Le Blog-Notes

Une pensée libre

Archive for avril 2010

De Jules Verne à Dan Simmons

Posted by Grégoire Abitan sur 30 avril 2010

Il y a dans la vie de drôles de coïncidences, lorsque par exemple vous entendez un mot inusité ou que vous n’aviez plus employé depuis longtemps et bien, ça ne loupe pas, vous le retrouvez aussitôt dans le livre que vous ouvrez ou dans la bouche d’un de vos amis.

Parfois ce sont des lieux dont on vous parle et qu’ensuite vous retrouvez dans un reportage ou dans un livre.

J’aime assez suivre les pistes qu’ouvrent ces recoupements, ces convergences. Je voudrais vous parler d’un livre étonnant, inclassable (même s’il est rangé dans la catégorie « Fantastique »), il s’agit de Terreur de Dan Simmons.

Avant de vous donner plus de détails sur ce livre, quelques mots sur Dan Simmons. C’est un écrivain étasunien (comme dirait Lionel) dont l’écriture est totalement polyvalente : il a écrit L’échiquier du mal, le cycle d’Hyperion, le cycle d’Ilium pour rester dans le genre fantastique mais aussi la trilogie de Joe Kurtz, trois polars noirs et nerveux qu’il est impossible de lâcher sans les avoir finis. Plus pas mal d’autres livres mais vous percevez tout de suite la grande variété de style et d’univers.

Courez à votre médiathèque ou chez votre libraire préféré et même, s’il le faut absolument, demandez-moi de vous les prêter mais ne passez pas à côté de cet auteur !

Revenons à Terreur, il s’agit de l’histoire de deux navires anglais qui en 1845 se retrouvent bloqués par les glaces polaires, la grande majorité des faits relatés est authentique et Dan Simmons utilise à merveille le style des narrations de ces expéditions tout en y installant un univers (fictif) fantastique.

De nombreux liens existent pour vous faire découvrir un peu plus Dan Simmons en général et ce roman en particulier, mais cette fois, je ne vous les livre pas ! (Enfin pas tout de suite…Plus tard, si vous insistez…).

« Heu, mais la coïncidence drôle du début, elle est passée où ? »

J’y viens, j’y viens. Certains le savent déjà, je suis atteint d’Applemanie chronique et ma vie n’est plus la même depuis l’Iphone…Sans entrer dans les divers débats sur l’utilité ou pas d’un tel objet, précisons que parmi les applications (gratuites de surcroît) que l’on peut y installer, il y a Stanza qui fait de votre Iphone un livre électronique. Vous pouvez ainsi lire à satiété bon nombre d’ouvrages et pour l’instant je me limite aux livres du domaine public. La plupart sont donc anciens et c’est l’occasion de (re)découvrir entre autres Zola, Proust, Conan Doyle et… Jules Verne ! Et c’est donc très fortuitement que j’ai « chargé » Voyages et Aventures du Capitaine Hatteras, publié en 1866, et là le choc : on y retrouve les mers polaires, la marine anglaise et les références au Terror et à l’Erebus, ces deux navires dont je vous parlais plus haut !

Une telle situation est forcément un signe que je me devais de partager avec vous.

Bonne lecture…

(L’illustration de ce billet provient de l’excellent « blog de Mitchul » dont vous avez désormais le lien permanent sur la colonne de gauche, et plus précisément de cet article que je vous recommande)

Publicités

Posted in Notes de lectures | Leave a Comment »

Amos Judd aime le gigot froid…

Posted by Grégoire Abitan sur 25 avril 2010

Mais oui, c’est parfaitement logique et je vais vous en convaincre.

Vous connaissez tous la célèbre séquence : « Tout homme est mortel, Socrate est un homme donc Socrate est mortel ». On appelle ce type de séquence un syllogisme.

Énoncé comme cela, la conclusion semble évidente et pourtant  beaucoup déforment le raisonnement logique et nous font avaler quantités de faux syllogismes et de généralisations hâtives. Si certains sont amusants : Plus il y a de gruyère, plus il y a de trous. Plus il y a de trous, moins il y a de gruyère. Donc plus il y a de gruyère, moins il y a de gruyère. D’autres ont des conséquences beaucoup plus péjoratives et les propos d’un Eric Zemmour et toutes les dérives qui peuvent en découler en sont l’exemple le plus récent qui me vient à l’esprit (à ce sujet, une savoureuse démonstration ici et dans un autre registre, une analyse pertinente là).

Mais n’oublions pas notre gigot qui va finir par se réchauffer.

C’est en 1887 que Lewis Carroll, (oui, l’auteur d’Alice au pays des merveilles mais aussi et surtout celui de La chasse au Snark), a écrit Logique sans peine, c’est un petit traité qui explique entre autres démonstrations de logique, son approche et sa méthode pour résoudre les syllogismes, surtout lorsque ceux-ci contiennent un grand nombre de propositions. (J’aimerais vraiment un jour prendre le temps de parler de cet auteur très complexe, nous y reviendrons peut-être…)

En dehors de l’intérêt formel de cet exercice mathématique (qui est passionnant, je vous l’assure !), il y a une vraie poésie dans les exemples proposés à la sagacité du lecteur et je vous livre donc celui qui m’a le plus marqué par son nonsense (vous en avez la solution dans le titre car je ne cherche pas à vous coincer mais plutôt à vous attirer…)

1. Tous les agents de police du secteur dînent avec notre cuisinière

2. Aucun homme aux cheveux longs ne peut être autre chose que poète

3. Amos Judd n’a jamais fait de séjour en prison

4. Les cousins de notre cuisinière aiment tous le gigot froid

5. Seuls les agents de police du secteur sont poètes

6. Seuls ses cousins dînent avec notre cuisinière

7. Les hommes aux cheveux courts ont tous fait un séjour en prison

A partir de ces sept propositions (dont le sens et la réalité importent peu pour Lewis Carroll, et vous retrouverez cela tout au long d’Alice au pays des merveilles et dans De l’autre côté du miroir), une suite de formules mathématiques plus ou moins incompréhensibles débouche sur la seule conclusion logique.

Après cela, vous ne regarderez plus les publicités d’un même oeil, ni les campagnes électorales d’ailleurs…

(Comme d’habitude, les mots en rouge sont des liens vers d’autres sites pouvant éclairer ou compléter ce sujet)

Posted in Notes de lectures | Leave a Comment »

Quoi ? Distribution de topinambours ?

Posted by Grégoire Abitan sur 22 avril 2010

Déjà une dizaine de jours ont passé depuis le Conseil Municipal et il est curieux de voir comment nos amis conseillers d’opposition en rendent compte sur leurs blogs.

Pour certains, pas de problèmes, on publie (et en double s’il vous plaît) la « déclaration » préalablement rédigée. Je m’étonne de ne pas les voir nous offrir comme d’habitudel’article du Midi-Libre consacré à ce Conseil Municipal.

Pour d’autres, il y a en plus de l’humour et c’est très bien de nous brocarder également, mais il y a aussi pas mal de contresens, d’imprécisions et d’erreurs. Mal placés dans la salle ou ayant peut-être des difficultés auditives dont il faudra mieux tenir compte, les rédacteurs de ces billets n’ont pas bien suivi l’intégralité des propos tenus au cours de cette séance. (Faudra-t-il en venir à enregistrer les débats pour éviter ces travers ?)

Je crois savoir que beaucoup parmi eux aiment les citations, alors en voici une dénichée sur le site d’Alain Bedouet (oui, celui qui anime Le Téléphone Sonne sur France Inter) : Sainte-Beuve ignorait tout d’Internet, des blogs qu’on oublie et de leurs avatars. Il remarquait pourtant déjà simplement que « c’est ne pas mépriser assez certaines gens que de dire tout haut qu’on les méprise. Le silence seul est le souverain mépris. Et ce que je dis ici est déjà trop long… »

Inutile donc de répondre plus longtemps ici, nous avons clairement expliqué notre action et son sens, nous continuerons à le faire.

Posted in Du Tag au Tag | Leave a Comment »

Saint Christol en deuil

Posted by Humeurs d'élus sur 19 avril 2010

Stupeur, consternation, profonde tristesse, sentiment d’injustice et d’impuissance : c’est tout cela qui nous envahit lorsqu’on est face à la mort absurde de cinq jeunes gens dans un terrible accident de voiture à l’entrée de Saint Christol lez Alès. Trois d’entre eux habitaient notre commune. Parmi eux se trouvait Julien, 23 ans, employé municipal.

Aujourd’hui, Charles, Christine, Anthony, Caro, mais aussi Samuel et toutes les personnes touchées, nous pensons à vous, et nous ne pouvons vous consoler par des mots parce que devant un tel drame, les mots ne servent à rien.

Plus tard viendront les questions, les demandes, les explications, la recherche des responsabilités. Aujourd’hui l’heure est au recueillement, au respect de la douleur, à la solidarité et au soutien pour les familles.

Posted in Actualité | Leave a Comment »

Les trompettes de Calexico

Posted by Lionel Sugier sur 15 avril 2010

Quand j’étais gamin, j’ai joué de la trompette.

J’habitais dans le bassin minier des Cévennes, et chaque village ou presque avait son « Harmonie des Mineurs », une fanfare dont les membres portaient casquette, chemise bleue, cravate ornée d’une lyre, et défilaient au pas le 14 juillet, le jour de la fête du village, et surtout pour la Sainte Barbe, fête des mineurs. Il leur arrivait aussi de donner des concerts, assis sur des chaises métalliques sous le kiosque à musique. Avec des trompettes, on peut jouer des arias de Bach.

Dans les villages miniers, on était presque obligé de devenir clarinettiste, clairon, tambour ou trompettiste de l’Harmonie. Ces associations loi 1901 créaient du lien social, réunissaient les vieux et les jeunes.

Fils de mineur, j’étais donc pratiquement prédestiné à jouer dans l’Harmonie. Cela voulait dire des répétitions générales, des cours de solfège et des cours d’instrument qui prenaient au moins 3 heures par semaine. Cela voulait dire aussi, comme les peñas aujourd’hui, des prestations dans d’autres communes au fil des fêtes votives. Pour les filles, il y avait les majorettes, et c’était le même rythme de répétitions et de prestations.

L’Harmonie des Mineurs du Martinet organisait aussi des voyages de fin d’année (juin) dans les villes où nous étions invités à montrer notre talent. Je me souviens être allé à Menton, à Thonon, à Lourdes, en Suisse, en Italie… Jouer plus ou moins bien avec nos aînés, mais aussi faire la fête entre jeunes. C’était notre apprentissage de la vie associative.

Je n’ai jamais très bien su jouer de la trompette, et j’ai arrêté à 17 ans. C’était le temps des hippies, de la guitare sèche, de Graeme Allwright et de la maison bleue de Maxime Le Forestier. La trompette, c’était ringard. J’ai eu tort. Si j’avais continué, j’aurais pu devenir musicien de jazz, ou membre de groupes qui aujourd’hui remettent à la mode un style désuet, en le mêlant au rock : la musique des mariachis, ces Mexicains qui animent les mariages. Parmi de nombreux groupes français qui se sont succédés ces derniers temps, je citerai La Maison Tellier, qui est actuellement le groupe en vogue, du moins sur France Inter (désolé, je ne regarde jamais la télé et je n’écoute que France Inter…)

Tous ces groupes actuels, avec leurs morceaux inspirés des mariachis, sont des enfants du groupe texan Calexico, qui adapte cette musique au goût d’aujourd’hui, et qui la transcende. Écoutez « The Black Light » ou, mieux encore, « Hot Rail » et vous découvrirez un groupe qui nous transporte chez Ennio Morricone et qui, en plus, sait faire autre chose. Et puis, si vous avez 5 minutes, remontez un peu plus le temps avec le regretté Willy De Ville qui sut nous réjouir avec le très chicano « Demasiado Corazón » et nous gratifia d’une belle version mariachi du « Hey Joe » d’Hendrix.

Calexico tire son nom de la ville étasunienne située à la limite de la Californie et du Mexique. Elle est jumelle de Mexicali, de l’autre côté de la frontière, qui vient de connaître des problèmes…

Cette ambiance musicale, très évocatrice, très dépaysante, fait bien sûr penser très fort à l’écrivain John Fante et à son chef d’oeuvre « Demande à la poussière » (« Ask The Dust ») qui est un de mes bouquins fétiches. Il ne serait pas étonnant que je en vous parle un de ces jours.

Posted in Sur nos platines | Leave a Comment »

Contrepoint (2) : Identité nationale ?

Posted by Grégoire Abitan sur 12 avril 2010

Ça commence à faire lurette que revient régulièrement dans ma mémoire un souvenir, une image aperçue d’abord sans vraiment en comprendre la portée et qui aujourd’hui prend tout son sens.

Alors que maintenant à tout moment on envoie des signaux de plus en plus explicites pour marquer et rejeter l’autre, l’étranger, l’immigré, le « pas catholique », alors qu’on ose organiser à l’échelle nationale un (pseudo) débat sur l’identité nationale, alors que ne cessent jamais les discriminations basées sur l’appartenance ethnique, sur la religion (supposée ou avérée), alors que se référant à des « statistiques » de la délinquance ou de je ne sais quoi encore on généralise à tout va en abusant de faux syllogismes, ce souvenir finit par devenir un message que je veux partager avec vous.

C’était il y a longtemps ; nous allions régulièrement en famille dans les Cévennes depuis Marseille et comme tous les gosses, je m’étais fabriqué des repères sur ce trajet. Vous aussi, vous l’avez certainement fait : un carrefour remarquable, un viaduc avec une voie ferrée, une devanture de magasin un peu étrange, un tunnel, bref tous ces signes que le conducteur interprète séparément (en principe, seule la conduite l’intéresse) mais que l’enfant retient indistinctement se formant en lui même un road-book personnel qui se joue du temps, des échelles de distance et de la raison.

Faut préciser qu’il n’y avait pas encore l’autoroute entre Arles et Nîmes,et nous arrivions donc par la route de Bellegarde, directement sur les boulevards périphériques avant qu’ils ne deviennent une rocade. On attendait des minutes qui me paraissaient des heures pour pouvoir enfin tourner à gauche et prendre la direction « Alès-Le Vigan » et forcément, après deux heures de route, on cherche à s’occuper autour de soi et là, sur un mur (à gauche, en arrivant d’Arles, je le précise car j’aimerais vraiment rencontrer d’autres personnes l’ayant vu également) il y avait une inscription peinte, un « bombage » (aujourd’hui on appelle cela un « tag »).

A moitié abruti par ces embouteillages (je devrais, par souci de sincérité, préciser que cette moitié était déjà bien remplie par nature) ainsi que par le chien qui vomissait systématiquement et mon frère qui se plaignait (c’était peut-être bien l’inverse !), je lisais ce message et tentais d’en bien comprendre le sens.

Cette inscription m’a accompagné longtemps, à la fois lors de voyages ultérieurs, car elle n’a été effacée que très tardivement, et à la fois dans mon développement personnel car dans sa formulation simple elle réglait définitivement la question…

L’intelligence tue le racisme

Posted in Actualité | 2 Comments »

Identité nationale

Posted by Lionel Sugier sur 8 avril 2010

Inventaire.

Nous avons parlé ici, successivement, de Daniel Johnston, de Glenn Gould, de Mark Linkous, de jazz, de rap, de lo-fi, de Neil Young, de Haendel, de Radiohead, de Bach, de Grandaddy et de la musique baroque.

Alors, après plus d’un mois d’existence de ce blog, je lance un cri : C’EST INADMISSIBLE.

Et tout de suite après, j’en lance un autre : ET LA CHANSON FRANÇAISE, ALORS ?

Quoi ? Serions-nous des adeptes de l’angloaméricanomania, voire de la nostalgie d’un passé révolu inondé de musique ringarde bonne pour les intellos de salon ? Serions-nous des privilégiés décadents attirés par l’élitisme snob qui nous coupe des masses, montrant bien là pour elles notre vil mépris ?

Eh bien non ! Je m’insurge ! Et je veux évoquer ici une oeuvre magnifique, un bijou national, un fleuron de notre identité, sans quoi nous ne serions pas tout-à-fait ce que nous sommes : la merveilleuse chanson de Charles Trénet « Douce France ».

Cher pays de mon enfance.

Bercé de tendre insouciance.

Je t’ai gardé dans mon coeur, etc. etc.

En 1984, le groupe Carte de Séjour, emmené par le musicien et chanteur français Rachid Taha, sort cette magnifique chanson de l’ombre, en l’enregistrant enrobée de mille et une arabesques. Cette renaissance connaît un tel succès que Jack Lang, Rachid Taha et Charles Trénet lui-même distribuent joyeusement le disque dans les travées de l’Assemblée Nationale. Imaginez l’enthousiasme délirant de nos députés de droite ! (Voire de gauche…)

Aujourd’hui, Trénet est mort, Jack Lang n’est plus ce qu’il était et Rachid Taha est l’un de nos meilleurs auteurs-interprètes. Bon, d’accord, il chante un peu trop souvent en pas français, mais il sait faire les bons choix, notamment quand il « collabore » avec les Têtes Raides ou quand il reprend « Rock The Casbah » des Clash, de loin le meilleur de tous les groupes punks.

Vive la chanson française. Vive la République. Vive la France.

La prochaine fois, peut-être, je vous parlerai de Richard Desjardins, de Dick Annegarn, de Jacques Brel, d’Arno, de Léo F. de Monaco, de Lucien Ginsburg…

De vrais chanteurs français, non ?

Mais ne soyons pas chauvin, j’aime bien aussi les chanteurs exotiques comme Bashung l’Alsacien, Thiéfaine du Jura (qui fit partie à ses débuts du groupe Machin, d’inspiration folk régionaliste franc-comtois décalé), Brassens du Mont Saint Clair, Bobby de Pézenas, Murat l’Auvergnat… Je vous en parlerai peut-être aussi plus longuement.

De belles soirées de lecture en perspective.

Précision : l’auteur et le traducteur ne garantissent pas que ce billet soit totalement dépourvu d’humour. (On n’est jamais trop prudent…)

Posted in Sur nos platines | 4 Comments »