Le Blog-Notes

Une pensée libre

Archive for mai 2015

Marmato, de Mark Grieco

Posted by Lionel Sugier sur 30 mai 2015

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Marmato, c’est un village colombien situé au flanc d’une montagne d’où on extrait de l’or depuis 500 ans.

Marmato, c’est le titre d’un film documentaire de Mark Grieco, qui a vécu six ans dans ce village, qui nous fait partager le quotidien de ces mineurs, menacés aujourd’hui de la disparition de leur environnement par une multinationale colombo-canadienne, Medoro Resources / Gran Colombia Gold Corp. Ltd.

C’est le plus beau film que j’ai vu au festival international du documentaire en Cévennes, nouvelle appellation du festival du documentaire de Lasalle, un événement à ne pas manquer.

Souvent, un film documentaire privilégie soit la forme, l’esthétique, quand il n’a pas grand-chose à dire, et dans ce cas les images sont parfois magnifiques, soit le fond, le message, au détriment de la mise en scène.

Quand on regarde Marmato, on est pris par le sujet (ces mineurs immémoriaux à qui on veut supprimer la culture, le passé, la montagne, le village) mais aussi par les images, qui révèlent un vrai cinéaste, quelqu’un qui ne se contente pas seulement de témoigner (ce qui serait déjà remarquable), mais qui le fait en véritable artiste.

Il a eu un prix au festival de Sundance en 2014.

En France, on peut le voir… heu… à peu près nulle part, sauf dans des festivals de documentaires.

Je vous en parle aujourd’hui, c’est un peu trop tard. Mais ne manquez pas chaque année, au même moment que la feria d’Alès, le festival du documentaire à Lasalle. Vous y verrez toujours, forcément, au moins un film magnifique (et souvent plusieurs !)

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Migrants : ouvrons les frontières

Posted by Lionel Sugier sur 28 mai 2015

tiken jah

En ces temps d’indifférence face à la mort de milliers de migrants qui ne peuvent plus vivre dans leur pays natal, à cause des guerres et de la misère, et constatant que les pays qui pourraient les accueillir ne pensent qu’à se préserver d’une invasion fantasmée, je vous donne à lire les paroles d’une chanson de Tiken Jah Fakoly, auteur compositeur interprète de reggae, d’origine ivoirienne, qui a enregistré avec Bernard Lavilliers, Soprano, Amadou et Mariam, Manu Chao et bien d’autres…

 

Ouvrez les frontières, ouvrez les frontièresVous venez chaque année, l’été comme l’hiver
Et nous, on vous reçoit toujours les bras ouverts
Vous êtes ici chez vous, après tout peu importe
On veut partir alors ouvrez-nous la porte

Ouvrez les frontières, ouvrez les frontières {x2}

Du Cap à Gibraltar nous sommes des milliers
À vouloir comme vous, venir sans rendez-vous
Nous voulons voyager et aussi travailler
Mais nous, on ne vous a pas refusé le visa

Ouvrez les frontières, ouvrez les frontières {x2}

Nous aussi, on veut connaître la chance d’étudier
La chance de voir nos rêves se réaliser
Avoir un beau métier, pouvoir voyager
Connaître ce que vous appelez “liberté“
On veut que nos familles ne manquent plus de rien
On veut avoir cette vie où l’on mange à sa faim
On veut quitter cette misère quotidienne pour de bon
On veut partir d’ici car nous sommes tous en train de péter les plombs !

Ouvrez les frontières, ouvrez les frontières
Laissez-nous passer
Ouvrez les frontières, ouvrez les frontières

Il n’y a plus une goutte d’eau pour remplir notre seau
Ni même une goutte de pluie tout au fond du puits
Quand le ventre est vide sur le chemin de l’école
Un beau jour, il décide de prendre son envol

Ouvrez les frontières, ouvrez les frontières
Laissez-nous passer
Ouvrez les frontières, ouvrez les frontières

Ouvrez la porte, ici on étouffe,
À vouloir du rêve occidental, ouvrez la porte
Ici la jeunesse s’essouffle
Ne vois-tu pas que pour nous c’est vital ?

Ouvrez les frontières, ouvrez les frontières
Laissez-nous passer
Ouvrez les frontières, ouvrez les frontières

Vous avez pris nos plages et leur sable doré
Mis l’animal en cage et battu nos forêts
Qu’est-ce qu’il nous reste quand on a les mains vides ?
On se prépare au voyage et on se jette dans le vide

{x4:}
Ouvrez les frontières, ouvrez les frontières
Laissez-nous passer

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Pourquoi bouder son plaisir ?

Posted by Lionel Sugier sur 25 mai 2015

espagne elections municipales

Aujourd’hui, lundi de Pentecôte, une nouvelle réjouissante : les Indignés d’Espagne ont fait très fort aux élections municipales. Il est possible que Podemos et ses alliés prennent les mairies des deux plus grandes villes d’Espagne, Madrid et Barcelone. Les infos ne nous donnent pas beaucoup d’autres précisions, j’écris ceci à chaud, j’espère apprendre demain que d’autres grandes (et petites) villes sont conquises.

L’Espagne bouge, et ce n’est pas fini !

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En vrac

Posted by Lionel Sugier sur 17 mai 2015

actualites-culture

Ces derniers temps, j’avais envie de vous parler de plusieurs choses qui m’avaient accroché, et donc écrire plusieurs articles. J’avais noté ça dans mon agenda, comme un pense-bête, la dernière semaine d’avril.

Et puis je n’ai rien écrit. J’ai laissé un peu tomber ce blog et ses lecteurs. Par paresse ou désinvolture. Je sais pas.

Aujourd’hui je vous livre tout ça ensemble, parce que je veux tout de même vous en parler, et parce que peut-être finalement tout est lié.

Deux écrivains, « témoins de leur temps », comme on dit, ont disparu récemment, et ça vaut le coup de vous y intéresser : d’abord Eduardo Galeano, une des consciences de l’Amérique du sud, qui a écrit entre autres Les veines ouvertes de l’Amérique latine en 1971. C’est un essai qui décortique l’exploitation de ce continent par les pays étrangers depuis le XVème siècle. Quand je suis arrivé en Bolivie en 1981, on m’a vivement conseillé de le lire. Là-bas, c’est le livre de chevet de la gauche latino-américaine. Ce qui était frappant en le lisant, au début des années 80, c’est de constater que rien n’avait changé dans ces pays depuis leur indépendance. Eduardo Galeano, de nationalité uruguayenne, plusieurs fois emprisonné, exilé, a été un collaborateur du Monde diplomatique. Et Les veines ouvertes… est une somme historique indépassable.

Au même moment disparaissait l’écrivain allemand Günter Grass, surtout connu ici par l’adaptation cinématographique de son livre Le tambour. Romancier et essayiste, figure éclairée et éclairante de la gauche allemande, il avait avoué tardivement avoir fait partie des jeunesses hitlériennes quand il était un gamin qui ne comprenait rien. Cela m’amène à vous conseiller de voir un film très récent, que j’ai vu en avant-première au festival Itinérances le 27 mars dernier, Le labyrinthe du silence, du réalisateur allemand d’origine italienne Giulio Ricciarelli, qui explique comment les Allemands qui n’avaient pas vécu la deuxième guerre mondiale ont découvert Auschwitz. Et comment le silence a régné pendant près de quinze ans après la fin de la guerre. Malheureusement ce film n’a pas été programmé aux Arcades, et je crois qu’il n’est déjà plus au programme du Sémaphore (à vérifier). Surveillez la sortie du DVD.

Je pense que si on lit Eduardo Galeano et Günter Grass, si on voit Le labyrinthe du silence, on apprend beaucoup, et on ne s’ennuie pas.

J’avais envie de vous parler aussi de Petros Markaris, un écrivain grec, scénariste de Théo Angelopoulos (excusez du peu…) qui parle de son pays aujourd’hui par le biais du polar. Le commissaire Kostas Charitos, ses adjoints un peu « bras cassés », sa femme, sa fille, son gendre, son vieil ami communiste qui fut torturé sous la dictature des colonels, ses enquêtes au milieu des embouteillages et des manifestations au coeur d’Athènes peignent la Grèce actuelle avec profondeur et humour. Sa dernière trilogie (Liquidations à la grecque  / Le justicier d’Athènes / Pain, éducation et liberté, tous parus en poche, demandez-les à votre libraire) nous met en face d’assassins (presque) sympathiques et d’assassinés (complètement) pourris… Et nous donnent envie de lire ses 6 ou 7 romans précédents, comme une série.

J’avais envie de vous parler du magnifique festival de documentaires de Lasalle, où chaque film vous fait voyager et vous apprend ce que la télé ne vous dit pas, mais là c’est fini, rendez-vous l’année prochaine (c’est en même temps que la feria d’Alès mais c’est pas tout à fait la même ambiance…)

J’avais aussi envie de vous faire partager une « plus belle chanson du monde de la semaine », And the band played Waltzing Matilda, des Pogues, mais j’ai cherché autour, et j’ai trouvé tout plein d’infos, il faudra que j’y consacre un article plus long que d’habitude.

À bientôt, donc.

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