Le Blog-Notes

Une pensée libre

Archive for octobre 2010

Un temps d’avance

Posted by Grégoire Abitan sur 31 octobre 2010

Ne dit-on pas que gouverner c’est prévoir ?

Lionel se plaint du caractère étriqué (à ses yeux) des blogs animés (enfin, quand on dit animés…) par nos collègues de l’opposition municipale.

Pourtant, il y a de bons moments.

Récemment, sur l’un d’eux, on pouvait prendre connaissance par avance du compte rendu du prochain Conseil Municipal. Saluons cette initiative : ça nous change des éternelles attaques fustigeant soit nos indemnités d’élus que nous aurions augmentées cette année selon eux (vous savez tous par les réponses de Lionel que c’est faux) soit la pédagogie lénifiante de votre serviteur lorsqu’il présente un budget ou une décision modificative concernant le budget (il suffit de voir à quel point ils maîtrisent ces questions désormais pour comprendre que je n’aurais jamais fait carrière dans l’enseignement…tandis que Lionel, lui…) et je ne veux même pas évoquer, tellement c’est niais, les allusions fines sur de supposées appartenances politiques.

Donc, pour rester dans cette veine anticipative, ne dois-je pas répondre par avance également aux interventions forcément risibles des uns et des autres lors de cette prochaine séance ? Cela risque d’entraîner une vigoureuse (mais salutaire) réaction anticipative aux propos outranciers que je pourrais tenir en m’en prenant ainsi à mes collègues avant même qu’ils aient pu dire quoi que ce soit (et on sait bien ce qu’ils diront, comme d’habitude).

Vous suivez toujours ? Si c’est vrai, bravo !

Il n’y a qu’un seul moyen d’éviter cette escalade futuriste : je vous propose de nous menacer dans vos blogs de ne pas intervenir au prochain Conseil afin de me couper le sifflet avant même que je ne le porte à mes lèvres. Et toc !

Et même, tiens, n’y venez même pas car de toute façon, tout est dit !

(en comptant les présents et ceux qui avaient prévenu qu’ils ne pourraient y assister, j’ai l’impression que c’est bien pour garder ce temps d’avance que certains ne sont pas venus à la Commission des Finances préparant le prochain Conseil. Et pourtant je n’avais même pas encore imaginé ce billet quelque peu délirant… trop fort, Agir Ensemble !)

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Otages

Posted by Lionel Sugier sur 28 octobre 2010

Oeuvre de Jean Fautrier, « Les otages »


Chaque fois qu’un journaliste, qu’un politique, qu’un particulier parle pendant les grèves de « prise d’otages », je bous. Je suis scandalisé.

Bien sûr, ce n’est pas à moi que l’on va apprendre que des mots de la langue française ont un sens propre et un sens figuré. Mais là, l’emploi du terme « otages » pour des Français qui ne peuvent pas se rendre au travail ou sur leur lieu de vacances à cause d’un mouvement de grève me semble inacceptable.

Quand j’entends cela, je pense inévitablement à la souffrance extrême des véritables otages, comme actuellement les deux journalistes de France Télévisions et les cinq Français, le Togolais et le Malgache enlevés mi-septembre au Niger, dont un couple résidant à Mialet. Je pense à leur calvaire, je pense à leur peur de tous les instants, je pense à la mort suspendue au-dessus de leur tête à chaque seconde. Selon le quai d’Orsay, onze Français sont actuellement retenus en otage à travers le monde (Midi Libre du 26 octobre).

Et le terme d’ « otages » employé récemment par le Président de la République française concernant les « victimes » des grévistes, me paraît d’une insupportable indécence.

Je ne sais qui, le premier, a usé de ce mot concernant les usagers gênés par une grève. Je ne pense pas que c’était un chef d’État, bien qu’il ne me semble pas impossible qu’un ex-Président de la République ait pu l’utiliser. Mais aujourd’hui Sarkozy l’emploie sans aucune honte, au moment même où plusieurs de ses compatriotes, vrais otages, se demandent à chaque minute s’ils seront toujours vivants la minute d’après.

Je condamne fermement ces abus de langage, qui banalisent tout et mettent tout sur un même plan. Tout comme je suis en désaccord total avec ceux qui aujourd’hui prétendent que la France est un état totalitaire, voire fasciste. Si c’était le cas, nombre d’entre nous seraient morts ou torturés dans des camps. Notre adversaire actuel n’est pas (du moins pas encore) le fascisme, mais l’idéologie libérale, ce néo-capitalisme sans pitié qui broie les humbles au profit des nantis. Idéologie partagée par la droite et par certains socialistes, notamment le directeur du FMI. Notre lutte n’est pas une lutte armée, clandestine, où nous risquons la mort à chaque pas, mais une lutte des classes, une lutte des idées, des arguments, des propositions politiques.

Elle passe par les urnes, mais aussi par la rue, si nous maintenons un mouvement dans la durée et la dignité, et si nous refusons de tomber dans le piège de la violence que nous tend le pouvoir actuel. Et dans celui des amalgames langagiers simplistes et dangereux. Nous gagnerons aussi avec nos mots, si nous restons honnêtes et rigoureux.

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La différence

Posted by Lionel Sugier sur 26 octobre 2010

Curieux.

Alors que la France s’agite, que la lutte contre la soi-disant réforme des retraites s’amplifie, que le blocage menace le pays, que la grève reconductible s’installe ici et là, qu’on ne va bientôt plus avoir assez d’essence pour aller bosser pour la croissance nationale, que les lycéens irresponsables sont poussés irresponsablement dans la rue par un irresponsable panel de socialo-trotskystes qui s’étend de Ségolène Royal à Olivier Besancenot, enfin bref alors que c’est le total souk, deux misérables élus de Saint Christol lez Alès vous parlent de quoi ?

De musique.

Oui ben, bon… C’est comme le service public. Écoutez la différence.

En gros, il y a trois blogs politiques sur Saint Christol. Deux qui sont fixés obstinément sur la commune et rarement plus loin, et un autre qui s’ouvre au monde. Qui sait parler de ce qui se passe ici, mais ne s’y fige pas. Qui ne continue pas une campagne terminée, qui ne se bloque pas sur la prochaine. Qui parle de politique, mais aussi de cinéma, de musique, de littérature, de medias. Qui a la prétention (modeste) de voir plus loin.

Voir plus loin, c’était le titre d’une rubrique animée par Patrick Bénéfice (aujourd’hui élu à Lasalle, jadis élu ici et membre historique de Clarté et Démocratie), dans les journaux que nous publiions il y a quelques années. Il y traitait de politique générale, d’environnement, d’international, de solidarité…

Aujourd’hui Grégoire et moi nous parlons de Saint Christol, bien sûr, mais aussi de bien d’autres choses. Alors que les blogs de nos opposants se concentrent, exclusivement pour l’un, presque entièrement pour l’autre, sur notre commune et la critique de l’action de l’équipe en place. Blogs étriqués, repliés sur eux-mêmes, toujours entre deux campagnes électorales. Blogs qui ne voient pas plus loin que le bout du nez de leur souris. Blogs de l’impuissance, de l’amertume, blogs du psittacisme. Blogs qui suscitent (et publient) des commentaires douteux, racistes, insultants. Blogs d’hier qui pensent pouvoir se projeter sur demain en louant avant-hier.

Les trois choses qui me font vivre, qui me font avancer, qui me stimulent, hors l’amour et l’amitié, sont la musique (de préférence rock mais je suis très ouvert), la littérature, et la politique décente, la vraie, pas celle de Sarkozy, de Baroin, de Strauss-Khan ou d’Aubry, pas celle de Bénézet, de Coulet et de Sirvin, non, la politique qui fait avancer, qui tient compte des aspirations de liberté, de justice, de partage, de solidarité. Musique, littérature, politique au sens noble : la beauté, quoi, le sel de la vie…

Je ne peux pas vivre sans musique.

Je ne peux pas vivre sans lire.

Je ne peux pas vivre sans gueuler contre l’injustice faite aux humbles par des parvenus très organisés. Contre eux, organisons-nous.

Vive la musique, vive la lecture, vive la révolution. Sans violence.


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Contrepoint (3)

Posted by Grégoire Abitan sur 22 octobre 2010

Désolé de perturber le dialogue nostalgique de nos babas de service sur ce blog, mais quand même : ayons une pensée pour Joan Sutherland, qui vient de disparaître.

Ne me dites pas que vous ne l’avez jamais entendue ou pire, jamais entendu parler d’elle ! Si Maria Callas était surnommée La Divina, Joan Sutherland était La Stupenda (la prodigieuse)…

Je vous renvoie à la discographie de cette immense cantatrice en vous recommandant particulièrement ses enregistrements de La Norma de Bellini,de Lucia di Lammermoor de Donizetti ou son interprétation de Donna Anna dans Don Giovanni de Mozart.

En relisant ces lignes, je constate qu’elles peuvent faire penser à ces émissions de France Musique ou France Culture, réservées à un public conquis par principe et où seuls les initiés perçoivent les différences entre telle ou telle version d’une oeuvre musicale.

C’est bien dommage et c’est pour cela que je veux plaider en faveur du spectacle « vivant » : un opéra c’est d’abord une scène, des acteurs en chair et en os, des bruits, des costumes, les échanges avec les musiciens dans la fosse et avec le public dans la salle.

Ce n’est qu’ensuite, pour s’en remémorer les meilleurs moments, que le disque joue son rôle.

J’ai la chance (c’est même miraculeux à mes yeux) d’avoir eu lorsque j’étais lycéen, des amis travaillant au Festival d’Aix en Provence. Et donc la chance d’avoir pu assister à des répétitions, des générales, des « couturières »( celles où l’on essaye les costumes) et des représentations finales.Et plus encore, la chance d’avoir vu Barbara Hendricks, Jessie Norman et d’autres encore, répéter, reprendre un passage plusieurs fois, parler aux autres chanteurs, questionner le chef d’orchestre pour finalement quelques heures plus tard jouer leurs rôles.

(  ) un instant de silence ému pour remercier encore celles et ceux qui m’ont fait vivre cela.

Aujourd’hui, la plupart des représentations d’opéra permettent la lecture de « surtitres » projetés sur un écran en haut de la scène afin de suivre l’action et de comprendre les paroles, il ne reste plus qu’à se laisser emporter…

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Arpèges 3 : les incontournables

Posted by Lionel Sugier sur 7 octobre 2010

À l’école normale de Nîmes, à la fin des années 70, alors que dominait l’horreur disco et que n’allait pas tarder à pointer la musique punk, de futurs instits jouaient sur leurs six cordes les morceaux des artistes de ce temps. Francis connaissait par coeur des dizaines de chansons de Bob Dylan. Il les interprétait tête baissée sur sa guitare, comme s’il jouait pour lui seul, inspiré, respectueux, fan absolu. Henri et Jean-Louis, gratteux plus ludiques, plus extravertis, étaient fans de Crosby, Stills, Nash and Young et cherchaient des chanteurs. Daniel, plutôt attiré par le cool jazz de Stan Getz et Joao Gilberto, se joignit bientôt à eux pour apporter la finesse de son jeu. J’étais des quatre le seul non guitariste, et au chant je faisais Neil Young, parfois Graham Nash, enfin les voix aigües, quoi…

Henri m’a passé les cassettes (vous savez, ces trucs qu’on mettait dans un magnéto, bonjour la galère quand les bandes s’enroulaient, je vous raconte même pas quand ça se passait dans un autoradio…) qu’il avait repiquées des disques solo de Neil Young, j’ai découvert un des plus grands auteurs compositeurs interprètes de l’univers, bon, disons de l’époque, et je ne l’ai jamais quitté, ou presque.

Il vient de sortir en 2010, il y a quelques semaines, un disque où à soixante ans passés, il se renouvelle encore tout en restant fidèle à lui-même.

2 ou 3 ans auparavant, au lycée, ce cher Alain André, qui était prof d’anglais à l’époque, nous avait fait partager, élèves ignares que nous étions, sa passion pour Leonard Cohen, la profondeur de sa voix et de ses textes.

Sans vouloir frimer, je suis fier aujourd’hui d’avoir aimé d’emblée ces trois artistes (qui avec le regretté John Lennon forment mon petit carré magique personnel). Non seulement tous les trois sont encore là, mais ce qu’ils font est toujours aussi réussi (malgré certains errements et quelques traversées du désert) et restent des références pour les jeunes générations d’artistes de la musique rock. Qui pourraient parfois être leurs petits-fils.

Que restera-t-il de Cohen, Dylan et Neil Young dans quelques siècles ? Atteindront-ils, dans leur domaine, l’immortalité de Mozart, Bach ou Beethoven ? Nous ne serons plus là pour le savoir, mais on peut d’ores et déjà  leur accorder une créativité intacte et une belle longévité, en ces temps où tout va trop vite.

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