Le Blog-Notes

Une pensée libre

Archive for mai 2010

Y’a-t-il anguille sous roche ?

Posted by Grégoire Abitan sur 30 mai 2010

C’est qu’il est très gentil, lui. Jamais un mot déplacé, jamais de polémiques, jamais d’invectives. Mais sous ses allures de gendre idéal ne l’oublions pas, Jean-Charles Bénézet est bien présent et il représente bien la droite ici à Saint Christol lez Alès.

Si l’expression « faire l’âne pour avoir du son » prend un sens, c’est à son sujet. Chacune de ses interventions en Conseil Municipal commence de la même manière : « Je pose la question, c’est certainement bête mais  …« . Ce n’est jamais bête, bien au contraire c’est calculé et toujours bien dosé. Et quand il fait rire l’assemblée à ses dépens, il rit également avec bonne humeur (on chanterait presque avec lui « For he’s a jolly good fellow »).

Nous ferions une sacrée erreur d’analyse politique en sous-estimant ses objectifs sous prétexte qu’il est seul. Il aura réussi, mine de rien, à intervenir à chaque fois qu’il est question de sécurité, de délinquance, de logements sociaux. « Je pose juste la question … » et aucune des thématiques chères à la droite n’est oubliée. On ne saurait mieux baliser son parcours.

Tout laisse penser que la partie UMP qui se détache de son union avec les représentants de l’ancien maire va le rejoindre et le soutenir. Dès lors, ce sera tout le mouvement UMP du bassin alésien (Max Roustan en tête) qui soutiendra celui qu’aujourd’hui on prendrait presque en pitié !

On risque de payer cher l’absence de positionnement politique clair d’une partie de la gauche locale qui n’est pas encore sortie des élections municipales de 2008 et qui s’enfonce de plus en plus dans un discours de frustration et de rancoeur. De ce côté là, il faudrait que la vieille garde cède définitivement la place à d’autres.

Il y a certainement moyen de travailler ensemble si on sort du jeu celles et ceux qui ont fait leur temps.

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Plaisir matinal

Posted by Grégoire Abitan sur 26 mai 2010

Les 7 péchés capitaux, photographie de René Maltête ©

Rassurez-vous ! Ce blog ne change pas de catégorie et il est inutile de regarder derrière vous pour vérifier que vous êtes bien seul(e).

Je vais vous parler d’une découverte, un coup de coeur, un coup de poing.

Un écrivain qui suit sa route, totalement indifférent à l’image qu’il peut donner et totalement différent des autres écrivains. Un style condensé, précis mais à la fois très poétique. Chacun pourra y trouver son content, je me régale à y déguster les situations insolites qu’il met en pages, surtout qu’à chaque fois on se fait piéger en douceur, ce qui paraissait insolite est en fait notre quotidien, tout simplement.

Ce sont deux billets de Lemi, sur le site d’Article XI qui m’ont ouvert la voie. Vous pouvez les lire en cliquantici et également . (Je corrige, vous devez les lire !)

Je n’ai rien à y rajouter, ce serait superflu (attention, je n’ai pas dit superfétatoire !)

S’il reste discret, Eric Chevillard n’en est pas moins inscrit dans notre temps, il possède son propre site. Mais surtout, surtout, il s’est lancé dans la tenue quotidienne d’un blog, l‘autofictif, (lequel blog devenant saison après saison un livre…) et c’est justement sur ce blog que je voulais attirer votre attention.

Voici comment l’auteur en fait lui même la présentation :

« En septembre 2007, sans autre intention que de me distraire d’un roman en cours d’écriture, j’ai ouvert un blog, quel vilain mot, j’ai donc ouvert un vilain blog et je lui ai donné un vilain titre, plutôt par dérision envers le genre complaisant de l’autofiction qui excite depuis longtemps ma mauvaise ironie.

Rapidement j’ai pris goût, et même un goût extrême, à cet exercice quotidien d’intervention dans le deuxième monde que constitue aujourd’hui Internet et à ces petites écritures absolument libres de toute injonction.

Mon identité de diariste est ici fluctuante, trompeuse, protéiforme. Je me considère à mon tour comme un personnage, je bascule entièrement dans mes univers de fiction où se rencontre aussi, non moins chimérique, le réel. Je ne m’y interdis rien, c’est le principe, ni la sincérité ni la mauvaise foi, ni même à l’occasion l’assassinat.

Ces pages pourront être lues ainsi comme la chronique nerveuse ou énervée d’une vie dans la tension particulière de chaque jour. »

Il y a donc un billet par jour dont la structure reste la même jour après jour, trois paragraphes plus ou moins courts, trois images qui se forment dans votre tête, trois déclics qui viennent parfois tardivement, trois émotions que l’on reconnaît avoir ressenties également, bref trois phrases qui nous parlent au coeur ou aux tripes.

L’autofictif va désormais figurer dans la liste des liens sur la gauche de cette page, vous pourrez comme moi, chaque matin y lire en quelques lignes ce condensé d’humour, d’humeur et de poésie qui rend la journée à venir plus intense.

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Pour une poignée de dollars…

Posted by Lionel Sugier sur 23 mai 2010

Il y a des jours comme ça où on en a un peu marre.

Aujourd’hui, par exemple, j’en ai marre des contre-vérités, marre de la démagogie, marre des Bonnie and Clyde de Saint Christol qui ne sont pas guéris d’avoir perdu les élections (2 ans déjà de rancoeur stérile et de haine desséchée).

Au départ, il y a  l' »affaire » (montée de toutes pièces) des indemnités des élus.

Comme adjoint, je touche mensuellement 493€81. Pour faire mon travail correctement, je demande à mon administration (l’Éducation nationale) à bénéficier d’un certain nombre d’heures, le « crédit d’heures pour mandat électif », que je n’assure pas auprès de mes élèves (aide personnalisée, qui est effectuée par une collègue, et heures de formation). Ces heures non accomplies sont retenues sur mon salaire, je ne peux pas dire de combien, puisqu’aujourd’hui on ne m’a encore rien prélevé, ça va venir plus tard et peut-être en une seule fois… Je me ferai un plaisir de vous tenir au courant.

J’aimerais savoir combien touchaient Mme Coulet et M. Monier quand ils étaient adjoints, et indexer cette somme au coût de la vie depuis deux ans pour mesurer la différence… Déclaraient-ils ces heures auprès de leur employeur comme crédit d’heures non rémunérées pour mandat électif ? Sinon, comment conciliaient-ils travail efficace d’adjoint et vie professionnelle ?

Jusqu’en 2004, Mme Coulet percevait une indemnité du Conseil Régional, au sein duquel elle était élue. Cumulait-elle cette indemnité avec celle d’adjointe au maire, ou bien n’en percevait-elle qu’une ? Je ne sais pas. Je pose la question.

M. Sirvin était un maire généreux et désintéressé. Gloire à lui.  Avec sa paie de prof certifié, c’était facile. Philippe Roux ne gagne pas ce que gagnait M. Sirvin.

En arrivant à la mairie, nous avons juste décidé de toucher les indemnités que l’État nous autorisait généreusement à percevoir, ni plus ni moins. Et nous n’avons rien augmenté depuis ! Surtout pas cette année, comme les Roméo et Juliette de la Poujade tentent de le faire croire.

Plus généralement, je pense qu’il manque en France un véritable statut qui permettrait à tout citoyen, à toute citoyenne élu(e), travaillant dans le public comme dans le privé, de quitter provisoirement son emploi pendant la durée de son mandat tout en touchant son salaire de base, sans indemnité supplémentaire, puis de lui permettre d’être réintégré(e) avec avancement minima une fois le mandat achevé. Tous les candidats, de gauche, de droite et du centre qui sont venus « draguer » les élus locaux à l’occasion des élections sénatoriales nous avaient promis de mettre en priorité cette question sur le tapis une fois sénateurs. On attend encore.

Au lieu de nous attaquer de manière poujadiste et démagogique sur le fait que nous nous « gavons » d’indemnités sur le dos des contribuables, des élus responsables devraient se battre avec nous pour demander un vrai statut de l’élu.

Grégoire rappelle sur le n°1 de notre nouveau bulletin municipal « À Saint Christol » que, sur 100€ d’impôts perçus par la commune, 49€ sont destinés aux frais de personnel, 39€40 au fonctionnement général de la mairie, 9€80 au remboursement de la dette, et 1€90 aux indemnités de tous les élus, maire compris (et charges sociales incluses). Un euro quatre-vingt-dix !

Je précise que je ne mets pas dans le même sac la Héloïse tête de liste vaincue et son Abélard de mari, avec tous ceux qui se sont présentés sur leur liste. J’éprouve un réel plaisir à travailler avec plusieurs personnes qui les ont suivis en 2008 et qui savent aujourd’hui que, comme pour tout citoyen, les portes de la mairie leur sont grandes ouvertes. Ils ont à coeur la vie de Saint Christol, peu importe qu’ils se soient présentés sur une liste concurrente. On continue à les voir, très actifs, très positifs, dans les associations, les offices municipaux, les événements, contrairement aux deux vieux mariés qui étaient partout pendant la campagne électorale et qu’on ne voit plus nulle part aujourd’hui.

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Coming out !

Posted by Grégoire Abitan sur 21 mai 2010

J’aime le foot !

J’aime regarder le foot !

Je sais, je vais en choquer pas mal, mais j’y peux rien et maintenant c’est dit !

Attention, ne soyons pas naïf, je sais bien qu’aujourd’hui c’est plus une grosse affaire de fric qu’un vrai moment sportif et je hais positivement ces joueurs vedettes immatures, n’arrivant pas à aligner trois phrases grammaticalement correctes mais qui conduisent leurs bolides de marques de boîtes de nuit en boîtes de nuit, et pour qui la vie sans gel coiffant  est quasi-impossible. J’en passe et des meilleures, l’actualité nous en montre assez et je ne comptais pas faire un billet de mauvaise humeur.

Non, ce que j’aime regarder, c’est tout ce qui entoure le cérémonial d’un match. L’arrivée des joueurs, le tirage au sort pour le côté du terrain, l’air grave de certains et l’air inconscient des enjeux des autres, les rites mis en oeuvre pour conjurer le mauvais sort (rites qui le plus souvent n’empêchent pas de rater le pénalty à la toute fin de la rencontre), et bien sûr le jeu lui-même, tout cela ne cesse de me captiver. Et depuis longtemps !

C’est inévitable quand on a grandi à Marseille !

Le foot, c’est aussi le souvenir de moments très forts quand mon père m’emmenait au Vélodrome. Avoir vu jouer mes idoles d’alors ( je ne les cite même pas car qui se rappelle d’Escale, de Carnus, de Couecou ? ). Il n’y avait pas de vrais sièges, juste des gradins en ciment et on devait se munir de coussins en papier qui finissaient par voler en confettis…Le foot c’était le sport que nous voulions tous pratiquer, et donc la source de bien des joies et de déboires. Mais ce n’est pas non plus un billet nostalgique.

Alors, aujourd’hui, on le sait, le contexte n’est plus le même, mais pour les gosses, ça ne changera rien ! Quand on « joue » à 8 ans ou à 12 ans, on ne pense qu’à s’identifier à ses joueurs préférés (même si, hélas, on se croit obligé de consommer les produits dont ils font la réclame), quand on regarde le foot, on ne pense qu’à la force des émotions que peut créer une rencontre à suspense, quand dans les dernières minutes tout peut encore basculer.

En fait, c’est un simple billet de bonne humeur, dédié aux gosses d’hier et d’aujourd’hui. Pas plus.

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Vite et bien

Posted by Lionel Sugier sur 18 mai 2010

Un slogan (sans doute de mai 68) entendu le dimanche 9 mai 2010 sur France Inter, cité par Geneviève Brisac (photo ci-dessus), dans Eclectik, l’excellente émission de Rebecca  Manzoni :

 » La culture, ça coûte cher et ça ne rapporte rien. Essayez l’ignorance. »

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Où cours-je ? Dans quel état j’erre ?

Posted by Grégoire Abitan sur 15 mai 2010

Pour certains ça commence tôt le matin, dès le lever, un coup d’oeil sur les mails, une dernière vérification de la liste des courriers à faire partir. Pour d’autres, c’est entre midi et treize heures, instants volés sur le repas entre deux moments de travail. Pour d’autres encore, plus libres de leur temps, ça a déjà commencé dans la petite boulangerie, acheter le pain et le journal ne sont finalement que des prétextes pour aller au devant des autres et les écouter.

Après il faudra trouver le moyen de passer dans nos bureaux d’élus, rencontrer les agents avec lesquels on oeuvre, se rendre compte de l’avancée des dossiers. C’est curieux de constater comme le rythme d’une collectivité est irrégulier. A certains moments, tout file comme cette fuite de pétrole dans le golfe du Mexique et on essaie sans succès de retenir et canaliser les éléments, à d’autres, tout semble enlisé dans la bureaucratie et chaque avancée nous replace devant un nouvel obstacle administratif.

Certes, la feuille de route, on l’a. C’est le programme qui nous a permis d’être élus, c’est ce qu’on perçoit comme attentes quand on rencontre les gens, c’est ce que l’on élabore lors des réunions du bureau municipal (tous les mardis de 18 h à … en principe 21 h, le plus souvent bien après). Mais si chacun a sa feuille de route, il n’y a qu’un seul sablier dans lequel doivent s’écouler ces grains de sables que sont nos petites actions alors forcément, parfois ça coince.

On voit ainsi des semaines durant lesquelles se réunissent des commissions tous les soirs (avec parfois plusieurs commissions le même jour), on se retrouve contraints de revenir pour réfléchir et se concerter plus efficacement des journées entières (journées que, pour nous motiver parce qu’elles ont lieu des samedis ou des dimanches, on appellera un peu pompeusement  « séminaires »). En plus, une fois par mois environ, c’est le Conseil Municipal. On jongle donc avec son agenda (je ne sais plus qui, parmi nous, a dit un jour « La première chose importante à acheter comme matériel quand t’es adjoint c’est un crayon et une gomme pour ton agenda… ») On jongle aussi avec sa famille (combien d’enfants d’élus en viennent à détester la politique ? ). On jongle aussi avec son travail parfois.

Rajoutons pour faire bonne mesure la participation, volontaire ou non, à l’ensemble des manifestations qui se déroulent sur la commune. On aime ou on n’aime pas mais on ne peut s’y soustraire. Heureusement, les centres d’intérêts de chacun sont complémentaires et une fois admis le principe que le Maire n’est pas obligé d’être partout et qu’il a le droit de déléguer vraiment, on arrive à rester présents partout sans se forcer.

Et si cela commence tôt pour la plupart, c’est loin d’être fini le soir ! Rentrés du travail, rentrés de réunion, rentrés à la maison, bref une fois à l’abri, il ne faut pas négliger le temps nécessaire pour faire le point, préparer la suite de la semaine et s’informer de l’état des autres collègues. Alors on rallume l’ordinateur, on se connecte à nouveau à cet outil de liaison que nous avons créé pour rester en contact permanent et on voit avec un peu de découragement que Lionel a déjà écrit 12 messages et nous pose plein de questions, que Christophe rencontre bien des problèmes sur tel ou tel dossier d’urbanisme et fait appel cordialement à notre avis, que William rend compte d’une réunion compliquée à l’Agglo, que Véro nous demande une opinion sur une liste de tarifs pour le secteur scolaire, que Marion nous transmet des comptes-rendus importants à lire, sans oublier Anne-Sophie ou Sylvie ainsi que Domi et Nicette et Jean-Claude et je sais bien que je n’ai pas cité tout le monde.

Bref, encore de (très) longues heures à lire, répondre et apporter des idées, demander des éclaircissements plus une autre heure à lâcher un peu la pression et, oui, je l’avoue, à dire plein de bêtises qui ne nous mènent nulle part mais qui font un bien fou. Bon allez, on va se déconnecter. (Quoi ? Il est déjà 1 h 40 ? Donc on est déjà demain et ça va pouvoir recommencer ?)

Vous avez remarqué ? Je ne fais pas un cas à part pour le Maire (dans nos débats, il est l’un de nous, sans plus), pourtant il le faudrait car en plus de tout ce que j’ai décrit, il doit assumer d’être en première ligne et sur le pont quasiment 24 heures sur 24.

Vous avez remarqué ? Pas une seule fois nous ne nous plaignons (en tous cas ce n’est pas le but de ce billet, bien au contraire). Nous avons choisi de participer à la gestion de la commune et c’est passionnant.

Vous avez remarqué ? Plus que tout, c’est la perte de ce rythme, c’est de ne plus être acteur de cette vie intense qui sont les premières causes de la frustration de la plupart de nos opposants. Pourtant il faut leur rendre hommage, parmi eux, beaucoup ont également donné ainsi de leur temps de vie (bon d’accord, pas beaucoup et pas vraiment ainsi) et chacun d’eux, s’ils nous lisent, a reconnu là un peu de cette ambiance qui règne au sein d’une équipe d’élus en charge d’une collectivité.

Alors je n’insiste pas… mais sincèrement, c’est aussi ça la politique non ?

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Ces livres sont des pavés

Posted by Lionel Sugier sur 12 mai 2010

J’ai une copine, elle s’appelle Dominique, elle a lu tout Proust.

Et même y a des trucs qu’elle a relus. J’ai essayé « Du côté de chez Swann », j’ai arrêté dans l’église page 30 ou 40.

J’avais une amie, elle s’appelait Aurore, elle avait lu tout Faulkner. Je me suis envoyé trois romans de Faulkner, c’est difficile à lire, mais c’est absolument fabuleux.

Moi, j’ai lu tout Céline. Sauf « Bagatelles pour un massacre » et « Féérie pour une autre fois », parce qu’il faut pas exagérer non plus.

Il y a comme ça des pavés. Des pavés qu’on prend dans la gueule et qui changent votre vie. Un jour, je sais pas pourquoi, j’ai lu « Ulysse » de James Joyce. Je serais curieux de savoir quel pourcentage de personnes vivantes ont lu entièrement « Ulysse » de James Joyce.

Ce bouquin paru en 1922 est proprement illisible. Pourtant je l’ai lu 2 fois. D’abord dans la traduction de 1929 d’Auguste Morel, assisté de Stuart Gilbert, Valéry Larbaud et Joyce lui-même. Ce fut un choc. Près de 1200 pages de délire, de folie, un essai d’embrasser toute la littérature, tous les styles, tentative évidemment impossible et considérée comme un échec par l’auteur.

En 2004, une nouvelle traduction est parue, mobilisant 8 traducteurs avec un seul chapitre pratiquement inchangé par rapport à 1929.

Ce bouquin raconte une journée de M. Bloom dans le Dublin des années 20. Il paraît qu’aujourd’hui en Irlande, chaque année à Dublin on fête le Bloom’s Day, et on suit à la trace les faits et gestes des personnages principaux du roman. Il y a entre autres les déambulations intello-éthyliques de Stephen Dedalus, double de l’auteur, de certains de ses amis, et des personnes de l’âge de ses parents, la génération précédente.

Joyce était un grand malade. Une espèce de fou qui voulait atteindre le sommet de la littérature universelle. Si on a des activités, un boulot, des enfants, on met à peu près six mois à lire « Ulysse », le soir dans son lit. Plus on lit, moins on comprend, et pourtant c’est jubilatoire : on touche la nature humaine jusqu’au tréfonds, on côtoie la lubricité, l’envie, le désir de puissance, le mépris des classes « inférieures », la cupidité. Personne ne sort indemne d’une telle description de la société. Et pourtant il y a beaucoup de sensualité, beaucoup de compassion, beaucoup d’humanité dans ce texte foisonnant, très travaillé, trivial et magnifique à la fois.

Ceux qui ne connaissent pas Joyce ne doivent pas l’aborder par ce livre. Je leur conseille de commencer par « Gens de Dublin » (« Dubliners »), un recueil de nouvelles antérieur. John Huston en a adapté au cinéma le dernier récit sous le même titre, c’est poignant.

Après on peut se lancer dans « Ulysse ».

Joyce a écrit plus tard « Finnegan’s Wake », il paraît que c’est encore plus abscons qu' »Ulysse ». Je ne l’ai pas lu. Je le lirai un jour. Si Zeus me prête vie. Et je pense que j’éprouverai en le lisant le même plaisir et la même délicieuse souffrance que j’ai eus avec « Ulysse ».

Marchez dans la beauté.

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Ce livre n’est pas un pavé

Posted by Lionel Sugier sur 9 mai 2010

Le procédé littéraire qui consiste à décrire un événement, une existence, un pan de l’histoire du point de vue d’un enfant n’est pas nouveau. Mais connaissez-vous mai 68 à travers le prisme de l’enfance ? Pascale Bouchié au texte et Yvan Pommaux aux dessins (il a aussi collaboré au scénario) nous en offrent un bel exemple, aux éditions de l’École des loisirs, qui publient ces livres pour enfants que nombre d’adultes seraient bien inspirés de lire.

La littérature jeunesse offre de véritables trésors. À titre d’exemple, je tiens « Le chat de Tigali » de Didier Daeninckx (éditions Syros, je crois, initialement « Souris Noire ») pour un des plus beaux livres écrits contre le racisme et le colonialisme. Certains ouvrages estampillés « jeunesse » de Daniel Pennac sont meilleurs que d’autres qu’il écrivit pour des lecteurs adultes.

Mais revenons à mai. C’est donc un album soi-disant pour enfants intitulé Véro en mai, qui court de 1939 à 1969, de la deuxième guerre mondiale aux premiers pas de l’homme sur la Lune. Le personnage principal (Véronique) naît page 9, en 1959. On y parle tour à tour de la guerre, des colonies, de l’immigration indispensable pour reconstruire (sans occulter les bidonvilles), du droit de vote des femmes, et on arrive rapidement à l’année 1968.

C’est un véritable voyage, très précis, dans ces années-là. Chaque double page est un régal de détails : les meubles, les immeubles, les émissions de télé, les journaux, les héros, le mode de vie, le formica, les couches lavables,  la bibliothèque rose, les voitures, les boutiques… De Gaulle, Tintin, Astérix, Zorro, la Piste aux Étoiles, Nounours, les Shadoks… Et en même temps l’histoire d’une famille banale de cette époque défile souplement, vous êtes à la fois dans un documentaire sans lourdeur et une fiction sans futilité. Les coiffures, les lunettes, les fringues des personnages sont conformes, on s’y croirait…

Arrive mai, et on rencontre toutes les sensibilités : le lycéen-presque-étudiant frère aîné de Véro qui plonge dans le mouvement, les parents de gauche partagés entre inquiétude et envie, la famille avec les grands-parents bienveillants et un peu largués, l’oncle et la tante réacs (super repas de famille pages 30 et 31)… Et l’enfant qui garde sa naïveté, sa fraîcheur, sa spontanéité, et qui cependant commence à comprendre le monde, à faire son entrée dans la complexité, dans la tolérance.

Alors bien sûr, ce n’est pas une analyse politique pointue de mai 68. C’est simplement fluide, enthousiasmant, beau, joliment dessiné, avec des degrés de lecture différents, mais surtout pas uniquement réservé aux enfants !

Si vous trouvez ce livre, ne le manquez pas, c’est un vrai bonheur.

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De liens en liens

Posted by Grégoire Abitan sur 6 mai 2010

Depuis que nous nous sommes lancés dans l’écriture de ce blog-notes, j’avoue passer beaucoup de temps à visiter le monde des blogs.

Vous aussi ? C’est une vraie addiction !

Au départ vous ne cherchez rien de précis, une image peut-être, une information à partir d’un mot-clé et vous tombez une page qui vous attire par sa forme, son titre, celui du billet, son illustration ou par rien de définissable. Puis là au sein du texte, un nouveau lien et vous repartez dans un autre univers et ainsi de suite. On en a déjà parlé, c’est le surf !

On pourrait aussi comparer cela à une sorte de pêche au chalut, et de temps en temps, il faut remonter nos filets et examiner nos prises.

Par exemple ce site, Article XI. C’est plutôt un portail qui permet l’accès à divers autres sites et blogs regroupés sur une même plate-forme. Il est certain qu’il y a là un fort engagement, qu’on est libre de partager ou pas, mais on y trouve de vraies pépites (par exemple ou ). C’est pourquoi je vous le recommande.

Pour l’anecdote, j’y suis arrivé par hasard en tombant sur ce billet parlant de… Glenn Gould, (attention, je précise tout de suite que celui du blog-notes était antérieur de 3 semaines…) et ne pouvant imaginer que notre minuscule espace d’expression ait pu servir d’inspiration à l’auteur, j’y vois en fait une nouvelle convergence semblable à celles décrites dans un précédent billet.

Donc, allez également visiter ces sites, surtout qu’en plus, il y a toujours une liste de blogs « amis » sur les côtés, (l’incontournable blogoliste) qu’il faut aussi aller explorer, ne serait-ce que pour mieux comprendre à qui l’on a affaire (dis moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es…)

Mais qu’il en faut du temps pour faire ces travaux d’approches et de vérifications ! On va donc s’en affranchir et on en reparlera ensuite selon vos observations et vos découvertes.

(Avant que vous ne gloussiez, l’image de ce billet n’est en rien une photo de mes dernières vacances)

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Éloge de la politique

Posted by Lionel Sugier sur 3 mai 2010

Épisode 1 : Mise en bouche

Je voudrais, sous forme de feuilleton, essayer ici de réhabiliter la politique.

Aujourd’hui, quand on prononce ce mot, beaucoup de gens tirent la tronche, font une grimace méprisante, poussent un soupir excédé ou partent en courant.

C’est que la politique, du grec « polis » qui signifie « vie de la cité », a été salie depuis des décennies par des ambitieux avides de pouvoir personnel, des atrophiés de l’ego, des titulaires de Master 2 de langue de bois, qui confondent l’intérêt général et leur intérêt personnel. Aujourd’hui on en est même arrivé à faire la différence entre politique « noble » et politique « politicienne ». Ce dernier adjectif (devenu vecteur de magouille, d’insincérité, de mensonge) étant directement issu du substantif qu’il complète, il instille le doute et la méfiance sur celui-ci.

Condamnez « politicien », et vous rendez la « politique » (le mot et la chose) suspecte.

Je suis pour ma part persuadé que la politique mène nos vies, détermine nos choix, guide nos actes. Pratiquer un sport bénévolement dans une association ou pour gagner un max de fric, c’est faire de la politique. Mettre ses enfants à l’école publique ou à l’école privée, c’est faire de la politique. Acheter un 4×4, un vélo, des baskets ou un t-shirt de marque, c’est faire de la politique. Choisir Microsoft ou un logiciel libre, c’est faire de la politique. Visiter Disneyland ou le Louvre, c’est faire de la politique. Manger des produits sains ou aller chez MacDo, c’est faire de la politique. Regarder TF1 ou écouter France Inter, c’est faire de la politique. Et les exemples sont légion. Nous faisons presque toujours de la politique sans le savoir, nous sommes tous des M. Jourdain de la politique. Qu’on le veuille ou non, la politique, c’est la vie. C’est comme l’air qu’on respire, l’eau que l’on boit. C’est aussi, entre autres, ce qui nous distingue de l’animal.

(la suite au prochain épisode…)

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