Le Blog-Notes

Une pensée libre

Archive for avril 2017

Pourquoi t’as fait ça ?

Posted by Lionel Sugier sur 24 avril 2017

Pourquoi t’as fait ça ?

Pourquoi t’as voté Benoît Hamon ?

Tu sais qu’on a perdu cinq ans, là ? Que c’est à pleurer, ton vote Hamon ?

Mélenchon fait 19,6 % des voix au premier tour. La fille Le Pen fait 21,4. Macron 23,9. Hamon 6,3.

Il aurait suffi d’un mot. Quand Hamon s’est aperçu qu’il descendait irrémédiablement dans les sondages, il aurait suffi qu’il dise un mot.

Bien sûr, depuis le brexit, depuis Trump, on se méfie des sondages. Mais quand il y a plus de 10% d’écart, on a tendance à savoir qui des deux (Mélenchon, Hamon) est vraisemblablement le mieux placé. La chance pour la gauche d’être au second tour de l’élection présidentielle, c’était quand même, et depuis quelques semaines, le vote Mélenchon.

À moins de considérer que Macron soit de gauche, mais bon, lui-même dit un coup qu’il est ni de droite ni de gauche, un coup qu’il est et de droite et de gauche, donc on va bientôt avoir un président de nulle part, ce qui va beaucoup clarifier les choses…

Revenons à Hamon et Mélenchon. Si le premier avait clairement dit qu’il se retirait de la course à la présidence, vu ses faibles chances de l’emporter, si même seulement ne serait-ce que la moitié de ses électeurs s’était reportée sur Mélenchon, au soir du premier tour celui-ci serait à près de 23 %.

Donc au second tour.

Quand je dis que j’ai décidément beaucoup de mal avec les socialistes, on me reproche de m’attaquer à mon propre camp, la gauche. Mais quelle gauche ?

Les socialistes, parfois j’aurais bien envie qu’on ne me parle plus d’eux. Ils ont réussi à éliminer politiquement tout ce qui était plus à gauche qu’eux. Et ils continuent.

Encore une fois, à cause d’un frondeur qui n’a jamais été foutu de mettre un caillou dans sa fronde, Benoît Hamon, on n’accède pas au second tour. Et on nous somme de voter pour un libéral pur jus, Emmanuel Macron, qui va achever ce que la Hollandie sociale-démocrate a commencé. Et la Sarkozye juste avant.

Le 7 mai, votez ce que vous voulez, moi, je suis tenté de ne pas y aller. De m’abstenir. Et cela ne m’est pas arrivé depuis très longtemps. Qu’on ne vienne pas me faire la morale avec ceux qui se sont battus, qui sont morts pour qu’on ait le droit de vote : aujourd’hui nombre d’entre eux se retournent dans leur tombe quand ils voient le choix qu’on a ! Et ils se rendorment. Ils meurent une deuxième fois.

Il y a aussi la solution du vote blanc ou nul. Mais ils ne sont pas comptabilisés dans les pourcentages, alors…

Vous voulez choisir entre l’intolérance et l’ultra libéralisme ? Moi je choisis pas. Qu’on ne vienne pas me dire après que j’ai pas à me plaindre si je n’ai pas voté. Je rejette déjà les deux options, avant de voter. Et je continuerai après, à les rejeter. Et je viendrai me plaindre, un peu que je viendrai me plaindre !!!

J’espère vous retrouver dans la rue, très vite.

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J’comprends plus rien

Posted by Lionel Sugier sur 2 avril 2017

Pour la première fois dans l’histoire du syndicalisme, la CFDT (décrite par les media comme un « syndicat réformiste, ouvert au dialogue ») devance aux élections professionnelles, dans le secteur privé, la CGT (décrite par ces mêmes media comme un « syndicat contestataire, flambeau de la lutte des classes »). Et de se réjouir de cette nouvelle donne.

Voilà. C’est comme ça. Quand la CGT était majoritaire, les media insistaient sur le fait que bon, de toutes façons, il y avait tellement peu de travailleurs syndiqués que ce résultat ne voulait strictement rien dire, puisque les syndicats n’étaient pas représentatifs. Aujourd’hui que la CFDT se retrouve en tête, on salue ce fait comme un événement historique.

Ça encore, je le comprends. On sait vers qui penchent les media dominants, c’est-à-dire tous sauf Politis, le Diplo, le Canard et quelques autres… Ce que je comprends moins, c’est qu’un an après la grande mobilisation contre la loi El Khomri, ses manifs impressionnantes et ses Nuits debout, la CFDT (favorable à la loi) décroche aujourd’hui le pompon. Est-ce à dire que dans ces manifs, on a cru être nombreux mais on ne l’était pas tant que ça ?

Autre chose que je ne comprends pas (enfin, peut-être que je fais juste semblant de ne pas comprendre) : un candidat à l’élection présidentielle, gagnant de la primaire socialiste, est lâché par bon nombre de membres de son parti (notamment l’ancien Premier ministre, excusez du peu) qui avaient pourtant promis de se ranger derrière le vainqueur. Ces socialistes déloyaux rejoignent et soutiennent un candidat même pas issu de leurs rangs mais qui fut un temps le chouchou du Président. Un type qui se dit parfois ni de droite ni de gauche, c’est-à-dire surtout pas de gauche, parfois et de droite et de gauche, c’est-à-dire de partout et de nulle part. Comment faire confiance à des gens pareils ? Surtout quand le candidat en question obtient les soutiens de tout le monde et de n’importe qui, depuis Robert Hue jusqu’à Christian Estrosi, en passant par Bayrou et Cohn-Bendit (peut-être espèrent-ils un ministère). On voit bien que ce Macron sera le continuateur de la politique actuelle, en principe rejetée par les Français, et pourtant il caracole en tête des sondages.

Encore un truc incompréhensible : comment peut-on trouver encore si nombreux des élus et des électeurs qui soutiennent des candidats comme M. Fillon et Mme Le Pen, enfoncés jusqu’au cou dans des affaires de fric qui sont les signes de leur foncière malhonnêteté ? Est-ce la peine de développer ? Tout le monde est au courant, non ? La famille Fillon en spécialistes d’emplois fictifs, les costumes, les montres… La famille FN qui fustige l’Europe et qui profite de son Parlement pour financer le parti… Et les « affaires » ne font que commencer…

Dernière chose que j’ai beaucoup de mal à comprendre : quand un candidat (Mélenchon) a un programme en béton, qu’il a lancé avec des citoyens dans un travail qui dure depuis plus d’un an, en partant de propositions de transformation de la société élaborées dès 2012, pourquoi un autre candidat (Hamon), vainqueur surprise d’une primaire très récente, abandonné par son parti, déclinant dans l’opinion, demande-t-il au premier de se ranger derrière lui ? Qui des deux a le programme le plus élaboré, réfléchi, longuement pensé ? Qui des deux a la carrure ? Qui des deux est le plus préparé ? Qui des deux devrait se ranger derrière l’autre ?

Bien sûr on aimerait qu’il n’y ait qu’une seule candidature à gauche au premier tour (je salue Poutou et Arthaud mais je considère, comme eux d’ailleurs, que leur participation est anecdotique), bien sûr on sait, mathématiquement, que les voix combinées de Mélenchon et Hamon peuvent permettre l’accès au second tour, mais bon, voilà, ça n’a pas l’air de vouloir se faire, je ne comprends pas, et vous ?

Il y a tellement de choses que je ne comprends pas, tellement de choses que plus personne ne comprend, y compris les postulants à la Présidence de la République…

« C’est quand qu’on va où ? »

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