Et on continue dans la série « Les morts sont tous des braves types »)


Comment, en ce mois de décembre 2010, ne pas parler de la disparition de John Lennon, il y a juste 30 ans ?

Avant (et après) lui, beaucoup d’artistes du rock ont disparu trop tôt. Pour aller vite, citons Jimi Hendrix, Jim Morrison, Janis Joplin, Bob Marley, Jeff Buckley, Elvis Presley, Freddy Mercury, Kurt Cobain… Et puis il y a les « juste un peu moins connus », comme Brian Jones (éclipsé par l’association Jagger/Richards), Marc Bolan (leader de T. Rex), Keith Moon (batteur des Who), ou encore le guitariste de Chicago, Terry Kath, ou le magnifique Nick Drake, et Tim Buckley (le père de Jeff), et Joe Strummer des Clash, et tant d’autres…

Pourquoi la mort de Lennon reste-t-elle particulière, pourquoi éprouve-t-on peut-être plus que pour tous les autres ce sentiment de gâchis, de vie brisée ?

Parce qu’il a été assassiné.

Tous les autres ont plus ou moins été victimes de leur imprudence (trop de drogue, trop d’excès, un pari stupide, la conséquence d’une beuverie), d’un accident, d’un suicide ou d’une maladie incurable.

John Lennon est le seul qu’on ait assassiné.

Dans le cercle restreint des personnes célèbres, sa mort est à rapprocher de celle de chefs d’État, de personnages politiques de première importance, comme les frères Kennedy, Salvador Allende, Thomas Sankara, Yitzhak Rabin, Che Guevara, Martin Luther King et d’autres, innombrables…

Dans le champ artistique de la deuxième moitié du XXe siècle, seule la mort de Marilyn Monroe peut se rapprocher de celle de Lennon. Mais pour elle, on savait qu’elle était liée aux Kennedy. Que ce qu’elle savait peut-être (confidences d’oreiller ?) pouvait éventuellement nuire aux « intérêts » des États-Unis, ou d’un clan puissant. Son meurtre a plus ou moins été commandité.

Mais Lennon ?

Non seulement il ne représentait aucun danger, lui-même s’étonnait parfois qu’on puisse le croire, du moins pas un danger plus grand que, mettons, Cantona aujourd’hui, mais de plus on sait que son meurtre est l’acte d’un fou isolé, un fan frustré, absolument pas téléguidé.

Que serait devenu Lennon s’il avait vécu ? Que ferait-il aujourd’hui ?

Question idiote. Il est mort. Mais chacun y va de sa réponse, alors voici la mienne, sans doute aussi idiote que la question. Aujourd’hui Lennon, s’il vivait, aurait 70 ans et ferait de la musique. Il aurait écouté avec un intérêt poli les musiciens des années 80, 90, 2000. En 1980, la musique punk sévissait déjà depuis 2 ans, et on ne peut pas dire qu’elle ait été très présente dans le dernier disque de Lennon, qui avait fait du punk bien avant le punk, avec « Mother » et « Well Well Well », dans son premier disque solo, « John Lennon/Plastic Ono Band », en 1970. Mais peut-être aurait-il été sensible à tous ces musiciens venus depuis, se revendiquant de l’héritage des Beatles. Peut-être aurait-il rencontré Lloyd Cole, Dave Stewart, Daniel Johnston, Jason Lytle, Mark Linkous, Jeff Tweedy ?

Il ferait de la musique, on le trouverait peut-être redondant, moins intéressant que tous ces groupes que les Beatles ont influencés. Mais on peut penser qu’on l’aimerait tout autant, qu’il aurait su se renouveler tout en restant le même après avoir connu des passages hasardeux et moins inspirés, comme Bob Dylan, Leonard Cohen ou Neil Young. On aurait là une belle bande des quatre. Les quatre piliers de la musique rock d’aujourd’hui. Qui du coup n’en a plus que trois, mais qui tient bon depuis trente ans que ça dure. Peut-être bien parce que le pilier Lennon est toujours là, malgré la mort.

Chaque année, le matin de Noël, j’inflige à toutes les personnes présentes dans ma maison l’écoute de Happy Xmas (War Is Over), chanson de John Lennon, sur ma platine. Jusque-là, personne ne s’en est vraiment plaint. Pas même les voisins.

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Exit « birdy nam nam » …

Posted by Grégoire Abitan sur 17 décembre 2010

Le cinéaste Blake Edwards est mort ce jeudi 16 décembre. Blake Edwards, c’est le réalisateur des films « La Panthère rose » bien sûr, avec ce thème musical si célèbre d’Henry Mancini, et surtout avec l’acteur Peter Sellers (qui lui a disparu en 1980). Vous allez en revoir et en entendre bien des extraits, des rediffusions et des commentaires.

Mais parmi les films de Blake Edwards, je voudrais en retenir un en particulier. Il s’agit de « The Party » (on ne traduira pas). Ce film est un film absolument étonnant. C’est d’une drôlerie à mourir et en même temps cela semble traîner à n’en plus finir.

Le scénario n’est qu’un simple prétexte et l’on passe beaucoup de temps à suivre les déambulations et les gaffes d’un Peter Sellers en roue libre au cours d’une réception hollywoodienne à laquelle il se trouve invité par erreur.

Je le répète, il y a des longueurs quasi insoutenables et c’est dans un état hypnotique qu’on finit après l’avoir vu. Cet inconfort délicieux du spectateur est dû à la fois à la totale liberté d’improvisation qui a été laissée par Blake Edwards à son interprète et à la technique mise en oeuvre (des plans qui n’en finissent jamais et un décor absolument incroyable). Ajoutons que Peter Sellers joue là le rôle d’un figurant d’origine indienne et parle un anglais avec un accent inimitable, la VO est indispensable !

J’aurais bien voulu vous raconter les scènes qui, rien qu’à les évoquer, me font déjà pouffer mais on ne peut pas raconter un film, il manquera toujours une ou deux dimensions, par contre on peut inciter (et on devrait même y être obligé) à aller le voir.

Ensuite, on se fait une réunion des fans et on passe des soirées à se redire et à se rejouer les scènes cultes, allez… Dites oui !

(Je n’ai pas vérifié s’il est présent à la Médiathèque de notre commune, mais si ce n’est pas le cas, je veux bien le mettre à la disposition de tous, inscrivez-vous dans les commentaires et s’il y en a plus de deux ou trois, j’irai déposer mon dvd fétiche à la Médiathèque)


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Ceci n’est pas une note de lecture

Posted by Lionel Sugier sur 14 décembre 2010

Photo : Robert Doisneau

En 1999, nous dit Midi Libre, un type qui s’appelle Michel Lévy a publié un livre intitulé « La carte et le territoire ». Ce bonhomme fait un caca nerveux parce que Michel Houellebecq, récent prix Goncourt, lui aurait piqué son titre. Celui-ci aurait déniché le bouquin chez la propre soeur de Lévy, Michelle, créatrice -le croirez-vous ?- de l’association des amis de Michel Houellebecq. Le titre lui aurait plu, et il se le serait approprié. Lévy hurle au plagiat, parle de création, de propriété intellectuelle…

Affaire très intéressante, très compliquée, avec plein de Michel(le), où on peut aisément se perdre. Moi ça me plonge dans des abîmes insondables. Deux personnes exerçant dans le domaine de la création peuvent-elles avoir la même idée en même temps, une suite de mots agencés d’une certaine façon appartient-elle au premier qui les a, sinon prononcés, du moins déposés, et échappe-t-elle au reste de l’humanité, etc.

Il existe de très nombreux cas de chansons différentes qui portent le même titre. Par exemple, le « Bruxelles » de Brel et celui de Dick Annegarn. En les écoutant, la méprise est impossible, puisque le contenu, paroles et musique, est totalement distinct. On trouve l’équivalent pour certains livres, j’ai eu vent de plusieurs auteurs ayant écrit des polars différents portant le titre « Le tueur ». Bon, c’est plus passe-partout que « La carte et le territoire », certes.

Je me dis aussi que la plupart des auteurs ne se décident sur le titre définitif d’une de leurs oeuvres qu’après l’avoir terminée. Et que cette recherche leur prend parfois, proportionnellement, plus de temps que pour écrire leur livre.

Houellebecq a-t-il délibérément pompé le titre du bouquin de Lévy ? Ou l’a-t-il fait inconsciemment, sans même se rendre compte que son cerveau avait furtivement capté ces mots et leur agencement chez Michelle Lévy, en parcourant rapidement sa bibliothèque ?

Midi Libre nous apprend aussi qu’un auteur polonais, Alfred Korzybski, a écrit, vraisemblablement en 1947, traduit en Français en 1998, un livre intitulé « Une carte n’est pas le territoire », rappelant ainsi la différence entre la réalité et sa représentation, ainsi que l’a fait Magritte peignant une pipe en 1927 et intitulant son tableau « Ceci n’est pas une pipe ».

Mais Korzybski, ce n’est pas tout-à-fait pareil. Les mots ne sont pas agencés exactement de la même façon, comme dans les titres des livres de Lévy et de Houellebecq.

Midi Libre ne parle pas non plus du contenu du bouquin de Lévy. Est-ce un roman, est-ce une étude géographique, un essai, une thèse ? A-t-il une valeur littéraire reconnue ? Il ne semble pas, on en aurait parlé. Est-il important qu’une oeuvre majeure de la littérature (j’y reviens) ait emprunté son titre à un pensum obscur, connu d’à peu près personne ? Et a contrario, le fait qu’un livre soit sans intérêt et très confidentiel justifie-t-il qu’on lui pique son titre parce qu’on le trouve très bon ?

Je n’ai pas lu le dernier Houellebecq. Ni les précédents. Je ne les ai pas lus parce que la personnalité de l’auteur me déplaît profondément. Mais des personnes férues de bonne littérature me disent que « La carte et le territoire » est un livre essentiel.

Doit-on s’interdire de lire des livres parce que l’auteur nous déplaît ?

Doit-on s’interdire de lire Céline parce que le bonhomme a versé dans l’antisémitisme le plus abject, à une époque où les Juifs étaient exterminés dans des camps ? Céline a révolutionné la littérature française. Sans lui, pas de Boudard, pas de Cavanna, pas de Frédéric Dard, pas de Jacques Lanzmann, pas de Manchette, de Jonquet, pas d’Izzo, de Fred Vargas, et dans d’autres domaines pas de Michel Audiard, pas de Boris Bergman (donc pas de Bashung), pas de Bertrand Blier… Liste non exhaustive.

Et pourtant, comment réagirait la critique littéraire aujourd’hui si, mettons, on apprenait que Céline avait emprunté  le titre « Voyage au bout de la nuit » à un écrivaillon à compte d’auteur passionné d’astronomie ? Bon, ce serait prétexte à dire que Céline est encore plus pourri que ce qu’on croyait, mais ça ne changerait rien à son impact et à son importance sur la littérature du XXe siècle.

Où je veux en venir ? Nulle part. C’était juste une réflexion sur la propriété intellectuelle, qui n’est que juridique et ne change rien à l’art. Si aujourd’hui Julio Iglesias sortait une chanson appelée « Bolero », est-ce que l’oeuvre de Ravel en souffrirait ?

Ceci dit, faudrait que je le lise, ce prix Goncourt. Si ça se trouve, c’est nul et je m’excite pour rien.

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Addict ! Contrepoint (4)

Posted by Grégoire Abitan sur 10 décembre 2010

Après avoir longtemps hésité : mettre un commentaire assassin sous le billet « No future » de Lionel ou carrément rédiger un contrepoint ? (voire lui proposer un contre aux poings)…

C’est la deuxième solution que je retiens car je voudrais aller plus loin qu’une simple réaction.

À te lire, cher Lionel, on dirait bien que c’est tout un genre littéraire que tu rejettes (« Les auteurs de science fiction sont souvent des adultes mal grandis…« ), même si tu cites des exceptions.

Je ne vais pas défendre la SF car je ne m’y intéresse pas plus qu’à n’importe quel genre. Et d’ailleurs, le genre, pourquoi s’en préoccuper ? Prenons juste le temps de commencer à lire les premières pages d’un livre, et voyons si on accroche ou pas.

Un livre, c’est juste une porte vers ailleurs et faire des distinctions préalables c’est comme ne prendre que des chemins balisés par d’autres, ne parler qu’aux personnes de son entourage ou manger toujours la même cuisine… (Je semble m’en prendre à toi bien que je sache parfaitement que ce n’est pas ton cas, mais tu fais là un parfait « book émissaire » !)

Et s’il faut faire encore un coming out ici, c’est sans hésiter une seconde que je le fais : oui, je suis addict à la lecture ! Qu’importe la jaquette, pourvu qu’on ait l’ivresse ! Là, tout fait ventre, y compris la collection Harlequin (non, je retire, pas la collection Harlequin ! … Encore que, en cas de disette absolue, je suis certain que je pourrais lire n’importe quoi plutôt que de tourner en rond et rester en état de manque).

C’est à un point tel que je suis angoissé si je n’ai pas, à portée de table de nuit, trois ou quatre livres à lire (ou à relire même !). Cela ne veut pas dire que tout ce que je lis me laisse un souvenir impérissable, mais en parcourant de manière large les rayonnages d’une médiathèque ou d’une librairie, on fait des vraies découvertes. Appelons cela une approche horizontale. Puis, une fois qu’un auteur m’accroche, me captive (on devrait dire me capture) c’est un mouvement vertical qui s’opère : il me faut lire tout ce qu’il ou elle a écrit (de préférence dans l’ordre chronologique). Et ensuite ? Et bien, on recommence, un livre en amenant un autre, soit par ses thèmes, soit tout bêtement parce qu’il est placé là, juste à côté, sur le rack de retour de la médiathèque par exemple… Et c’est reparti pour un tour, une exploration, une évasion. Parfois il suffit d’un auteur interrogé à la radio, de l’avis d’une connaissance, d’une image sur la couverture pour me faire tenter l’expérience.

Aussi haut que je remonte dans le temps, il y a toujours des livres avec moi, et quelles que soient l’heure ou les obligations du lendemain (examen pendant les études, rendez-vous professionnels importants, conseil municipal, et oui, j’avoue ! ) rien ne m’a jamais empêché de finir un bouquin.

Comme pour toute addiction, je finis par adopter les comportements liés à la dépendance : il m’arrive souvent de commencer un nouveau livre aussitôt le précédent terminé, comme un fumeur qui allume sa cigarette avec le mégot de celle qui va s’éteindre (l’analogie s’arrête là car il nous manque une mention qui devrait être obligatoire sur les couvertures : « Lire améliore gravement votre santé »)

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Et maintenant, on fait quoi ?

Posted by Lionel Sugier sur 7 décembre 2010

Plus envie de parler de politique. Plus intéressant, plus intéressé.

Sur le plan local, les traditions se perdent : nos oppositions de « gauche » se recentrent (!) sur des thèmes généraux.

Les scribes d’Agir Ensemble se fendent de considérations nationales, prennent de la hauteur (on ne va pas le leur reprocher !) et oublient un peu leur fond de commerce qui était de casser du sucre sur le dos de l’équipe municipale en place, avec un humour acerbe et quelque peu amer.

Union et Dynamisme et le PS saint christolen tiennent tant bien que mal des blogs à peu près similaires, c’est à s’y tromper, et pondent un « Socialisto » qui, fait unique dans l’histoire de cette feuille de chou, ne dit pas un mot sur Clarté et Démocratie. Ils fatiguent, c’est un fait. Ou alors les « socialistes » privilégient l’élection de 2012, leur projet sur les retraites (hélas très proche de la loi récemment votée) en passant par les cantonales de mars prochain. Sans trop insister d’ailleurs : à Saint Christol ils ne sont pas vraiment fans de leur Mathéaud de candidat.

Que les oppositions nous oublient, ça nous fait des vacances, mais c’est moins stimulant…

Sur le plan régional, comment ne pas être légèrement agacé par le feuilleton de l’après-Frêche, qui apparaît d’ores et déjà comme un fiasco total, vu les problèmes de Bourquin, le successeur désigné, et de Navarro, par lui propulsé premier vice-président, comme si le fantôme du mentor tirait les ficelles depuis une sorte de paradis réservé aux politicards. (Les politicards démagogues ont de quoi se payer une place au paradis, même s’ils ne la méritent pas. Je les soupçonne même d’avoir créé un paradis parallèle, à eux seuls réservés, où l’éclaireur Frêche trône, attendant patiemment Allègre, Santini, Le Pen, Charasse, Sarkozy et d’autres pour monter une manière de club des Grosses Têtes insupportables, vulgaires et poujadistes, comme chez Bouvard, quoi…)

Enfin, si la majorité régionale voulait ouvrir un boulevard à la droite, elle ne saurait s’y prendre autrement…

Sur le plan national, pas grand’chose à espérer : entre un président aux abois qui met des mois à concocter un remaniement qui vraisemblablement ne l’intéressait pas (c’est plutôt un remaniement signé Fillon, non ?) pour aboutir à un pitoyable flop de chaises musicales, et un Parti Socialiste qui s’enterre dans de récurrentes guéguerres d’ego, ça commence à devenir pénible…

Plus envie de parler politique.

Alors pourquoi t’en parles, banane ?

Parce que je ne peux pas faire autrement. Parce que je ne lâche rien. Parce que je pense qu’après la formidable lutte contre la « réforme » rétrograde sur les retraites (qui se prolonge d’ailleurs un peu partout sous d’autres formes), il faut embrayer sur une perspective politique. Parce que je me dis comme ça en passant qu’une union est possible entre le Parti de Gauche, le Parti Communiste, leurs alliés déjà dans le Front de Gauche comme la Fase et la Gauche Unitaire, et des gens comme les Alternatifs ou le NPA, sans parler de syndicalistes et de gens non encartés, pour proposer à notre pays un ESPOIR. Un nouveau départ.

C’est peut-être pour l’instant un rêve. C’est sans doute prendre ses désirs pour des réalités. Mais si on essayait de la construire, cette ALTERNATIVE réellement excitante pour remplacer la fade et pâle « alternance » ?

Ça peut arriver plus vite que ce qu’on pense.

Préparons-nous. Préparons-la.

(Cela va sans dire, mais ça va mieux en le disant, ces propos n’engagent que leur auteur… C’est d’ailleurs valable pour tous les billets de ce blog.)

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Chassez le naturel…

Posted by Grégoire Abitan sur 5 décembre 2010

Il n’a pas fallu longtemps pour que mes prévisions se réalisent. Notre ministre de l’Économie numérique (et autres) vient de se prononcer pour l’interdiction en France de l’hébergement du site WikiLeaks. WikiLeaks, c’est le fameux site qui a livré cette moisson de documents confidentiels qui affolent aujourd’hui les services diplomatiques de nombreux pays.

Sans même entrer dans le détail et le fond de l’affaire, ni se poser la question de cautionner la démarche de WikiLeaks, comment ne pas réagir devant la formulation des propos de M. Besson ? (que décidément j’ai du mal à apprécier) :

« La France ne peut héberger des sites internet qui violent ainsi le secret des relations diplomatiques et mettent en danger des personnes protégées par le secret diplomatique…Elle ne peut héberger des sites internet qualifiés de criminels et rejetés par d’autres États en raison d’atteintes qu’ils portent à leurs droits fondamentaux. »

Incroyable ! Réussir en si peu de temps à nous recaser son discours en ayant changé de ministère, faut le faire ! Sa spécialité à lui, c’est le rejet et l’expulsion.

Avec lui au ministère de l’ Agriculture, finis les fromages hollandais, dehors les vaches étrangères si elles se mettent à ruminer de travers ! Le ministère de la Santé ? Ce sera quand il faudra exclure du système de santé tous les malades qui coûtent cher, qui sont trop vieux ou pas bien de chez nous.

Aujourd’hui sa cible est le site Wikileaks, demain ce sera qui ? Il peut expulser sans crainte car qui va venir au secours de quelques atomes de silicium ? Mais, bit après bit (on ne sourit même pas !), c’est encore un peu d’espace de liberté qui se retrécit…

En complément de cet article : voici le lien vers la copie complète du courrier adressé par Mr Besson telle qu’elle nous est livrée par le site « lepost.fr ». Vous constaterez que ce sont aussi des moyens d’actions que cherche le ministre, sans doute pour d’autres situations « similaires » à venir .

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