Le Blog-Notes

Une pensée libre

Archive for juillet 2010

Éloge de la politique : épisode 3

Posted by Lionel Sugier sur 25 juillet 2010

Citations

Pour élargir un peu le débat, je vous propose quelques avis très intéressants sur la politique et les politiciens. D’aucuns pourront penser que cela fait un épisode à bon marché, un épisode de feignasse en vacances… Il n’empêche… Ces phrases, je les ai glanées au fil des années, au fil de mes lectures, je ne les recopie pas d’un livre de citations, mais d’un carnet personnel où je note ce qui me marque, me fait rire, m’émeut ou alimente ma réflexion.

Prenez donc un bout d’été pour méditer sur ces quelques mots.

À propos de Charles de Gaulle, Jules Roy a déclaré dans Télérama n°1921 de novembre 1986 : « C’était un homme à qui on ne pouvait pas dire la vérité. Il n’acceptait que la flatterie. Aujourd’hui, sa légende est établie mais c’était un homme implacable. » Voilà pour le Grand Homme…

D’un lucide inconnu :« Une des formes les plus dangereuses de la propagande actuelle de la droite, c’est d’affirmer que toutes les idéologies sont mortes et d’en profiter pour distiller la sienne. » (Guy Saintauroux, courrier des lecteurs, Politis, juin 1993)

Du grand écrivain sud-africain Breyten Breytenbach, interviewé dans Politis en décembre 1993 : « Le politicien, à mon avis, est un mal rongeant mais nécessaire, il faut le limiter, le mettre dans son petit coin sans lui permettre d’en sortir, il ne doit être qu’un serviteur et rien d’autre. » Un peu excessif mais il y a du vrai, non ?

« Et d’ailleurs, qu’est-ce qu’ils ont tous, ces professionnels du pouvoir, à faire du mot « politique » une tare, une flétrissure, une grossièreté, une insulte ? » (Gébé, l’irrempaçable, dans Charlie Hebdo du 12 janvier 1994).

Plus long, et très pertinent, cet extrait de « La politique mensonge », de Roger-Gérard Schwartzenberg, publié chez Odile Jacob en 1998 : « Au fond, il a toujours existé deux conceptions de la politique (…) La première tradition, qu’on peut appeler « politique vérité », se fonde sur la sincérité du discours et le respect du citoyen (…) La seconde conception, qu’on peut dénommer « politique mensonge », est son exacte antithèse. Là, le pouvoir se prend et s’exerce par la duperie, par la tromperie (…) Là, pour l’emporter et gouverner, il ne s’agit plus de convaincre, par la franchise du propos et la rectitude des arguments, mais d’abuser. De leurrer. Comme si la vie publique devenait parade de séduction ou commerce d’illusions.Cette seconde vision prévaut aujourd’hui. Avec elle la politique devient jeu d’artifices. Et parfois exercice d’imposture. »

Et pour finir, de Patrick Chamoiseau, excellent auteur vivant et écrivant en Martinique, dans l’émission « Cosmopolitaine » sur France Inter, le 17 février 2002 : « Je suis en politique, mais je ne suis pas un politicien. »

(la suite au prochain épisode…)

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Nouveau Centre, Vieille Droite

Posted by Lionel Sugier sur 18 juillet 2010

Le Nouveau Centre, héritier de l’UDF de Valéry Giscard d’Estaing, est un parti politique représentant l’aile « centriste » de la majorité présidentielle. Il a été créé en 2007 en réaction aux positions du MoDem (Mouvement Démocrate) de François Bayrou quand celui-ci s’est un peu trop rapproché de Ségolène Royal pendant la dernière campagne présidentielle.

En fouillant un peu sur le net, on apprend que le Nouveau Centre a été (est toujours ?) subventionné en partie par l’UMP (aide financière de 200 000 € en 2008).

Pour la petite histoire, sachez que l’un de ses membres éminents de la première heure est Christian Blanc, grand amateur de cigares payés par le contribuable (photo ci-dessus). Cet ex-secrétaire d’État de Nicolas Sarkozy, récemment « démissionné » pour ses frasques cigarières, est l’un des quatre présidents délégués du Nouveau Centre, en compagnie, entre autres, de l’ineffable André Santini.

D’après Midi Libre, on apprend que Jean-Charles Bénézet, qui dit ne jamais faire de politique, serait pressenti comme candidat du Nouveau Centre aux prochaines élections cantonales. Loin de moi l’idée de faire l’amalgame entre Jean-Charles Bénézet et Christian Blanc, je crois savoir que le premier n’est pas fumeur. Je voulais juste le situer sur l’échiquier politique, puisque lui-même ne le fait pas. Et rappeler le nom d’un des dirigeants du parti pour lequel il se présenterait à nos suffrages.

À chacun de juger.

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Un très bon trésorier

Posted by Grégoire Abitan sur 13 juillet 2010

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le 13 juillet, après une intervention du président de la République, M. Éric Woerth annonce qu’il va démissionner de son poste de trésorier de l’UMP, alors qu’une enquête « indépendante » de l’IGF (Inspection Générale des Finances, dont il est un peu le patron…) affirme son honnêteté.

Quelques jours plus tôt, l’inénarrable Frédéric Lefebvre et son adjoint, tous deux porte-parole de l’UMP, affirmaient catégoriquement que cette démission n’était pas à l’ordre du jour. Voir ici

« C’est un très bon trésorier », ajoutaient-ils de concert.

On n’a aucun mal à les croire, au vu de ce que Mme Bettencourt, employeur de l’épouse de M. Woerth, aurait versé pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Ça va être dur de trouver quelqu’un d’aussi efficace !

Voir aussi, assez troublant ce billet là

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Enterrement

Posted by Lionel Sugier sur 11 juillet 2010

« À l’enterr’ment de ma bell’-mère

J’étais devant, j’étais derrière,

J’étais derrièr’, j’étais devant

J’étais tout seul à l’enterr’ment !  »

Ce couplet issu de la chanson populaire « Ils ont des chapeaux ronds » me revient aujourd’hui en mémoire à l’occasion du grand enterrement de la caserne des pompiers où les participants n’étaient même pas assez nombreux pour porter le cercueil… Pourtant ce n’était pas faute de l’avoir annoncé dans la presse. Cela s’appelle un bide majuscule. Un flop magistral. Les enterreurs enterrés. Mais il est (trop) facile de tirer sur l’ambulance.

Plus sérieusement, après les recommandations du PPRI (Plan de Prévention des Risques Inondations), la majorité élue du Conseil Municipal de Saint Christol lez Alès a décidé, en parfait accord avec le Président du Conseil Général, de renoncer à la construction d’une caserne des pompiers sur le site de l’INRA, près du lycée Jacques Prévert.

D’une part, la surface nécessaire à une caserne n’était pas atteinte, mais cela aurait pu s’arranger. D’autre part, la sortie des véhicules initialement prévue ne pouvait se faire, ce lieu étant classé en « aléa résiduel » (c’est à dire pouvant être inondé) ce qui interdit toute construction de bâtiment de gestion de crise comme le sont les casernes de pompiers ou les gendarmeries, et nous avons tous en tête le précédent de Sommières. La seule solution était la sortie sur un rond-point, totalement irréaliste en cas d’urgence.

Le groupuscule plus ou moins uni et dynamique des croque-morts nous a bien suggéré de passer outre les recommandations du PPRI, ou alors, d’acheter un autre terrain. C’est-à-dire que leur proposition alternative, c’est « Construisons à tout prix la caserne : soit les pompiers se noient, soit la commune s’endette davantage. »

Oui, il faut une caserne de pompiers au sud d’Alès.

Si l’emplacement prévu par la municipalité précédente avait convenu, nous l’aurions laissée construire. Il s’avère que cet emplacement n’est conforme ni à la loi, ni à la sécurité. Les héritiers de l’ancien maire voudraient à tout prix que tout se fasse chez eux, pour le prestige de la commune. Souvenez-vous : récemment, Renault Trucks (sans doute pour toucher une hypothétique taxe professionnelle qui n’est plus communale mais communautaire depuis plusieurs années, et de plus supprimée depuis 2010 !), avant-hier une gendarmerie, hier un collège (au détriment de la mixité sociale), aujourd’hui une caserne… Ils raisonnent de manière obsolète : pourquoi vouloir tout dans sa commune alors que nous sommes en communauté d’agglomération et que le meilleur emplacement doit être choisi pour le bien de tous les habitants du territoire, le plus objectivement possible, l’intérêt général primant sur le prestige de telle ou telle ville ? C’est un des avantages de l’intercommunalité, mais ils ne l’ont pas encore compris.

Alors cherchons plutôt ensemble le meilleur emplacement, confortable et adapté, pour une caserne de pompiers digne de ce nom, avec une superficie convenable et un accès rapide et facile aux feux et aux accidents.

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« Calomniez, calomniez…

Posted by Lionel Sugier sur 7 juillet 2010

… il en restera toujours quelque chose. »

(Francis Bacon « Essai, sur l’athéisme »)

Récemment, on a pu lire dans un article réservé aux oppositions dans le bulletin municipal, que le maire et ses adjoints avaient encore augmenté leurs indemnités en 2010.

C’est tout simplement un mensonge.

Et nous l’avons déjà dit. Alors, puisqu’il faut enfoncer le clou, permettez-moi de vous renvoyer à mon précédent article sur ce blog, Pour une poignée de dollars, publié le 25 mai ci-dessous. Je n’ai rien à y ajouter, sauf que j’y posais quelques questions concernant ceux qui nous accusent aujourd’hui, et j’attends toujours les réponses. Précisons que, pour fixer un nouveau montant d’indemnisation du Maire et des adjoints, il faut prendre obligatoirement une délibération en Conseil Municipal, et nos accusateurs savent bien que nous n’avons pas délibéré sur ce sujet depuis mars 2008.

Mais c’est sans doute dans l’air du temps de mettre dans le même sac tous ceux qui ont un peu (ou beaucoup) de pouvoir, et bientôt on va assimiler les élus de Clarté et Démocratie- la Gauche pour Saint Christol à Christian Blanc ou Éric Woerth. Or aucun d’entre nous n’est cumulard (contrairement à d’autres avant nous, y compris une de nos principales accusatrices…). Aucun d’entre nous ne détourne l’argent des contribuables. Aucun d’entre nous ne profite du système capitaliste, nous le combattons. Aucun d’entre nous n’est président, secrétaire ou trésorier d’une association depuis notre élection.

À qui profitent ces accusations ? Certainement pas aux personnes qui les profèrent et que je crois plutôt de gauche. Je leur demande donc de ne pas jouer avec le feu, car cela pourrait mal finir pour la démocratie, au profit du populisme le plus dangereux. Réfléchissez avant de mentir. Ou mieux : évitez de mentir, ce sera plus simple.

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Arpèges 1

Posted by Lionel Sugier sur 2 juillet 2010

Dans la série « Fleurs roses et petit cadenas », voici le premier épisode d’un deuxième feuilleton passionnant. Rien à voir avec le premier (feuilleton), quoique, bon, tout étant politique…

Mais celui-ci c’est plutôt pour se détendre.

Dans mon biberon, il n’y avait pas de rock. Mes parents écoutaient Radio Monte-Carlo, aujourd’hui on dit RMC, la seule qui passait bien sur les grandes ondes. On y entendait Claude François, Sheila, Mireille Mathieu, Dalida, Annie Cordy, Monty (celui-là qui s’en souvient ? Et pourtant il valait son pesant de cacahuètes…) présentés par -hé oui déjà- Jean-Pierre Foucault.

Je fus très tôt un écouteur de musique, et, à force de pénibles tractations auprès de mes parents, j’obtins un Radiola, sorte de boîte à 45 tours rectangulaire à coins arrondis munie d’un couvercle haut-parleur. J’eus une période Hugues Aufray, une période Sardou (mais oui, « Les bals populaires », « Le rire du sergent » et même « Les Ricains »), une période Adamo, une période Joe Dassin, sacré Joe qui me permit de passer aux grands disques, les 33 tours. Qui tournaient sur le Radiola en dépassant des bords.

Puis, un jour,  j’ai entendu « Heloise », de Barry Ryan. Et ma mère n’a jamais voulu que j’achète le disque parce que c’était en anglais et bon, à quoi ça sert d’acheter un disque dont tu comprends pas les paroles ?

Je me souviens que le premier disque anglais que j’ai acheté, c’était un 45 tours « simple » (ça voulait dire seulement  2 titres au lieu de 4) des Beatles (retenez bien ce nom) qui comprenait, face A, « Hey Jude », et face B, « Revolution », qui ne figurent ni l’un ni l’autre sur aucun album des 4 lascars. Hormis la compil 1967-1970 qui n’est pas un album original. Il y a bien le titre « Revolution » dans l’album blanc, mais il s’agit d’une version plus lente, très blues, alors que celle du 45 tours était très rock’n’roll.

Les Beatles nous ont souvent fait le coup avec des tubes enregistrés hors albums, par exemple « She loves you ». Les Beatles sont des salauds. Mais ils sont à moitié morts, alors on ne peut pas leur en vouloir.

Bref.

Une fois « Hey Jude » sur le tourne-disque, la porte était ouverte et ma mère ne m’empêcherait plus jamais (j’aurais dû noter la date !) d’acheter des disques anglais où on ne comprenait rien aux paroles.

J’ai donc commencé à acheter des 45 tours de gens obscurs qui n’ont laissé aucune trace dans la musique pop, mais qui étaient classés au hit parade (Top 50 de l’époque) d’Europe 1 qui, malgré la relative mauvaise réception, avait remplacé RMC dans mon coeur et dans le mini poste à transistors que je baladais partout à mon oreille. Malgré quelques incrustes des Rolling Stones, de Gainsbourg, des Beatles, de Brassens et des Beach Boys, ça restait globalement très variétés… J’ai eu une période Polnareff, une période Christophe. Je les aime bien encore ces deux-là, surtout un.

Et puis un jour je suis allé à Londres. J’étais un peu grand déjà (en seconde) et suis revenu avec « In Rock » de Deep Purple et « Quadriphonia » des Who. Du lourd, comme on dit aujourd’hui. Et à partir de là, je n’ai plus jamais lâché le rock et la pop, même si bien sûr mes goûts se sont affinés au fil du temps.

Aujourd’hui je ne suis pas insensible au jazz, j’aime de nombreux compositeurs classiques, le lyrique ne me laisse pas indifférent, je suis curieux de toutes les musiques du monde, mais j’ai viscéralement ancrée en moi la musique rock, parce que, si je ne suis pas tombé dedans quand j’étais petit, je me la suis appropriée à l’âge décisif, l’adolescence.

(la suite au prochain épisode)

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