Le Blog-Notes

Une pensée libre

Archive for août 2016

La plus belle chanson du monde de la semaine (29)

Posted by Lionel Sugier sur 15 août 2016

note bossa

La rua Madureira, par Nino Ferrer, paroles de Nino Ferrer, musique de Nino Ferrer et Diane Beretta, sur l’album Nino Ferrer, appelé aussi Agata (1969).

Nino aurait 82 ans pile aujourd’hui.

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Le choix des mots

Posted by Lionel Sugier sur 10 août 2016

genocide

Les responsables des attentats qui ensanglantent la France (et de nombreux autres pays) depuis quelques mois sont qualifiés par nos medias et nos responsables politiques de « terroristes islamistes ». Cette appellation ne semble gêner personne, et paraît naturelle. Permettez-moi, même si je suis ultra minoritaire, de la remettre en cause.

D’abord le mot « terroriste ». Je pense que, lorsqu’il y a conflit armé ou guerre civile quelque part dans le monde, que ce soit aujourd’hui ou hier, il y a toujours un groupe de combattants appelés terroristes par leurs ennemis. Les résistants, dans les années 40, étaient qualifiés de terroristes par les nazis et les pétainistes. Les Palestiniens aujourd’hui sont des terroristes pour l’état d’Israël, alors que le gouvernement de ce pays pratique, avec l’une des plus puissantes armées du monde, ce que d’autres appellent le terrorisme d’État.

On est toujours le terroriste de quelqu’un. Pour sauver la Révolution française, Robespierre n’a-t-il pas instauré la Terreur ?

Dans les années 1970, certains mouvements se réclamant de l’extrême gauche, comme la Fraction Armée Rouge en Allemagne (plus connue sous le nom de « bande à Baader »), les Brigades Rouges italiennes ou ici le groupe Action Directe n’ont-ils pas été catalogués terroristes ? C’est vrai qu’ils ont tous plus ou moins tôt dans leur brève histoire prôné la lutte armée, mais la répression en face n’a-t-elle pas été terrible ?

Utiliser le mot « terroriste » pour les assassins endoctrinés plus ou moins affiliés à Daech me paraît assez ambigu.

Vous me direz, oui, d’accord, mais là, dans le cas présent, on ajoute « islamiste ».

Et je vous répondrai que ça, ça m’ennuie encore davantage… « Islamiste », ça renvoie à « islam ».  Ça y fait immédiatement penser.

Or ces meurtriers et leurs commanditaires n’ont rien à voir avec l’islam. Mieux même : ils déshonorent cette religion, qui se veut religion de paix. Lorsque les martyrs de Daech invoquent Allah au moment de mourir, ce n’est pas Allah, ce n’est pas celui de 99,99% des musulmans, c’est une fausse idole qu’une secte mortifère leur a mise dans la tête.

Non, les assassins de Toulouse, de Charlie, de l’Hyper Cacher, du Bataclan, des terrasses parisiennes, de Nice mais aussi de Tunisie, de Syrie, d’Irak et d’ailleurs, sont des assassins, point barre. Dans le monde, la majorité de leurs victimes sont des musulmans !

Un terme approprié serait peut-être génocidaires.

Dans un récent Télérama, le psychiatre et anthropologue Richard Rechtman plaide pour l’anonymat des meurtriers, et assimile leurs crimes de masse (Paris, Nice, Mossoul, Raqqa…) à un génocide, les comparant au massacre des Juifs et des Tsiganes par les nazis (années 40), au massacre des Arméniens par l’Empire ottoman (1915/1916), au massacre des Tutsis par les milices hutues au Rwanda (1994), au massacre par les Khmers rouges de leur peuple au Kampuchéa démocratique -aujourd’hui Cambodge- (entre 1975 et 1979), au massacre de Bosniaques par les Serbes de Bosnie à Srebrenica (1995)… On tue ceux qui sont différents, qui sont « impurs » ou ne « méritent » pas de vivre, et on les tue en masse. On tue le maximum de personnes de sa propre espèce (l’espèce humaine) : on pratique un génocide.

 

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La plus belle chanson du monde de la semaine (28)

Posted by Lionel Sugier sur 8 août 2016

t shirt gainsbourg

Je suis venu te dire que je m’en vais, écrite, composée et interprétée par Serge Gainsbourg, sur son album Vu de l’extérieur (1973).

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Ne plus nommer les assassins

Posted by Lionel Sugier sur 7 août 2016

sens interdit

Aujourd’hui, un débat a lieu au sein des medias pour savoir s’il faut donner les noms des meurtriers se réclamant de Daech (ou bien des meurtriers dont Daech se réclame…).

En janvier 2015, j’ai publié sur ce blog les noms des victimes des attentats visant Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher.

Si on met à part les noms des dessinateurs ou auteurs célèbres de Charlie ( Cabu, Wolinski, Charb, Honoré, Tignous, Bernard Maris), je défie quiconque de citer spontanément le nom de l’une des autres victimes. Sans parler de celles de l’Hyper Cacher. Alors que tout le monde se souvient des noms des assassins, les deux frères et l’autre, que je n’ai jamais cités et ne citerai jamais.

En mars 2012, trois militaires et quatre civils (dont trois enfants) ont été tués à Montauban et Toulouse par un seul homme. Qui se souvient des noms des victimes ? Presque personne. Pourtant elles n’étaient pas nombreuses (bien que toujours trop) et on pourrait avoir retenu leurs noms… Alors que chacun(e) garde en mémoire le nom du sinistre assassin.

Il y a aujourd’hui un débat autour de la question suivante : faut-il continuer à donner les noms des meurtriers, à évoquer leur passé, leur parcours ? Faut-il continuer à interviewer leurs parents, leurs frères et soeurs, leurs voisins ?

Pour moi la réponse est claire : c’est non.

Ces types, ces assassins, croient en la vie éternelle. Ils pensent qu’après leur mort, ils pourront regarder de « là-haut » ce que l’on montre d’eux sur la Terre. Ils pensent pouvoir jouir de leur célébrité posthume. Quant à leurs complices ou leurs commanditaires vivants, ils ne peuvent que se réjouir de la publicité faite aux martyrs de leur cause.

Oui, je pense qu’il faut arrêter de citer leurs noms. Sans pour cela cesser d’informer sur leurs actes ignobles, sans pour cela cesser de se réunir pour montrer notre détermination face à ces actes.

Mais pourquoi leur faire de la publicité ? Au nom de l’information libre ? Et si les journalistes friands de scoops essayaient un peu de réfléchir, et se demandaient finalement à qui profitent leurs articles ?

Et en quoi la relation d’un crime de masse, dû à un assassin décérébré, perdrait-elle sur le plan informatif si on ne donnait pas son nom ?

Si on parlait plus des victimes que du meurtrier ?

 

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